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jeudi, 30 mars 2017

Le vin des crapauds

"Le vin des crapauds" de Saïd Mohamed et Bob De Groof dans la vitrine de la librairie Les Editeurs, sise rue de Flandre, 23 à 1000 Bruxelles ( à l'intérieur, il y a d'autres titres des éditions Les Carnets du Dessert de Lune). Viendez-y !

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mercredi, 29 mars 2017

Une note de lecture pour "Exode"

Elle est signée Cathy Garcia.

Exode de Daniel De Bruycker & et Maximilien Dauber – Ed. Les Carnets du Dessert de Lune, 2017. 80 pages, 16 €.

De magnifiques photos de Maximilien Dauber pour cet écrin de désert où la poésie de Daniel De Bruycker vient se fondre et se confondre avec les pierres, le ciel, le sable.

Tout ici était saisissant –

le sol, l’espace, les ombres

et, plus encore, d’être du nombre.

Dans le désert, nous sommes transportés, nuées, ombres, nous avançons dans la lecture comme on marche, lentement, avec cette sensation que l’espace s’ouvre tout autour et en nous et le sentiment de se dissoudre dans cette immensité. Nous nous sentons de plus en plus petits, insignifiants, à chercher des signes qui se font et se défont, désert que nul langage ne saurait contenir.

Nous ne comprenions rien –

en ces lieux, dit quelqu’un

‘comprendre’ n’est pas le mot juste.

Ça a l’air simple comme ça de parler du rien, mais c’est certainement ce qu’il y a de plus difficile, sans tomber dans le cliché, le ressassé. Rien d’exceptionnel ici, pas d’hymne ou d’ode emphatique à la beauté, juste cette humilité qui convient au sujet et qui nous oblige à faire corps avec le sable, avec la roche, avec le vent et ces ombres et au plus profond de nos os, nous éprouvons nôtre condition éphémère. Des pas, un souffle et puis poussière.

Un caillou quelque fois roulait sous nos pieds

nous le suivions, dociles

jusqu’à en déloger un autre

(…)

Un fil d’espoir était notre guide

sans lui nous nous serions perdus –

fidèle, c’est lui qui nous égarait

Cependant tout désert a son oasis, quelque chose comme un cœur qui bat, lentement mais avec obstination. Peut-être qu’en lisant Exode, nous marchons à l’intérieur de nous-mêmes.

© Cathy Garcia.

Daniel De Bruycker est né à Bruxelles en 1953, d’une famille flandrienne. Enfance à Gand et en Hainaut. Licencié en Philosophie & Lettres, Université Libre de Bruxelles, 1977. Critique de jazz, rock, musiques nouvelles, danse, théâtre, cinéma, arts d’Asie etc., en Belgique (Le Soir, 1975-85) et en France (Diapason, Le Monde de la Musique, Le Monde, 1981-87). Traducteur (anglais, néerlandais, allemand), japonologue, animateur d’ateliers d’écriture pour enfants, etc. Marié à l’ethnologue et écrivain Chantal Deltenre ; deux filles, Hélène et Léa-Lydie ; deux chattes, Apostille et Silhouette. Entre deux séjours en Asie (Japon, Inde, Turquie etc.), vit et travaille à Bruxelles (1975-85) puis à Paris (1986-2003), aujourd’hui à l’ermitage de la Martinière (Gouvets, Normandie). À ses heures perdues, dessine des labyrinthes, écrit des chansons (Maurane, Musique Flexible etc.), compose et joue (basse, claviers) au sein du groupe Roque et trace ses poèmes-images selon un alphabet graphique original (exposition personnelle au Centre Wallonie-Bruxelles, Paris 2015).

