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samedi, 08 juillet 2017

Des articles de presse pour "Sans Abuelo petite"

Sans Abuelo petite.jpgVous voulez lire des articles de presse à propos de "Sans Abuelo Petite" de Cécile Guivarch

Cliquez sur A LIRE ICI

Disponible sur le site des éditions www.dessertdelune.be (rubrique Livres /Nouveautés) et/ou dans les bonnes librairies.

 

 

mercredi, 05 juillet 2017

François Bon lit des extraits de "Bad Writer"

Bad Writer.jpgSur youtube Francois Bon lit des extraits du recueil de Jean Marc Flahaut "Bad Writer".
Pour voir et écouter cette lecture rendez-vous sur :
www.youtube.com/watch?v=9BePVyA8Y2Y
et montez le son.

 

 

 

 

Pour commander ce livre, si vous souhaitez le commander, il vous suffira de vous rendre sur le site des éditions à cette adresse: http://www.dessertdelune.be/store/c405/nouveautés.html

et de remplir votre panier ou demander ce livre à votre libraire.

samedi, 24 juin 2017

Une autre note de lecture

Bad Writer.jpgBad Writer. Jean Marc Flahaut. Préface Frédérick Houdaer. Les Carnets du Dessert de Lune, Collection Pleine lune. ISBN : 9782930607931. 68 pages, 12,00 €

Dans ce petit recueil de poésie narrative, construit de vers très libres, extrêmement concentrés, chaque mot ayant son utilité, sa signification, son poids, sa musique, Jean Marc Flahaut exprime un doute très profond. Il doute de lui et de son art, il doute de la poésie, il doute de la capacité des lecteurs à comprendre la poésie, il doute même d’être capable de faire comprendre au lecteur la nécessité de la poésie, son sens profond, son utilité. Il doute de l’art, de son art, de la capacité des autres à comprendre l’art. Ce doute le laisse oscillant en une incertitude schizophrénique entre celui qui écrit et celui qui range les papiers, entre le poète et le tâcheron :

« Il y a / deux hommes en moi/ l’un écrit/l’autre pas il lit – il classe – il range il trie »

Mais ce doute l’entraîne aussi dans une forme de paranoïa sclérosante, l’empêchant de proposer ces textes par crainte de la cohorte de tous les refus.

« peur du libraire/ qui refuse de vendre mes livres/ peur de l’éditeur qui refuse de prendre mon manuscrit/ peur du lecteur/ qui ne lira jamais aucun de mes poèmes /peur… »

Auteur convaincu de son talent, il est aussi persuadé du bienfondé des critiques négatives de ses détracteurs, nourrissant ainsi sa vision schizophrénique de son moi écrivain.

« …/il pense/…/qu’il est à la fois/le tueur et la cible/l’antidote et le poison/… »

Il reste alors avec ses doutes et ses frustrations, espérant toujours écrire le livre qui changera tout, le regard des autres et l’estime de soi.

« ce livre/que je voudrais écrire/et tous ceux que j’ai écrits/pour m’en approcher »

Mais je suis convaincu que Jean Marc Flahaut est persuadé qu’il a du talent et qu’il affecte de douter de lui et de son art pour faire comprendre qu’on ne le juge pas à l’aune de ses qualités.

« c’est fou/ça n’a l’air de rien/mais ça dit tout »

Le narrateur réalise un  véritable exercice d’autodérision instillant un doute sur son art pour, au contraire, démonter qu’il est bourré de talent et que ses textes méritent toute la considération des lecteurs et des éditeurs. Ils sont déjà nombreux à le lire et à l’apprécier à l’aune de son talent réel et je ne suis certainement pas le premier à être convaincu qu’il n’est surtout pas un « Bad Writer » !

© Denis Billamboz in http://mesimpressionsdelecture.unblog.fr/2017/06/23/bad-w...

Pour commander ce livre cliquez ICI

mercredi, 21 juin 2017

Une note de lecture toute fraiche

Petit traité du noir.jpgPetit traité du noir sans motocyclette (sauf une in extremis), Roger Lahu (couverture Mare Bateau-Lahu, préface Daniel Fano, Les Carnets du Dessert de Lune, Collection Pleine lune. ISBN : 9782930607467. 90 pages, 14,00 €.

