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jeudi, 31 mars 2011

Critiques pour Je(S) et pour Les Mouettes d'Ostende

Pour cette dernière Newsletter de mars, deux notes de lectures à vous proposer :

Celle de Jacmo, sur le site de Poezibao à propos de « Je(S) » le dernier recueil de poèmes de Denis Guillec.

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/03/jes-de-denis...

Celle d’Eric Dejager, sur son site à propos du dernier roman de Patrick Devaux « Les Mouettes d’Ostende. »

http://courttoujours.hautetfort.com/archive/2011/03/24/un...

Ces livres peuvent m’être commandés directement

Bon de commande Je(S).pdf

Bon de commande Les mouettes d'Ostende.pdf

Ils seront aussi disponibles à la cinquième édition du Salon du Livre d’Artiste qui se tiendra les samedi 02 et dimanche 03 avril 2011 dans les locaux de l’Ecole de Recherche Graphique (ERG), Rue du Page, 87 à Bruxelles-Ixelles auquel je participerai en compagnie de Nathalie Sacré et Patrick Devaux qui dédicaceront sur le stand le samedi 2 avril à 14h et à 15h, ainsi que Marie Mahler pour les éditions L’atelier du Poisson Soluble.

Programme complet sur http://www.histoiresdelivres.be/programme.html

Je(S).JPGJE(S) par Denis Guillec

Avec Apnées chez Potentilles et ce recueil, Denis Guillec acquiert une réelle envergure. Le titre est un rien plat, mais ne cache pas les avatars du sujet : reproduction de soi, aussi bien que dans les facettes multiples de l’œil de l’insecte. C’est sous-titré : Carnet de Lino Sapide, sorte de double de l’auteur, grâce auquel distance peut être prise. On commence par la solitude, comme un socle, véritable embarcadère pour des incarnations en des personnages incongrus, inimaginables, sauf pour l’esprit tortueux et délié de Denis Guillec. Ensuite après une page sur l’arrachage forcené d’un arbre, empli d’onomatopées inédites de l’effort, on passe à un texte majuscule : Je ponce donc, aussitôt lu, aussitôt classique. Puis les textes se suivent et ravissent le lecteur difficile. La chirurgie esthétique, qui vire à l’uniformisation Miroir de miroirs. Une norme au milieu, l’empathie, poussée à son comble de coucou, le malentendu permanent, quitte à se qualifier de lapsus vivant, l’émiettement en copeaux de l’être : Un stère de bouts de moi… Les pages se succèdent comme un plaisir renouvelé. Denis Guillec n’hésite pas à tabler sur les néologismes : puet, qu’il explique : muet de pensée. C’est vrai que le mot n’existe pas et que pourtant il correspond à une situation certaine. Il sait persifler sur les poètes pleurnichards : chacun lutte contre son automne sans en embrumer les autres. A propos du cerf de la couverture très réussie, dessiné par Gilbert Pinna, il nous apprend le verbe raire, synonyme de bramer. Un peu de lexique, que diable ! Sa leçon d’asymptote donne une clé de son raisonnement : on est au bord du sophisme et de son vertige. La fin du recueil referme doucement le couvercle entrouvert : on s’en retourne vers l’incognito …

je crois aux vertus de l’effacement … je vis le moins possible … je prends mon appeau à rien …

je deviens

toujours plus

peu

Il y a un côté expiatoire chez Denis Guillec, entre la drôlerie et le démoniaque. Le sarcasme peut vivre au sourire, et le grinçant au lumineux. Une fantaisie un peu complexe, un peu inquiète. Décidément un  ton assez rare. © Jacques Morin (Jacmo)


Les mouettes d'Ostende.JPEGLES MOUETTES D’OSTENDE par Patrick Devaux

Le temps de quelques pages, l’ami Patrick abandonne ses petits poèmes ciselés comme des camées pour un court récit. Sébastien a tout laissé tomber pour venir s’installer à Ostende, face à la mer, et s’adonner à sa passion : la peinture. Il va croiser une jeune femme qui va nourrir ses (dés)illusions. Un texte en prose pétri par les mains d’un véritable poète. © Eric Dejaeger.