Maximilien Dauber est né à Bruxelles en 1949. A 20 ans, il plante là les études, investit tout son pécule dans une Land Rover et prend la route du Sahara. Il y trouve, à Tombouctou, le cinéaste voyageur Douchan Gersi, qui l’engage comme assistant pour un tournage à Bornéo, avant celui des Antilles de l’écrivain Jean Raspail. Cependant il se spécialise dans le documentaire saharien, accumulant au fil des expéditions films, photographies, enregistrements et observations ethnographiques sur les cultures nomades sous le titre générique de Mémoires sahariennes et réalise sur les Peuls Bororos du Niger son premier film personnel, diffusé par voie de conférences et d’émissions télévisées, avant de se tourner vers l’Afghanistan des nomades, le Turkestan chinois et les Routes de la Soie, puis la redécouverte des grands explorateurs de l’Afrique orientale.
Depuis, il n’a cessé d’enchaîner les tournages aux quatre vents, avec une prédilection pour l’Égypte, l’Italie et aujourd’hui le Japon, faisant partager à travers ses films, ses livres et ses images son amour du lointain, de l’humain et des rencontres face à l’horizon – dont celles de son mentor le prince italien Mario Ruspoli, inventeur du cinéma direct avec Chris Marker, et du naturaliste Théodore Monod, autre majnoûn, « fou du Sahara ».

samedi, 25 mars 2017

Une note de lecture à propos de "Encore une nuit sans rêve"

Encore une nuit sans rêve.jpgCette note de lecture à propos de "Encore une nuit sans rêve". Christophe BREGAINT, SOPHIE BRASSARD, Les Carnets du Dessert de Lune, 2016, 98p., 13€.

 En hauts poèmes verticaux, aux vers très courts, Bregaint raconte comment un être se déglingue, perd ses repères, se fissure jusqu’à trouver sa tombe.
Métaphore puissante du destin de chacun, certes, mais détresse quotidienne aussi de nombre de vagabonds lâchés par la vie, rejetés vers les berges, par mépris, sans aucun regard de compassion, déchus littéralement.
 Bregaint ne passe rien sous silence de ces destins au bord des rues, de ces naufrages abandonnés.
 « Tu t’accoutumes
 Au mépris
 De ces regards qui s’en remettent
 Au vide ». « Tu donnes ta misère/ En pâture » : et pourtant il résiste, cet homme, en dépit de tout, en dépit du jour à recommencer, malgré « cette inertie/ violente ».
 « Seule 
La rue 
Ce symbole d’une cassure
 Te semble solide
 ». Le titre du livre, pour être glacial, traduit bien la condition « infirme » d’êtres déjetés, laissés à leur péril. 
Autour de ces êtres, la débâcle, les mirages, les expédients immondes, une vie d’infortune majeure. 
Sur ce thème de l’exclusion du champ des possibles, un livre magistral.


© Philippe Leuckx, à paraître dans la revue Bleu d'Encre.

A propos du Vin des Crapauds

Le Vin des Crapaud.jpgCette note de lecture à propos de l’album « Le vin des crapauds » de Saïd Mohamed, orné de linogravures de Bob De Groof et d’une préface de Cathy Garcia, Ed Les Carnets du Dessert de Lune, 2017. Collection Pièces Montées. 18€. http://www.dessertdelune.be/store/p826/Le_vin_des_crapaud...

Au fond du désespoir

A l’orée du printemps, Les carnets du dessert de lune gâte ses lecteurs après le très beau poème, l’ « Exode », de Daniel de Bruycker magnifiquement illustré par des photos de Maximilien Dauber, il leur propose ce recueil, grand format cette fois, de Saïd Mohamed tout aussi magnifiquement illustré par des linogravures de Bob De Groof. Des illustrations en blanc sur noir qui montrent des personnages fantasmagoriques effrayants, tout en rondeur, avec des grands yeux ronds hébétés, inhumains, des personnages agressifs et des personnages qui subissent l’agressivité des précédents. Un monde fantastique et violent qui symbolise notre société où les puissants terrorisent les faibles.

Ces dessins de monstres effrayants illustrent à merveille la douleur et le désespoir que Saïd Mohamed éprouve après toutes les guerres et tous les attentats qui ensanglantent notre monde.

« Je n’ai pas souvenir d’un instant de paix,

Chaque jour déverse son lot guerrier

Et nous maintient la tête sous l’eau.

Nous devons cesser de croire possibles la beauté et

L’amour. »

Et, il accuse ceux qui tirent les ficelles et profitent de toutes les horreurs perpétrées pour asseoir leur pouvoir et leur fortune.

