vendredi, 07 novembre 2008

Les premières pages des Pommarins

Avant sa parution imminente, voici en lecture les premières pages du livre d'Hervé Bougel "Les Pommarins".

les Pommarins.JPG

Vous pouvez encore et toujours souscrire jusqu'au 15 novembre, le cachet de la poste ne faisant pas foi.

 

page 11:

L'usine, elle est aux Pommarins, dans la campagne. On quitte la gare par un mauvais escalier de rondins, gras de terre, on marche quelques centaines de mètres. Voilà, c'est ici Les Pommarins.

Dans les ateliers, on fabrique des pièces en caoutchouc, des joints pour l'automobile, le bâtiment. On construit. Le monde avance sur ses quatre roues un peu grâce à nous. Un bon rechapage, c'est une vie de sauvée, pour quelques virelets de plus.

page 12:

Dans la cour de la gare un cèdre, magnifique, éclairant l'été finissant.

Tu verrais comme il est arrimé, pas prêt de lâcher prise aux nuages. Au loin, des cheminées, les silos d'une cimenterie.

Finiront bien par trouer sa peau massive de seigneur nègre.

Page 13:

Pour l'embauche, on attend dans un petit hall, assis sur des chaises de plastique bleu.

M'sieur Rouge s'inquiète de savoir pour la paye :

- C'est combien de l'heure ?

À la petite dame qui vient nous chercher pour l'entretien avec le chef du personnel ; à cette époque, milieu des années soixante-dix, on n'a pas encore tout à fait inventé les relations humaines :

- Quoi, c'est tout ?

Il n'a pas de temps à perdre, M'sieur Rouge, il se lève, il s'en va rapide, son gros bide en mouvement sa famille à nourrir.

Moi je le trouve bien mal embouché, pas poli avec le chef du personnel qui va nous recevoir, nous donner du travail.

Ça doit être un ouvrier efficace, M'sieur Rouge.

page 14 :

Embaucher, dit Larousse, c'est enrôler par adresse, ou encourager à la désertion.

Bien léger et maladroit, j'ai été embauché à l'atelier des femmes, à l'emballage, je n'y vois pas malice, il me faudra m'en satisfaire. Petit soldat, j'ai touché mon paquetage, les chaussures de sécurité bouts ferrés, le bleu, les gants épais.

Se garder des froidures à venir.

© Les carnets du dessert de lune 2008

 

Ecrire un commentaire