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lundi, 05 août 2013

Une des 3 nouveautés à paraître septembre/octobre

Le 1er des 3 titres à paraître fin septembre/début octobre aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune dans la collection Pleine Lune contient ce poème. Pour connaître le titre, le nom de l'auteur, de l'illustrateur et du préfacier, il faudra patienter encore un peu.

"le monde est trop plein
de mois, d’années, de millénaires
trop plein d’amour courtois et de guerres
le monde est trop plein
d’îles sur lesquelles
se dressent comme des forteresses
de hautes falaises
ou alors de longues grèves
qui écoutent infiniment 
gémir les galets

le monde est trop plein
d’ailes de corbeaux, de plumes de macareux,
de cris de toucans,
trop plein de langues
aux sonorités étranges
ma cage thoracique 
n’a pas assez de perchoirs
pour tous ces oiseaux

de pâles fantômes
défilent ce matin derrière la vitre 
les époques se bousculent
qu’aucune encyclopédie ne peut contenir
l’ambition littéraire est aussi vaine
que la perfection mathématique
le monde les déborde
et me traverse
et me traversant déverse
ses cataractes plus loin encore

le monde est trop plein
du tumulte des poètes
des misères minuscules ou atroces
de la joie insensée
trop plein de petites filles
de poissons morts au fond des lacs
le monde est trop plein
de moi
qui me suis cru son berceau
le monde est trop plein
de moi
qui suis trop plein du monde

tout est dans tout
à l’implosion destiné

peut-être un jour
ai-je empilé trois cailloux
éphémère création qu’a bousculée 
un innocent coup de pied
tout a-t-il donc
une importance comparable
à celle de ce fragile cairn

si je lance mon lasso de mots
je puis attraper des montagnes
idéales imaginées
cimes enneigées 
lancées vers la pure immensité
Alpes grandioses du souvenir
par le hublot d’un avion
qui grignote la flaque des stratus

en direction de Venise
ou chicots lunaires d’îles volcaniques
ou dômes luxuriants
de la mystérieuse Indochine
ou cartographie sableuse
du golfe d’Aden

je puis attraper la pluie
et encore
la merveilleuse quincaillerie
d’épiceries arabes
des théières cabossées, des serpes,
la rouille
je puis harponner
tous les landscapes
en toutes langues
y compris à inventer
ô sarabande
d’atomes et d’ectoplasmes

puis-je étrangler
au nœud coulant de mon blabla
ma solitude
esso so éli li téhu tu déheu de
s’agit-il d’en faire 
un objet vaporeux
une peinture maniériste
s’agit-il d’en explorer
toutes les cavités
là où veillent
d’inquiétantes holothuries
qui répètent inlassablement

leur message : tu-n’as-rien-compris
rien compris
s’agit-il au final
d’en faire une alliée
suave, allégorique et bandante

la réalité la vraie vie gnagnagna
j’en suis limitrophe catastrophe 
gros-jean-christophe comme devant

le monde est trop plein
de cinéma parlant
trop plein
de figuration de comportements
faudrait quitter la scène
marcher sur l’O
marcher sur l’A
piétiner les voyelles
les réduire 
les vacarmer à double tour

juste
pisser contre le vent

abracadabra

Commentaires

J'le trouve extra, ce poème ! 'serait pas de Jean-Christophe Belleveaux ?

Écrit par : FX Farine | mercredi, 07 août 2013

merci françois-xavier.

Écrit par : Massot Jean-Louis | jeudi, 08 août 2013

Les commentaires sont fermés.