Pour commander ce livre en ligne cliquez ICI

Enterré vivant 

« Sombre.

il fait sombre, très, dans mes alentours »

Dès les premiers mots de ce recueil, le narrateur donne le ton, il est dans le noir complet, ne voyant, ne ressentant rien, sauf une mouche qui vient déranger sa quiétude angoissée. Pas de doute « ch’us mort » pense-t-il, trucidé par un coup de couteau, « une lame d’acier plantée droit net et sans bavure… » Le décor est dressé, le narrateur laisse libre court à sa créativité et à sa fantaisie. Daniel Fano, le brillant préfacier dont je viens de lire deux recueils, explore les pistes possibles pour décrypter ce texte très libre dans lequel l’auteur s’est affranchi de la ponctuation, de l’usage des majuscules et de la rigueur des césures en fin de paragraphes. Des fausses pistes peut-être mais pas si fausses qu’il pourrait y paraître. C’est au lecteur de trouver son chemin dans ce texte d’une grande richesse émotionnelle et sensitive.

Pour moi, je pense que l’auteur pensant avoir passé le cap de la moitié de sa vie, commence à se préoccuper de ce qu’elle sera après la mort. Pour ce faire, il nous emmène dans l’angoisse que connaît certainement une bonne partie de ceux qui ont choisi la crémation : la terreur d’être enterré vivant. Il paraitrait qu’on aurait trouvé des cercueils avec des traces de griffures d’ongles sous le couvercle… Il imagine alors un mort/vivant qui ne sait pas s’il est mort ou vivant, s’il survit ou s’il est ressuscité des morts dans une autre vie.

Il n’évoque pas la proximité de la mort, ses environs, comme Ooka l’a fait dans « Les Feux », il ne familiarise pas avec elle comme Sarramago dans « Les intermittences de la mort », il ne lui donne pas non plus la parole comme Zusak dans « La voleuse de livre ». Non, il l’évite, la fuit, l’élude, s’éclipse. Il faut chercher entre les lignes l’angoisse que l’auteur semble connaître car il ne parle jamais, ou si peu, de la mort, de la résurrection, du néant, il parle sans cesse d’autres choses pour vaincre cette angoisse, ironisant sur son état, « agoniser de son vivant c’est déjà assez déplaisant mais agoniser mort ça vire corvée », se réfugiant dans un long monologue qui le ramène, le plus souvent, à son enfance à son enfance quand la mort ne le concernait pas encore.

« quand j’étais petit mon pépé préféré à moi il était déjà

proche d’un certain noir

qu’on appelle « la mort » mais je ne le savais pas et c’était

« très bien

comme ça » il était très vivant dans la couleur des

Jours d’alors…. »

L’écriture, les mots comme les images d’un film d’horreur (« La nuit des morts vivants »), les mots transformés en langage des morts/vivants, les mots en forme de questions, sont un véritable refuge pour dissimuler les angoisses, repousser à plus tard ce qui adviendra inéluctablement en évitant de se laisser enterrer vivant.

« dans le noir tu écris en toute impunité

les mots sont sourds muets

une bouche d’ombre les gobe comme des petits

apéricubes aux olives

noires évidemment

et elle ricane, elle ricane elle ricane »

© Denis Billamboz in http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/51000

 

17:44 Publié dans Presse lit-on | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roger lahu

mardi, 20 juin 2017

Soyez parmi les 21 pour 5 livres

Bonjour,

Et si pour découvrir la promotion de l'été des éditions Les carnets du Dessert de Lune, vous alliez faire une visite sur http://www.dessertdelune.be/…/p8…/Solstice_d%27été_2017.h... et étiez parmi les 21 lecteurs à recevoir cinq livres, tous publiés dans le collection Sur La Lune.

Collier de nouilles de Perrine Le Querrec & Stéphanie Buttay

Coups de ciseaux de Fanny Chiarello

Dorure légères sur l'estran de Patrick Devaux & Claude Donnay

Ne vous inquiétez plus c'est la guerre de Daniel Fano & Jean-François Octave

Spiderland de Jean Marc & Jean-Claude Flahaut

Pour en savoir plus sur chacun de ces livres, une fiche avec présentation, extraits et articles de presse peut être consultée sur le site des éditions en entrant le titre de chaque livre.

50 € au lieu de 63 €. Envoi franco de port

Bonne visite

JL Massot

www.dessertdelune.be

lundi, 29 mai 2017

Un prix pour "Tête Dure" de Francesco Pittau

- Tête dure.JPEGPrix Tornade silencieuse pour "Tête-Dure" de Francesco Pittau par le jury du prix des lycéens.

 Pour découvrir ce livre, cliquer sur le lien suivant : 

http://www.dessertdelune.be/store/p780/Tête-dure_%2F%2F_F...

vendredi, 26 mai 2017

Les 3 nouveautés de mai.