« Nous buvons le fiel du vin des maîtres,

La corde sur le cou, attendons à leurs pieds »

Le désespoir l’emporte aux confins de l’humanité, là où même le pardon n’est plus possible, là où pardonner n’a même plus de sens.

« Je crains ne jamais pouvoir donner le pardon

A l’œuvre de l’enfer. »

Non content de s’en prendre aux faiseurs de guerre, à ceux qui tirent les ficelles, il s’en prend à sa mère à qui il reproche, atteignant le fond de l’abîme du désespoir, de l’avoir mis au monde.

Mère, pourquoi n’as-tu pas pris tes précautions

"Quand à mon père tu t’es jointe ?

Pourquoi comme un chat ne m’as-tu pas

Au fond d’un sac jeté, et aussitôt noyé ? »

Et si la mère n’a rien fait pourquoi Dieu ne l’a-t-il pas fait ?

« Dieu, je n’ai jamais prononcé ton nom.

Je t’ai maudit, chien de ta mère pour en aveugle

M’avoir conduit dans un monde que je renie. »

Tout le venin a été craché, « Pas dit qu’on boirait de ce vin-là » comme l’écrit Cathy Garcia dans sa préface mais on a envie de savoir jusqu’où le poète plongera dans son désespoir. Jusqu’au nihilisme le plus suicidaire peut-être.

« Mange ton fils, amère humanité

Et pose-lui le couteau sur la gorge. »

Dans sa postface, Saïd Mohamed précise que « Le vin des crapauds a été écrit en grande partie pendant la première guerre d’Irak, de 1990-91 » et qu’il lui « est apparu essentiel de republier l’ensemble de ces textes » « devant les événements récents et ceux à venir.. » Il ne veut pas seulement parler des horreurs des attentats mais aussi de la façon d’attribuer ce qui n’est qu’un plan pour détruire les vieilles civilisations en les assujettissants mieux aux lois du marché, à un Nouvel Ordre Mondial, l’Axe du Mal. © Denis Billamboz in http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/50361

samedi, 18 mars 2017

Encore une nuit sans rêve

Encore une nuit sans rêve.jpgChristophe Bregaint : ENCORE UNE NUIT SANS RÊVE (Les Carnets du dessert de lune)

C’est un recueil noir ; chaque poème consigne une maigre part du désarroi. Christophe Bregaint résume bien son état : Il fait amer / Dans ton esprit. Ou encore il parle avec justesse d’« existence désillusionnée », et les vers se multiplient qui constatent inquiétude, lassitude, manque… Il est en permanence A bord / de l’ennui. Sa poésie verticale et serrée sort à petits mots, vers courts, ainsi le titre du recueil est-il décliné en un tercet. Et ce qu’elle exprime y est de même, infime et minimal, pour reprendre deux adjectifs que le poète emploie. On le lit, en découvrant sa condition, due peut-être à un accident de parcours un peu brusque L’ordinaire / A percuté // Un iceberg… , le mot crash est utilisé plus loin ; ou bien une érosion lente de la vie. Il est au tout début question d’un homme rejeté de la société, et cet homme, c’est toi, puisque l’auteur s’adresse à quelqu’un. Et c’est le terme de déchéance qui le caractérise. On ne sait rien de ce qui le met dans une telle déréliction. Gommé du corps social… SDF mental. Christophe Bregaint a été le coordonnateur du recueil collectif : « Dehors, recueil sans abri » chez Janus. Le fait est que toutes les pages consigneront les signes de ce changement définitif confinant au désastre. L’existence revêt une monotonie sans fin : Mêmes / Matins / Semblables / A la marche du silence ou une angoisse infinie du lendemain: On peut déchiffrer / Cette inquiétude / De ne plus voir / L’aurore / Réapparaître Il rajoute même à la page suivante : Seul / Le déclin / Est une évidence / Qui te parle / A chaque instant On est bien dans le syndrome de la désillusion, Christophe Bregaint parle même de déperdition, et l’on pourrait aller jusqu’au dégoût s’il n’y avait une absence de jugement et de sentiment, qui n’inclut donc ni regret ni rancune. Quelque part, cette déshumanisation subie fait du héros un étranger dans ce monde, un fantôme dans la nuit sans rêve Un univers / Te sépare / Du domaine / Des vivants. L’écriture révèle un travail d’empathie et d’humanité rare. Il y a de la solidarité à offrir ses poèmes de disgrâce comme des cadeaux au nécessiteux. Le recueil parle pour lui et sert de passeport pour un lecteur qui évite ou ignore le déclassement si présent dans les grandes villes. Illustration de Sophie Brassart. 13€. © Jacmo in revue Décharge.

