mardi, 20 octobre 2009
Les nouveautés d'Octobre 2009
Ils sortent de presse dans quelques jours
"Foulées douces, carnets d'Ombrie" Jean-Louis Jacquier-Roux/Monique Delorme (collection Desert à l'italienne)
"Mes escaliers" Claude Vercey/Georges Curie (collection Pleine Lune)
"Titré Haïkus" Nicolas Cotten (collection Les Petits Carnets)
"Une poignée de mots" Chantal Couliou (collection Dessert)
"Pierres qui roulent..." Ménaché (collection Dessert)
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5 extraits pour vous donner envie d'en lire plus avec les visuels de couverture.
Bonnes lectures
"Foulées douces, carnets d'Ombrie"
12 avril, Missiano, à la nuit tombée
En route nous avons déjeuné sur la pelouse du Camposanto de Pise. M… et J…, mes petits-enfants, ont couru en tous sens pareils à deux moineaux. F… et moi avons parcouru la ville à bicyclette. Je tenais mon cartable sous le bras, comme un employé à la Moravia. Me suis joué ce rôle en slalomant entre les touristes. Théâtre intime qui m’arrime à la scène. Ma vie : celle des autres, son spectre.
L’angoisse de ne pouvoir partir m’a dissuadé d’évoquer à l’avance ce nouveau séjour ici. Couleurs crues, lumineuses. J’ai déjà salué Giuseppe et Marcella. Nous avons visité ensemble leur jardin en partie rovinato par le porc-épic. La terre est gorgée de vie, souple et chaude. À peine arrivé, j’ouvre les fenêtres : c’est un signal au village. J’aperçois au loin Assise et Perugia, les montagnes enneigées des Apennins. Il n’a pas plu depuis janvier. Tous les trois jours, Giuseppe vient puiser l’eau du bassin ; les roues de son motorino laissent de profondes empreintes. Deux faisans traversent le chemin, un lézard vert se faufile sous le laurier. Habitudes dérangées. © Les Carnets du Dessert de Lune/2009
"Mes escaliers"
(bien élevé)
Une âme bien née aspire à l’escalier, tout esprit délié par l’escalier est inspiré. Mais garde la mesure, progresse par degré. Ne prends l’escalier à la légère, mais avec légèreté. Inutile de te lancer à corps perdu au risque de te perdre. Il s’agit tout au plus de gagner le degré supérieur, progresse par palier. Songe plutôt où tu mets le pied.
Afin de marquer l’excellence de ses intentions, – intention d’être sage, volontiers on met bas ses atours au bas de l’escalier et nu ainsi qu’aisément on remarque dès les premiers clichés, pas à pas on se meut quitte à croire qu’on progresse au long du développement.
Certains esprits s’y égarent, longue chemise blanche, pâle lueur de bougie. De l’escalier on ne s’échappe pas où l’on finit par tourner en cage, à graviter le long de l’hélice où jamais on ne sait si l’on gravit ou si l’on décline.
On ne prend pas un escalier à la légère, mais avec légèreté. Mieux vaut avoir médité longtemps avant de s’engager car il n’est pas – non, pas que le premier pas qui coûte. Une telle errance ne s’improvise : médite d’abord, tu risquerais de fort regretter à la suite de t’être engagé au pied levé, on ne prend un escalier par-dessus la jambe. Les progressions à vrai dire ne sont point fulgurantes, mais fracassantes sont les chutes, – gare ! Gare à l’hélice, à son envoûtement ! Voyez comme de ce vertige on écarte les enfants petits, on en garde les fous.
À la légère ne prend un escalier, mais avec légèreté.© Les Carnets du Dessert de Lune/2009
"Titré Haïkus"
Yourte de nuit
les étoiles dorment
à même le sol. © Les Carnets du Dessert de Lune/2009
"Une poignée de mots"
Il est parti
Cette nuit
- sans bruit -
Ses valises étaient prêtes
Depuis longtemps déjà
Et d'un coup
le silence est tombé sur l'appartement
Même le chat s'est arrêté
De ronronner. © Les Carnets du Dessert de Lune/2009
"Pierres qui roulent..."
Dire en trois vers
ce que les pierres taisent
depuis toujours © Les Carnets du Dessert de Lune/2009
14:48 Publié dans Demandez le programme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, récit, haikus, ombrie, escaliers



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