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lundi, 19 septembre 2016

Une note de lecture pour "Le chuchotis des mots"

COULIOU Chantal, BERGHMAN Charlotte, Le Chuchotis des mots, Les carnets du dessert de lune, 2016, 75 p. 10€

Le chuchotis des mots.jpegLa poésie chuchote le monde en le disant, elle invite son lecteur à saisir l’ordre des représentations, à dépasser le réel pour y voir, en dessous, par impertinence, par volonté ou par conscience nouvelle, les mécanismes et ce qui lui échappe. Car, ce qui n’est pas représenté du monde nous échappe toujours. Que le bruissement de consonnes et le souffle léger de voyelles suffisent à cette œuvre humaine de première main définit la poésie. Le recueil de textes et d’images de Chantal Couliou et Charlotte Berghman offre ce plaisir vif d’entrer par effraction consentie dans l’univers qui nous entoure. Les dessins aquarellés, sont légers, infimes, rieurs, plus ébauchés que posés. Pourquoi ? Pour permette au lecteur de vagabonder, d’aller à son rythme dans un univers qui n’a pas de clôture qui travaille à son ouverture incessante : 

« Tous ces petits papiers colorés / Sur les murs infinis de la poésie »

La poésie creuse l’appétit de la découverte des choses, « pour dire toutes les envies ». 

Le pédagogue trouvera, en plus, dans ce recueil sensible et gai, une foule de clins d’œil aux cours de récréation, aux comportements d’école, à la vie des classes. Les autrices ont choisi d’aborder la vie contemporaine avec un regard intérieur positif. Si 

« Le tourniquet ressasse les refrains / Des enfants endormis »

C’est pour affirmer la primauté de la pluralité sur l’isolement de l’individu. Seule la lune se doit d’être « Drapée dans sa solitude ». Mais la lune est un astre, pas l’humain qui doit apprendre à combattre les désastres. 

« Oyez, oyez / Bonnes gens / Avis de grands vents,/ Veuillez / Rester / Aux abris »

Pour ce faire, il faut entendre la nature : 

« L’if et le thuya / Se penchent fiévreusement/ Sur la pierre froide des cimetières / Sans craindre de vieillir ».

Le jeu des couleurs, ces taches jetées çà et là comme par mégarde, mais gardons-nous d’un jugement aussi hâtif, tentent de dessiner cet « accord parfait », cette harmonie à trouver, où « (…) dessiner 

Les contours de la vie ».

Lire la poésie est une invitation à se défaire des stéréotypes. Dans ce processus, l’insistance des créatrices ne peut-elle être lue comme la volonté de construire un temps, une durée, celle de la lecture, où le lecteur, la lectrice rompent avec les stéréotypes. La lecture de poésie deviendrait alors un acte de rupture, de séparation du normé, de l’attendu pour une échappée tendre et colorée vers l’humour créateur de sens imprévus. 

© Philippe Geneste in Blog Lisez Jeunesse

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