Pour lire des extraits et/ou commander ce livre c’est sur : http://www.dessertdelune.be/store/p817/Encore_une_nuit_sa...

 

[1] Dont Alain Kewes a rendu compte dans le n° 171, page 121-122.

dimanche, 12 mars 2017

Pour lire "Le vin des crapauds"

Une note de lecture à propos du livre "Le vin des crapauds" de Saïd Mohamed et Bob De Groof (préfacé par Cathy Garcia) c'est sur : http://revue-texture.fr/les-lectures-de-jacmo-2017.html#vin et c'est signé Jacques Morin.

Bob De Groof en dédicace pour ce livre à La Foire du Livre de Bruxelles ce dimanche 12 mars de 15h à 16h sur le stand 232.

Le Vin des Crapaud.jpg

mardi, 07 mars 2017

Nouveautés et Foire du Livre de Bruxelles

Les 3 nouveautés de mars

"De La marchandise internationale" de Daniel Fano et Jean-François Octave (couverture)

"Exode" de Daniel De Bruycker et Maximilien Dauber (photographie

"Le vin des crapauds" de Saïd Mohamed et Bob De Groof (linogravures)

sont aussi présentées sur le site de L'autre Livre et peuvent être commandés là d'un simple clic.

Rendez-vous sur https://www.lautrelivre.fr/o/editeur/les-carnets-du-desse... et lisez des extraits.

jeudi, 02 mars 2017

En mars avec les Dessert de Lune

C’est la 1er newsletter de ce mois de mars pour vous annoncer ceci.

° Le 7 mars Bernard Bretonnière sera à Angers dans le cadre du Printemps des Poètes au Musée des Beaux-Arts. Sur la table tenue par la librairie Contact, vous pourrez trouver et faire dédicacer « Datés du jour de ponte » paru récemment dans la collection Pleine Lune.

°° Du 9 au 13 mars les éditions Les Carnets du Dessert de Lune seront à La Foire du Livre de Bruxelles. Seront présents pour dédicacer leurs livres sur le stand 232, Olga Dupré, Eva Kavian, Pascal Blondiau, Yves Budin, Daniel De Bruycker, Patrick Devaux, Bob De Groof, Daniel Fano et votre serviteur.

Programme et horaires des dédicaces sur : http://lescarnetsdudessertdelune.hautetfort.com/demandez_...

°°° Le 11 mars Inside Bowie : à partir de 13h Yves Budin et Laurent Rieppi seront à l’Espace Culturel de Hotton, 55 rue des Ecoles, 6990 Hotton pour une conférence/rencontre autour de l’œuvre de David Bowie. Dédicaces et ventes de « Visions of Bowie ». Présentation sur https://www.youtube.com/watch?v=BnBj4wfKetE&feature=y...

°°°° Et puis paraîtra à l’occasion de la Foire du livre de Bruxelles un recueil « Nuages de saison » aux éditions Bleu d’encre qu’Olivia HB m’a fait le plaisir d’accompagner de quelques-unes de ses photographies.

Mais aussi trois nouveautés aux Dessert de Lune.

« Exode » de Daniel De Bruycker avec des photos couleur de Maximilien Dauber

« De la marchandise internationale » de Daniel Fano avec une illustration en couverture de Jean-François Octave

« Le vin des crapauds » de Saïd Mohamed avec des linogravures de Bob De Groof

et le 41e Dessert signé Eva Kavian « Du même et fragile cordon ».

Ces trois titres pourront être commandés en ligne sur www.dessertdelune.be (rubrique Nouveautés)