Elles sont arrivées.

9782930607979.jpg"Sans Abuelo Petite" de Cécile Guivarch, couverture Jérôme Pergolesi, préface Luce Guilbaud. Pour découvrir ce livre c'est ICI

9782930607931.jpg"Bad Writer" de Jean Marc Flahaut, préface de Frédérick Houdaer. Pour découvrir ce livre c'est ICI

9782930607467.jpg"Petit traité du noir sans motocyclette (sauf une in extremis)" de Roger Lahu, couverture de Marie Bateau-Lahu, préface de Daniel Fano. Pour découvrir ce livre c'est ICI

mercredi, 24 mai 2017

A propos de "Exode"

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"Exode" de Daniel De Bruycker & Maximilien Dauber

Un article de presse signé Vincent Tholomé en parle: ICI

 
Si vous voulez en savoir plus sur ce livre, en lire des extraits, le commander c'est sur : Le livre

lundi, 22 mai 2017

"Le vin des crapauds" Article, lectures et Exposition

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Un article à propos du dernier livre de Said Mohamed : « Le vin des crapauds », orné de linogravures de Bob De Groof et d’une préface de Cathy Garcia, Ed Les Carnets du Dessert de Lune, 2017. Collection Pièces Montées. 18 €.

On ne guérit pas, dit-on, de son enfance. Certains l'ignorent, d'autres pas. Saïd Mohamed est de ceux-là. Il y a cette enfance qui nous façonne et qui nous marque, parfois au fer rouge. Ce temps que l'on vit parfois - ce fut le cas - dans un arrachement qui met à vif, une brutalité qui donne envie de briser les cadres. Il y a la conscience que l'on en a et qui permet aussi, plus tard, de relire cette enfance comme la chance de ce qui vient et où l'on a sa part à construire. L'enfance est aussi une fenêtre ouverte dans le mur. Dans les murs. Tous. Il y a aussi cette conviction que la parole peut être prise et qu'elle est un puissant outil pour dénoncer et inviter autant qu'un vrai chemin vers soi et vers les autres. Dès lors, l'adulte qui est au monde chargé de son passé, de son histoire, regarde ce qui l'entoure, ici et là-bas. Et tout ce qui en lui fait cicacrice redevient aussi plaie vive. La guerre, les destructions, l'exploitation, les pouvoirs de mort et d'argent (qui, de tous temps, vont si bien ensemble), les injustices, mais aussi l'indifférence, la veulerie, l'égoïsme, tout cela remonte dans un immense haut-le-cœur. L'écriture se fait vomissure qui libère, en les nommant, des sanies d'un monde auquel le poète appartient, en toute conscience, et où il trouve sa place en prenant la parole pour dire. Ce "vin des crapauds" est un vin aigre. Il a la couleur d'une souffrance coagulée. Mais on aurait tort de n'y voir qu'indignation et désespoir. Derrière le désarroi dont il témoigne, le poème érige son phare, appelant à l'éveil et à la vigilance, affirmant aussi une présence qui, dans le partage de la parole, est finalement salutaire et fraternelle. © Alain Boudet in La Toile de l’un

Pour commander, lire des extraits, d’autres articles de presse c’est sur : http://www.dessertdelune.be/store/p826/Le_vin_des_crapaud...

Exposition des linogravures de Bob De Groof, Galerir Art Bref, 34 rue de Broca, 75005 Paris

Lectures par Saïd Mohamed, le 24 mai à 19h30.

mercredi, 26 avril 2017

Des Extraits des nouveautés mai/juin 2017

Pour lire un extrait de "Sans Abuelo petite" de Cécile Guivarch c'est ICI

Pour lire un extrait de "Bad Writer" de Jean Marc Flahaut c'est ICI

Pour lire un extrait de "Petit traité du noir sans motocyclette" de Roger Lahu c'est ICI


Parutions de ces 3 livres prévue mi mai.

Ils pourront être commandés sur le site des éditions www.dessertdelune.be (rubriques nouveautés) par mail à dessertlune@gmail.com et dans toutes les bonnes librairies.

Sans Abuelo petite.jpg

 Bad Writer.jpgPetit traité du noir.jpg 

vendredi, 14 avril 2017

Le 21 et le 22 avril

Deux auteurs du Dessert de Lune seront de sortie le 21 et le 22 avril prochain

Quand bien même.jpegIsabelle Bonat-Luciani, le 22 avril, à « La Baignoire »,

à 19h00

7 rue Brueys – 34000 MontpellierAccès Tram : lignes 3 & 4 arrêt Saint Denis.

