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mercredi, 16 août 2017

Une note de lecture pour Fanny Chiarello

Fanny Chiarello – Je respire discrètement par le nez. Couverture Claire Fasulo. Editions Les Carnets du Dessert de Lune 2016. ISBN 9782930607429. 13 €

Je respire discrètement par le nez.JPGComment scénariser un petit F1

Entre deux romans, Fanny Chiarello s’offre parfois un petit théâtre intime de soi fomenté au sein d’un pacte ludique avec ses lecteurs. Pour autant, elle laisse libre cours à son imaginaire plutôt que de tenir un « compte » précis des évènements. L’auteure n’est pas bridée par des impératifs de mise en scène : nul besoin d’une quelconque « unité » et celle qui est ici chef de choeur ne se place même pas en avant scène.

Chaque phrase amorce le mouvement d’une balle dans l’air, mouvement que le lecteur doit « compléter ». Tout semble écrit avec un stylo bic ordinaire sur un cahier sauvé de la poubelle. La romancière s’amuse avec intelligence en parlant de son appartement. Par l’ironie, le cours des choses demeure moins important que la langue et son « irrégularité » programmée.

Le tout est de scénariser le petit F1 de 36 mètres carrés qu’elle a occupé pendant deux ans en sorte de Zeppelin. Non seulement parce qu’elle y flotte sur la ville et que tout y est concentré mais parce qu’elle y écrit parallèlement un roman intitulé « Le Zeppelin ». Son titre comme celui de ce journal a été noté sur le bail de cet appartement. En un tel document le nom d’auteur est écrit en bas. Ici, il est remis à sa place jusqu’à ce que l’auteur décolle de son Zeppelin avec âme et bagages.

Bien que ne pouvant être cataloguée dans le rang des écrivains du langage, la Belge se plaît à jongler avec les mots là où, si la perfection fut dans le déménagement, elle l’est aussi dans ses traces. Fanny Chiarello en fait émerger la satire.

© Jean-Paul Gavard-Perret in http://www.lelitteraire.com/?p=33278, août 2017

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