Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 19 novembre 2016

Une note de lecture pour "Datés du jour de ponte"

Datés du jour de ponte.jpegC’est paru dans la revue Textures de Michel Baglin. L’article est signé Jacques Morin (auteur aux Dessert de Lune du récent « Carnet d’un petit revuiste de poche).

(Bernard Bretonnière : « Datés du jour de ponte ». Préface de Jean-Pierre Verheggen. Couverture de Jeanne Frère. 12€. http://www.dessertdelune.be/store/c405/nouveautés.html

C’est un recueil re-vi-go-rant. Plein d’esprit ! Et l’on prend un vrai plaisir à déguster ces œufs de mots. Bernard Bretonnière est le spécialiste des listes et autres énumérations, mais ici, il n’y a que les dates qui se succèdent et cette chronologie aléatoire fournit l’armature à l’ensemble, écrit en réalité comme un mille feuilles sur plusieurs années, de 2000 à 2005. L’auteur est au centre des pages, non comme le poète égocentré, tout esbaudi de lui-même, mais comme l’homme qu’il est, tout simplement, avec ses amis, ses enfants, sa femme, sa vie nantaise, son quotidien somme toute banal, qu’il rehausse de ses réflexions amusées ou vachardes. « Les poètes ont le teint pâle / place Saint-Sulpice ... ».

Écrivant, certes, des poèmes, il ne se prend pas pour autant au sérieux. Il a cette facilité, et cette qualité indéniable, de prendre de la distance avec lui-même et par conséquent avec ce qu’il écrit. Et l’on entre sans vergogne dans son intimité puisqu’il nous la présente avec sincérité, honnêteté et candeur. Il y a beaucoup de tendresse d’un côté et pas mal de tristesse aussi de l’autre. L’écriture fréquentant les espaces symétriques déterminés par le balancement du pendule et de l’humeur. « …après que nous nous sommes installés / dans cette maison hideusement décorée / où résonnent encore / les propos racistes / de nos hideux prédécesseurs ».

On préfère en rire la plupart du temps, mais les larmes ne sont parfois pas loin, au bord des lignes. Cette ambivalence séduit, puisqu’il n’y a nullement le regard supérieur du moqueur à tout crin. Le désir équilibre le désarroi. Bref, l’omelette attache à la lecture, et, confidence, je me sens d’autant plus en phase avec Bernard Bretonnière, qu’à quelques heures près, je suis daté quasiment du même jour de ponte que lui.

Les commentaires sont fermés.