Lira des extraits de « Quand bien même ».

 

Encore une nuit sans rêve.jpgChristophe Bregaint, le 21 avril au « Territoire du Poème »,

à 15h30

Brasserie Le François Coppée(1er étage)1 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris. Métro Duroc.

Lira des extraits de « Encore une nuit sans rêve ».

jeudi, 13 avril 2017

3 petites notes de lectures

 Les Carnets du Dessert de Lune, poésie
Encore une nuit sans rêve.jpg*BREGAINT Christophe. Encore une nuit sans rêve. Cover Sophie Brassart.
Préf. Jean-Christophe Belleveaux. Les Carnets du Dessert de Lune, 2016. 92 p.
EAN 9782930607436. 13 €
Souffrance-Désespoir-Dénuement-Rue. C’est le récit d’un écorché de la vie, « Passager/Sans horizon », écrit à la seconde personne : « Tu as glissé/Le long de la paroi//Tu as dévissé/Sans cri/Avant d’arriver/Là//Tu portes/Désormais/Les stigmates/De la déchéance ». Déperdition, dépérissement, dénuement, naufrage et désespoir. Un langage Titanic, pourrait-on dire, tisse la métaphore filée de la chute, de l’errance, de l’effacement, de l’engloutissement. Un être qui « effleure les abysses », un être « gommé du corps social », hors circuit, en manque de tout, pour qui « Tout est vide de sens », « Tour à tour/Prostré/Ou/Te traînant ». « Un univers/Te sépare/Du domaine/Des vivants… Chaque jour/Tenter de ne pas perdre pieds/Paume ouverte ».
Le récit poignant d’une descente aux enfers et l’angoisse qui taraude : « Comme toi/Il y en a des milliers… Perdus/Comme un arbre/Sans racines ». SURVIVRE.
© Odile Bonneel, in Inter CDI
 
Bestiolerie potagère.jpg*DUBOST Louis. Bestiolerie potagère. GravuresBernadette Gervais. Préf. Georges Cathalo.
Les Carnets du Dessert de Lune, 2016. 51 p. EAN 9782930607269. 12 €
Animaux-Potager-Humour. Des abeilles sur les bras de l’enfant contre la ruche : « A cinq ans, il communie avec l’innocence du monde ». « L’enfant n’a pas une seule piqûre d’abeille. Mais la grand-mère, elle, pique une colère et lui flanque une cinglante fessée. Je m’en souviens encore ». Les coccinelles, chenilles, doryphores illustrent le syndrome de l’envahisseur comme « les estivants sur les plages vendéennes, jadis les nazis en zone occupée ». Les bêtes renvoient aux hommes et leur donnent des leçons, tels les escargots dont le coït dure « douze à quatorze heures… DSK peut bien aller se rhabiller ! » De l’humour toujours : l’otiorrhynque, faisant des trous (comme le poinçonneur !) dans les lilas, enchante le poète « en mal de rimes riches » !
Louis Dubost, poète sismographe, épicurien jardinier des mots, enregistre la nature et ses petites bêtes, avec une verve joviale tout en ayant un regard critique sur notre société entre marché mondialisé et révolution citoyenne. Accompagnent cette éloquence potagère, les gravures réalistes de Bernadette Gervais croquant insectes, escargots, limaces, lombrics… 
© Odile Bonneel, in Inter CDI

 Carnet d'un petit revuiste.jpgCarnet du Dessert de Lune, essai (une lecture pour Elena et Léa !!...)
*MORIN, Jacques. Carnet d’un petit revuiste de poche. Cover Claudine Goux. Les Carnets du Dessert de Lune, 2016. 20 p. (Pousse-café). –EAN 9782930607658. 5 €
Revue-Création littéraire contemporaine-Poésie. Jacques Morin dirige et gère la revue de poésie <Décharge> depuis 1981. Il témoigne ici, non sans humour, du quotidien de ce métier de « passeur ». « Le revuiste vit essentiellement en poésie. Le travail de la revue l’accaparant. Beaucoup de ses activités tournent autour d’un seul et même sujet. Tout le reste demeure périphérique. Il mange et ne vit que pour subvenir à la revue » : « un dévouement exclusif ». De plus, le revuiste aime lire et parler des autres revues ! (Sans qu’on le sache vraiment, il y a un foisonnement de revues : elles ont d’ailleurs leur salon à Paris). Il reçoit beaucoup de recueil à analyser, « des piles vertigineuses se forment sur le bureau, stalagmites express ».
Ce court témoignage montre l’importance des revues pour faire connaître le vivier de la création littéraire contemporaine. Un auteur passe souvent d’abord en revue avant d’être publié. Le revuiste est sous pression périodiquement pour sortir le nouveau numéro. Jacques Morin présente à merveille ce travail acharné, exigent, sans fin, mais si important. Chapeau bas !
© Odile Bonneel, in Inter CDI

lundi, 10 avril 2017

De la marchandise internationale

En allant sur ce lien, vous pourrez lire deux articles de presse à propos du livre de Daniel Fano "De la marchandise internationale" (ill Jean-François Octave) 

http://www.dessertdelune.be/uploads/5/0/3/5/5035279/artic...

