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jeudi, 17 novembre 2016

Une critique pour "Encore une nuit sans rêve"

Bonjour,

Ci-après Une note de lecture à propos de « Encore une nuit sans rêve » de Christophe Bregaint, illustré par Sophie Brassart et préfacé par Jean-Christophe Belleveaux. 

Vous pouvez commander ce titre sur le site des éditions www.dessertdelune.be (rubrique nouveautés) paiement sécurisé via CB, Paypal.

Cordialement, Jean-Louis Massot

Désespoir et désarroi

« Une nuit sans rêve » c’est très décevant mais « encore une nuit sans rêve » c’est carrément désespérant et ce titre correspond très bien à l’atmosphère du recueil de poésie présenté par Christophe Bregaint. Christophe, c’est le préfacier du recueil de poésie de Fabien Sanchez que je viens de lire, un recueil qui dégage une souffrance et une douleur infinies. A coups de vers très courts, juste deux ou trois mots, Bregaint rythme ses poèmes qui expriment la fragilité, le désespoir et le désarroi d’une tierce personne qu’il semble accompagné sur le chemin de sa douleur, comme s’il scandait, sur la pédale de la grosse caisse de son groupe, un vieux rock and roll immortalisé par un de ces chanteurs mythiques qu’il doit, à mon avis, encore admirer. Le désespoir et le désarroi des Jimmy Morrison, Kurt Cobain, Freddie Mercury et autres rockeurs maudits planent sur ce recueil comme les corbeaux volent au-dessus des champs de bataille.

Dès les premiers mots le recueil exprime la fragilité : « Un homme / A été // Jeté / Dehors// Hors/ De / Sa quiétude… ». Cet homme est un ami, ou peut-être l’auteur lui-même mais je ne le crois pas, il s’adresse à cet autre par le tu. « Tu as glissé / Le long de la paroi… ». « La ligne / De ta petite mort / S’est détraquée…». « C’est arrivé / Tu t’es perdu… ». Ainsi les vers racontent le destin de celui qui s’est brisé, perdant progressivement tout espoir de redevenir ce qu’il a été. « Ton histoire / N’a pas toujours été / Ainsi // Sans issue… », « Tout est devenu / Tellement vulnérable… »

L’auteur se souvient, s’apitoie, se lamente, sait que plus rien ne sera comme avant, il pleure comme un vieux blues dans le lamento de Billie Holyday. Il n’a plus le courage de laisser croire à ce « tu » qu’il y a un espoir, seul reste le désarroi. « Ton désarroi / Est plus grand que / ton refuge… Tu ne fais plus la différence / entre / Le besoin et / Le manque // Entre la peine et le désespoir ». A la fin de ce recueil que j’ai lu comme une histoire tragique, comme un chant désespéré, que j’ai écouté comme un rock éthéré, déboussolé, déjanté, il ne reste plus qu’un texte minimum, mais un texte minimum qui prend aux tripes, qui bouleverse tant les mots sonnent juste, tant le désarroi est palpable.

© Denis Billamboz in http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/49377

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