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samedi, 16 avril 2011

BEC & ONGLES

 A PARAITRE EN MAI 2011

 BEC & ONGLES. Perrine Le Querrec. Couverture de Victor Corolleur.

Collection Pousse-Café. Format 10 cm x 28 cm. 38 pages sur Bouffant blanc. Couverture 250 gr sur Shiro Alga Carta. ISBN 978-2-930607-24-5. 11 €

(En souscription jusqu’au 15 mai 2011 : 10 € au lieu de 11 €). Télécharger le bon de commande dans la CATEGORIE : POUR PASSER COMMANDE. Cliquer sur l'onglet Souscription BEC & ONGLES.

Ou ci-après : Bec & Ongles. Souscription.pdf

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EXTRAIT

Allez, vas-y

Vis-le ton rêve

Crache-le à la gueule de la réalité

Ouvre les bras, ouvre la bouche, ouvre les yeux

Tu ne te noies pas : tu respires, peut-être pour la première fois. Ou la dernière.

Va arracher ton rêve aux angoisses du quotidien, à la misère qui recouvre tout d’une poussière irritante, grise et acide. Détache de tes dents aiguisées la viande du désir sur l’os sec et dur, contondant et mortel, d’une réalité qui te révulse, de propositions de vie qui te noient, de choix masochistes. Cou dans le collier, mains liées derrière le dos, pieds entravés. Du cuir sur ta peau fragile, du caoutchouc dans ta bouche sensible, un bandeau sur tes yeux curieux.

Dos au mur. Une dernière volonté ? Une dernière cigarette ? Une dernière baise ? Une dernière musique ? Un dernier luxe ?

C’est ça que tu veux ?

Tu ne vas pas retenir plus longtemps tes tripes fumantes et puantes, entre tes deux mains croisées sur ton abdomen fendu.

Tous les jours, exécutions sommaires, nettoyages ethnique, humiliations collectives, cauchemar éveillé : ceux du haut, ceux du bas. Au bord, ceux d’une autre couleur. Dans la norme, des monstruosités dont on se fait des colliers. Brandies sur des piques, les têtes réduites de nos vices. Les libertés ont perdu leurs voyelles, impossible à prononcer. J’en perds mon français, j’en perds mes Français, j’en perds mes dents, j’en perds la tête, j’ai perdu l’appétit, j’ai perdu le sommeil, j’ai perdu ma joie de vivre, j’ai perdu ma femme, j’ai perdu mes enfants, j’ai perdu mon boulot, j’ai perdu ma place, j’ai perdu mon logement, j’ai perdu mes clés, j’ai perdu mon portable, j’ai perdu la voix, j’ai perdu mon chemin, j’ai perdu le sens.

Je perds du sang, je perds mon temps, je perds pied.

Je tourne en rond, je vais m’en coller une dans la tête, je vais m’en coller une dans la bouche, je vais t’en coller une. T’en veux une ?

Si tu me cherches, tu vas me trouver. Si tu la cherches, elle va t’exploser au visage.

La révolution, c’est par là. Deuxième à droite, continuer sur 200 mètres, prendre à gauche après l’incendie, puis quatrième droite avant le charnier, avance sur le bord des émeutes de la faim, tourne au carrefour des expulsions, traverse le fleuve de l’angoisse, la clairière de la chasse aux autres, vire sur le front, plonge dans les magouilles, ressors vers le milieu de l’apocalypse. Tu y es.


Commentaires

ça, à mon avis, ça envoie du bois !

Écrit par : jim | dimanche, 17 avril 2011

oh oui !

Écrit par : jean-louis | dimanche, 17 avril 2011

Les commentaires sont fermés.