 

Livre disponible dans toutes les bonnes librairies et sur le site des éditions

www.dessertdelune.be ou par mail à dessertlune@gmail.com

samedi, 08 avril 2017

De la marchandise internationale

À la mitrailleuse

De la marchandis internationale.jpgDaniel FANO, De la marchandise internationale, Les Carnets du Dessert de Lune, 2017, 84 p., 12 €, ISBN : 9782930607894

Il y a une quinzaine d’années, Jean-Louis Massot a tiré Daniel Fano de son trop long silence éditorial. Depuis, le clavier crépite. Voici le septième opus de l’inclassable auteur d’Un champion de la mélancolie et de Comme un secret ninja aux Carnets du Dessert de Lune. On accuse les coups, et on en redemande. Jean-Louis Massot ne devrait-il pas créer une collection à part entière : écrit à la mitrailleuse ?

 

Onze textes (et une note) à l’arme automatique : on file Monsieur Typhus et ses acolytes crapuleux d’une aventure à l’autre, Patricia Bartok, Rosetta Stone, le Major Osiris Walcott, le Colonel Fawcett, Inspecteur et Flippo, Jimmy Ravel – tueurs à gage de papier, ordures artificielles, qui font leurs mauvais coups sans tenir compte des lois de la logique ou de la gravité, changeant de sexe comme d’apparence, explosant sur une mine antipersonnel, ressuscitant à la ligne suivante, comme dans les cauchemars des lecteurs trop sages, paniqués à l’idée de perdre définitivement la raison dans l’engrenage des paragraphes. « Patricia Bartok ne porte ni slip, ni soutien-gorge, une de ces gouines dont la cicatrice a été effacée à la neige carbonique. »

Car le lecteur est trop sage, et il est temps qu’il s’inquiète. Le monde autour de lui déchaîne sa violence, et c’est un peu grâce à son inertie, lui qui accepte sans broncher la folie du monde alors qu’il exige de ses lectures – des films qu’il consomme, des œuvres d’art qui jalonnent ses ronds-points ou qui décorent les salles d’attente de son dentiste – une rassurante rationalité (quand ce n’est pas carrément une morale). Alors Daniel Fano prend le lecteur trop sage pour cible, et lui balance ses rafales. Pour qu’il se rende compte. Pour qu’il s’inquiète. Par goût du jeu. Par humour noir. « Bienvenue à Kiev où la plupart des cigarettes américaines sont fabriquées en Pologne. » L’Histoire est une barbare assoiffée de sang – la poésie doit lui rendre coup pour coup. Bien sûr, Daniel Fano n’est pas le premier auteur à affûter sa plume pour ce genre de bataille, il le dit lui-même dans les interviews qu’il accorde, et on peut, en retraçant sa filiation, rassembler la belle et héroïque famille des lutteurs,  ironiques parce que lucides, musiciens parce qu’exigeants. Les surréalistes, bien entendu. Surtout Desnos. Le modernisme américain. Serge Gainsbourg. Henri Michaux. Le Rimbaud des Illuminations. Mais aussi les formes les moins reconnues par les autorités littéraires : série noire, bande dessinée, cinéma de genre. Si l’on tend l’oreille, et que l’on se rappelle que Daniel Fano a consacré un livre à Henri Vernes, on peut entendre des échos de L’aventurier, du groupe Indochine. « Un pistolet mitrailleur Uzi, un vieux Zippo, les interprètes sur le point de craquer. »

On se perdra donc dans De la marchandise internationale, avec une cible peinte sur le front, et l’on entendra les balles de Fano siffler. Car il faut écouter Fano : « Rosetta Stone saluera le public : débauche de décibels, comme qui dirait une simple esquisse d’éternité ». Le livre semble un piège où se sont pris les excréments de la sauvagerie. Isolément, ce sont des vignettes de série B. Entrelacés dans la trame du texte, ils se font musique : « Faux papiers parfaits fournis par Fidel Castro ». Parfois, Daniel Fano dévoile son jeu : « Dans cette aventure, la façon dont les éléments narratifs étaient juxtaposés ne manquait pas de défier toute logique ».

