vendredi, 03 juillet 2009

Où l'on a parlé des "Pommarins"

Où l'on a parlé des Pommarins d'Hervé Bougel sur le site de Marie-Laure Bigant http://lesmotspartages.blogspot.com/ et dans"La lettre de sortie de secours " N°24 de Jean-Louis Jacquier dont je publierai à l'automne un livre intitulé "Foulées douces".

"Les Pommarins" Hervé Bougel. Illustrations Hubert Daronnat. Préface Roland Tixier. 10,00 euros.

Les Pommarins.JPG

Le livre, préfacé par Roland Tixier (homme charmant que j’ai croisé lors d’un salon, poète de son état – lu et apprécié) et illustré par Hubert Daronnat, dépeint le milieu ouvrier dans les années 70.

L’auteur raconte une période de sa vie où il a travaillé dans une usine, où les conditions de travail n’étaient pas évidentes. De sa plume habillée de mots vrais, parfois crus, parfois tendres, parfois durs, mais derrière lesquels le poète n’est jamais bien loin, il décrit une réalité d’une époque où hommes et femmes prennent vie, à travers une galerie de portraits, dans ce qui faisait alors leur quotidien.
On suit ce jeune homme à peine sorti de l’adolescence qui entre dans cette vie dont il n’a pas vraiment rêvé et qui pose un regard observateur sur ce qui l’entoure…
Comme toujours l’écriture d’Hervé Bougel va à l’essentiel, sans fioriture, mais suffisamment puissante pour projeter notre imaginaire là où il veut que nous allions…
Pour commander le livre : c'est ou bien ici
© Marie-Laure Bigand

LA LETTRE DE SORTIE de secours n°24

Hervé Bougel .- Les Pommarins .- Ed. Les Carnets du dessert de lune.

Chacun de nous se construit au fil des jours jusqu’au der des der. Chacun de nous, comme l’écrit Sartre dans son Baudelaire, doit perpétuellement se faire. Le temps immobile façonne les êtres. Du long arrêt fixe qu’effectua Hervé Bougel aux Pommarins -une usine de la banlieue grenobloise où le travail était dur- et qui constitue le cœur et le corps de ce récit, le lecteur perçoit bien vite l’importance. Chaque matin, Bougel part au boulot parce qu’il faut bouffer et le concentré d’humanité auquel il se frotte lui donne peu à peu sa propre patine. Et c’est là, pour moi, l’essentiel de ce beau livre à mesure d’homme. L’atelier, les compagnons de labeur, les machines, les heures plombées et mornes, les rares instants d’évasion impriment dans la carcasse et l’esprit du jeune apprenti le plus rigoureux, sinon définitif, des mots d’ordre : « La vie la comprendre et vite. » Pour l’accoler à celle des humbles.

On le voit : dans ces pages, nulle envolée lyrico-prolétarienne, nulle commisération forcée pour ces travailleurs anonymes dont seul le nom du pays évoque un semblant d’identité. L’appétit vital, le goût des autres (tels qu’ils sont) stimulent l’écriture, la dépouillent, l’éclairent d’une lumière blanche. Quelque chose de Bougel est resté aux Pommarins. Ou plutôt : quelque chose des Pommarins est resté en Bougel. Quelque chose capable de nourrir désormais une parole en sursis, donc rare. © J.-L. J.-R.

Ecrire un commentaire