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lundi, 16 décembre 2019

Une note de lecture pour "Vies patinées" de Jean-Claude Martin

Une note de lecture signée Jacmo à paraître dans le numéro 185 de la revue Décharge.

Jean-Claude Martin : VIES PATINÉES Préface d’Hervé Bougel. Dessins de Claudine Goux.

Cover Vies patinées (1).jpg"Ou parenthèses comprises : Vi(e)s patinées, au choix, pour le jeu de mots. Mais le fond est bien là : Jean-Claude Martin en est arrivé au moment où l’usure existentielle se fait sentir. Trois parties scandent son recueil : Constats, Contacts et Compromis. On devine à travers ces trois mots une démarche dialectique du rapport aux autres et à soi : hésitations entre recul et avancée avant de s’en tenir à mi-chemin. Jean-Claude demeure le bougon, le râleur, une sorte de Jean-Pierre Bacri de la poésie. Il penche du côté de la misanthropie, Je jouis du bonheur de n’engager la conversation avec personne… mais ne sombre jamais dans le désespoir, plutôt une lassitude mesurée. Il y a une sorte de lucidité, d’évidence que ce soit comme ça, sans provoquer de révolte ou de colère. Il se réfugie comme souvent dans les grands espaces, réels ou mentaux, le ciel, l’océan, (sachant transvaser les deux univers l’un dans l’autre : Alevins plus qu’avions ici, ou bien, là : …sous la politesse de l’eau, la haine des poissons.) l’orage, la tempête, la lumière, les ténèbres… Son grand dessein en fait, c’est de cerner le vieillissement, et la fin qui s’en suit dans son absurdité absolue. Ainsi en parlant du Temps : sa peau en passant t’a râpé l’âme jusqu’à la corde…ou encore ce parallèle dans les métaphores suivantes : Arbres rouillés par l’automne, âmes rouies par le chagrin… Il est aussi question de tombe et d’après…Il n’y a guère d’illusion à se faire. L’auteur est résolu à n’espérer rien. À ne rien croire. Simplement toucher de la plume, incrédule, le bout, l’ultime, l’extrême, comme si l’objet de l’écriture était au final le silence éternel qui suit. Tu te demandes comment ce sera de ne plus penser à rien…"