Gageons que la mitrailleuse de Daniel Fano n’a pas vidé son chargeur, et que le lecteur trop sage n’en a pas fini avec lui. Si le monde ne change pas, si l’homme continue de planquer sa tête dans le sable, Monsieur Typhus reviendra arme au poing, « tous feux éteints, phrases courtes ».

© Nicolas Marchal, in Le Carnet et les instants.

Une lecture de Marcella pour "Nuages de saison"

Nuages de saison..jpeg"Nuages de saison". Auteur Jean-louis Massot. Photos Olivia HB. Editions Bleu d’encre. 12 €

Une lecture de Marcella.

"D’abord je l’ai posé sur mon ventre le livre, et je l’ai senti monter doucement à l’inspir, puis redescendre doucement à l’expir. Légèrement au bord du sommeil…
Le soleil venait se promener sur mon front, mes joues, mon menton, mes paupières, mes cheveux… ça faisait si longtemps que cela n’était pas arrivé que je me suis un peu crue au paradis.

Et puis j’ai pris le livre avec mes deux mains, je l’ai ouvert et j’ai commencé à le lire, en clignant des yeux, de la fin au début, comme ça pour le plaisir. Et puis je l’ai terminé et j’ai recommencé à lire du début à la fin. J’ai bondi de nuages en nuages, de ciel en ciel. J’étais totalement dans les nuages. Ceux de Jean-Louis Massot l’auteur du livre, ceux de Olivia HB, la photographe, mais surtout mes nuages très personnels, nés de cette lecture. C’était il y 2h et c’était bien.

Je vous livre un texte ici. Pour lire tous les autres et admirer les photos « Magrittiennes", passez votre commande et bon voyage dans vos nuages de saison.

Laissez donc cet avion
S’enfoncer en vous
Comme les doigts d’un enfant
Dans un blanc
Monté en neige.

Si cette lecture vous donne envie, vous pouvez commander ce livre chez l'éditeur ou directement à dessertlune@gmail.com et m'indiquer si vous souhaitez une dédicace.

samedi, 01 avril 2017

En avril avec les auteurs du Dessert de Lune

- Pierre Soletti à la librairie Plùm, rue Lengouzy, 81440 Lautrec.

Les 8 et 9 avril dans le cadre du festival plumiformes. Infos : 05 63 70 83 30

- Gérard Sendrey expose du 9 avril au 28 mai. Galerie d’Art associative - 92, boulevard Meyniel - 47200 Marmande

Ouverte les jeudis, vendredi, samedi et dimanche après-midi de 14 à 19 heures. Infos : www.galerie-egregore.com. galerieegregore@orange.fr. 06.09.05.83.80

- Perrine Le Querrec à la librairie Charybde, 129 rue de Charenton, 75012 Paris,

le jeudi 13 avril à 19h30. Infos : 09.54.33.05.71

Et retenez déjà que les Carnets du Dessert de Lune seront représentés le 1er mai par Pascal Blondiau à Arras au festival "Colères du Présent" en présence de Jean-Marc Flahaut et de Fanny Chiarello.

 

jeudi, 30 mars 2017

Le vin des crapauds

"Le vin des crapauds" de Saïd Mohamed et Bob De Groof dans la vitrine de la librairie Les Editeurs, sise rue de Flandre, 23 à 1000 Bruxelles ( à l'intérieur, il y a d'autres titres des éditions Les Carnets du Dessert de Lune). Viendez-y !

saïd mohamed,bob de groof,cathy garcia

mercredi, 29 mars 2017

Une note de lecture pour "Exode"

Elle est signée Cathy Garcia.

Exode de Daniel De Bruycker & et Maximilien Dauber – Ed. Les Carnets du Dessert de Lune, 2017. 80 pages, 16 €.

De magnifiques photos de Maximilien Dauber pour cet écrin de désert où la poésie de Daniel De Bruycker vient se fondre et se confondre avec les pierres, le ciel, le sable.

Tout ici était saisissant –

le sol, l’espace, les ombres

et, plus encore, d’être du nombre.

Dans le désert, nous sommes transportés, nuées, ombres, nous avançons dans la lecture comme on marche, lentement, avec cette sensation que l’espace s’ouvre tout autour et en nous et le sentiment de se dissoudre dans cette immensité. Nous nous sentons de plus en plus petits, insignifiants, à chercher des signes qui se font et se défont, désert que nul langage ne saurait contenir.

