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samedi, 14 janvier 2017

Un article pour "Datés du jour de ponte"

Datés du jour de ponte.jpegBernard Bretonnière, Datés du jour de ponte (Les Carnets du Dessert de Lune) - Monotype de Jeanne Frère. Préface de Jean-Pierre Verheggen

Datez-vous vos poèmes (vos écrits, en général) ? Ce pourrait être une oiseuse question pour poéteux (comme l’allée à la ligne, dont ce recueil offre d’ailleurs de réjouissantes occurrences ou la majuscule de début de vers). Bernard Bretonnière, heureusement, n’en a cure, d’ailleurs il n’aime pas les poètes : les poètes de juin / à Saint Sulpice / me font changer de trottoir, les lectures de poésie l’ennuient, voire pis : nombreuses les lectures remèdes à la poésie / le poète est assis / (...) il lit, jambes croisées / il n’a pas deux trous rouges au côté droit / mais une merde de chien sous le pied gauche. Quant à se croire poète lui-même, le titre suffit à nuancer la pompe créatrice. Reste que tous les poèmes (car oui, cent fois oui) sont dument datés, dessinant un journal discontinu, car il y a des trous, ceux qui manquent sont sans doute les meilleurs : envolé le poème / que je voulais écrire hier envolé mais qu’importe. Dans sa préface, Jean-Pierre Verheggen convoque à juste titre la figure de Buster Keaton : mélancolie, burlesque, et surtout une infinie tendresse pour parler de ceux qu’on aime, femme, enfants, amis poètes ou non. Et si l’on s’effare parfois que nous allons devenir / bientôt / de vieux messieurs, si l’on ne se reconnaît pas toujours dans ce type qu’on est aujourd’hui, loin des rêves d’antan, si la vie peut avoir l’ironie cruelle en offrant un pyjama trop petit, il y a aussi et surtout tant de raisons d’aimer encore, de croire encore parce que quoi la poésie dérisoire peut-être nous aide. Alors, rosiers taillés ou feuilles mortes embrouettées, il importe de ne pas passer à côté sans les saluer d’un dire. Comment vous écrire / le sourire de la femme inconnue / qui me maintient en vie depuis bientôt deux heures ? Et l’on comprend soudain la nécessité de ce journal, de ces dates de cet inventaire compulsif. C’est qu’il s’agit de vivre et d’aimer. © Alain Kewes In Décharge 172

Commentaires

Devrais-je le dire ? une critique qui donne envie de lire le livre ! ce n'est pas si commun !

Écrit par : Prioul Serge | dimanche, 15 janvier 2017

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