Nous ne comprenions rien –

en ces lieux, dit quelqu’un

‘comprendre’ n’est pas le mot juste.

Ça a l’air simple comme ça de parler du rien, mais c’est certainement ce qu’il y a de plus difficile, sans tomber dans le cliché, le ressassé. Rien d’exceptionnel ici, pas d’hymne ou d’ode emphatique à la beauté, juste cette humilité qui convient au sujet et qui nous oblige à faire corps avec le sable, avec la roche, avec le vent et ces ombres et au plus profond de nos os, nous éprouvons nôtre condition éphémère. Des pas, un souffle et puis poussière.

Un caillou quelque fois roulait sous nos pieds

nous le suivions, dociles

jusqu’à en déloger un autre

(…)

Un fil d’espoir était notre guide

sans lui nous nous serions perdus –

fidèle, c’est lui qui nous égarait

Cependant tout désert a son oasis, quelque chose comme un cœur qui bat, lentement mais avec obstination. Peut-être qu’en lisant Exode, nous marchons à l’intérieur de nous-mêmes.

© Cathy Garcia.

Daniel De Bruycker est né à Bruxelles en 1953, d’une famille flandrienne. Enfance à Gand et en Hainaut. Licencié en Philosophie & Lettres, Université Libre de Bruxelles, 1977. Critique de jazz, rock, musiques nouvelles, danse, théâtre, cinéma, arts d’Asie etc., en Belgique (Le Soir, 1975-85) et en France (Diapason, Le Monde de la Musique, Le Monde, 1981-87). Traducteur (anglais, néerlandais, allemand), japonologue, animateur d’ateliers d’écriture pour enfants, etc. Marié à l’ethnologue et écrivain Chantal Deltenre ; deux filles, Hélène et Léa-Lydie ; deux chattes, Apostille et Silhouette. Entre deux séjours en Asie (Japon, Inde, Turquie etc.), vit et travaille à Bruxelles (1975-85) puis à Paris (1986-2003), aujourd’hui à l’ermitage de la Martinière (Gouvets, Normandie). À ses heures perdues, dessine des labyrinthes, écrit des chansons (Maurane, Musique Flexible etc.), compose et joue (basse, claviers) au sein du groupe Roque et trace ses poèmes-images selon un alphabet graphique original (exposition personnelle au Centre Wallonie-Bruxelles, Paris 2015).

Maximilien Dauber est né à Bruxelles en 1949. A 20 ans, il plante là les études, investit tout son pécule dans une Land Rover et prend la route du Sahara. Il y trouve, à Tombouctou, le cinéaste voyageur Douchan Gersi, qui l’engage comme assistant pour un tournage à Bornéo, avant celui des Antilles de l’écrivain Jean Raspail. Cependant il se spécialise dans le documentaire saharien, accumulant au fil des expéditions films, photographies, enregistrements et observations ethnographiques sur les cultures nomades sous le titre générique de Mémoires sahariennes et réalise sur les Peuls Bororos du Niger son premier film personnel, diffusé par voie de conférences et d’émissions télévisées, avant de se tourner vers l’Afghanistan des nomades, le Turkestan chinois et les Routes de la Soie, puis la redécouverte des grands explorateurs de l’Afrique orientale.
Depuis, il n’a cessé d’enchaîner les tournages aux quatre vents, avec une prédilection pour l’Égypte, l’Italie et aujourd’hui le Japon, faisant partager à travers ses films, ses livres et ses images son amour du lointain, de l’humain et des rencontres face à l’horizon – dont celles de son mentor le prince italien Mario Ruspoli, inventeur du cinéma direct avec Chris Marker, et du naturaliste Théodore Monod, autre majnoûn, « fou du Sahara ».

samedi, 25 mars 2017

Une note de lecture à propos de "Encore une nuit sans rêve"

Encore une nuit sans rêve.jpgCette note de lecture à propos de "Encore une nuit sans rêve". Christophe BREGAINT, SOPHIE BRASSARD, Les Carnets du Dessert de Lune, 2016, 98p., 13€.

 En hauts poèmes verticaux, aux vers très courts, Bregaint raconte comment un être se déglingue, perd ses repères, se fissure jusqu’à trouver sa tombe.
Métaphore puissante du destin de chacun, certes, mais détresse quotidienne aussi de nombre de vagabonds lâchés par la vie, rejetés vers les berges, par mépris, sans aucun regard de compassion, déchus littéralement.
 Bregaint ne passe rien sous silence de ces destins au bord des rues, de ces naufrages abandonnés.
 « Tu t’accoutumes
 Au mépris
 De ces regards qui s’en remettent
 Au vide ». « Tu donnes ta misère/ En pâture » : et pourtant il résiste, cet homme, en dépit de tout, en dépit du jour à recommencer, malgré « cette inertie/ violente ».
 « Seule 
La rue 
Ce symbole d’une cassure
 Te semble solide
 ». Le titre du livre, pour être glacial, traduit bien la condition « infirme » d’êtres déjetés, laissés à leur péril. 
Autour de ces êtres, la débâcle, les mirages, les expédients immondes, une vie d’infortune majeure. 
Sur ce thème de l’exclusion du champ des possibles, un livre magistral.


© Philippe Leuckx, à paraître dans la revue Bleu d'Encre.

A propos du Vin des Crapauds

Le Vin des Crapaud.jpgCette note de lecture à propos de l’album « Le vin des crapauds » de Saïd Mohamed, orné de linogravures de Bob De Groof et d’une préface de Cathy Garcia, Ed Les Carnets du Dessert de Lune, 2017. Collection Pièces Montées. 18€. http://www.dessertdelune.be/store/p826/Le_vin_des_crapaud...

Au fond du désespoir

A l’orée du printemps, Les carnets du dessert de lune gâte ses lecteurs après le très beau poème, l’ « Exode », de Daniel de Bruycker magnifiquement illustré par des photos de Maximilien Dauber, il leur propose ce recueil, grand format cette fois, de Saïd Mohamed tout aussi magnifiquement illustré par des linogravures de Bob De Groof. Des illustrations en blanc sur noir qui montrent des personnages fantasmagoriques effrayants, tout en rondeur, avec des grands yeux ronds hébétés, inhumains, des personnages agressifs et des personnages qui subissent l’agressivité des précédents. Un monde fantastique et violent qui symbolise notre société où les puissants terrorisent les faibles.

Ces dessins de monstres effrayants illustrent à merveille la douleur et le désespoir que Saïd Mohamed éprouve après toutes les guerres et tous les attentats qui ensanglantent notre monde.

« Je n’ai pas souvenir d’un instant de paix,

Chaque jour déverse son lot guerrier

Et nous maintient la tête sous l’eau.

Nous devons cesser de croire possibles la beauté et

L’amour. »

Et, il accuse ceux qui tirent les ficelles et profitent de toutes les horreurs perpétrées pour asseoir leur pouvoir et leur fortune.

« Nous buvons le fiel du vin des maîtres,

La corde sur le cou, attendons à leurs pieds »

Le désespoir l’emporte aux confins de l’humanité, là où même le pardon n’est plus possible, là où pardonner n’a même plus de sens.

« Je crains ne jamais pouvoir donner le pardon

A l’œuvre de l’enfer. »

Non content de s’en prendre aux faiseurs de guerre, à ceux qui tirent les ficelles, il s’en prend à sa mère à qui il reproche, atteignant le fond de l’abîme du désespoir, de l’avoir mis au monde.

Mère, pourquoi n’as-tu pas pris tes précautions

"Quand à mon père tu t’es jointe ?

Pourquoi comme un chat ne m’as-tu pas

Au fond d’un sac jeté, et aussitôt noyé ? »

Et si la mère n’a rien fait pourquoi Dieu ne l’a-t-il pas fait ?

« Dieu, je n’ai jamais prononcé ton nom.

Je t’ai maudit, chien de ta mère pour en aveugle

M’avoir conduit dans un monde que je renie. »

Tout le venin a été craché, « Pas dit qu’on boirait de ce vin-là » comme l’écrit Cathy Garcia dans sa préface mais on a envie de savoir jusqu’où le poète plongera dans son désespoir. Jusqu’au nihilisme le plus suicidaire peut-être.

« Mange ton fils, amère humanité

Et pose-lui le couteau sur la gorge. »

Dans sa postface, Saïd Mohamed précise que « Le vin des crapauds a été écrit en grande partie pendant la première guerre d’Irak, de 1990-91 » et qu’il lui « est apparu essentiel de republier l’ensemble de ces textes » « devant les événements récents et ceux à venir.. » Il ne veut pas seulement parler des horreurs des attentats mais aussi de la façon d’attribuer ce qui n’est qu’un plan pour détruire les vieilles civilisations en les assujettissants mieux aux lois du marché, à un Nouvel Ordre Mondial, l’Axe du Mal. © Denis Billamboz in http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/50361