Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 04 décembre 2020

3 notes de lecture + une pour les 3 dernières nouveautés

Trois notes de lecture + une pour les 3 derniers titres en 2020 des Carnets du Dessert de Lune. Titres que vous pouvez acquérir sur le site des éditions en surfant sur NOUVEAUTES ou bien en les réservant chez votre libraire.

* Celle-ci est pour : "Ça, qui me poursuit". Sylvie Durbec. Couverture François Ridard. Préface Cécile Guivarch. Pour le psychanalyste, le « ça » est l’inconscient, le refoulé. Pour le linguiste, c’est ce qui n’a pas de mots pour le dire : « ça va ? ». En combinant les deux, ce recueil s’ouvre sur l’innommable, l’inconcevable, à commencer bien sûr, par la mort, celle de l’oiseau dont « on ne sait pas » le nom, du grand-père dont on ne comprend pas les derniers mots écrits. L’auteure constate : « parfois je peux inventer / tout un monde / parfois je ne peux pas / pas même / un / tout petit » Et pourtant, « ça » me poursuit. C’est. Alors ? Alors commence l’aventure, l’épreuve, du poète : dire coûte que coûte. Par le seul pouvoir des mots, susciter la mer « qui n’existe pas » dans une bassine en plastique. Par le pouvoir d’un mot, « donc », envisager, regarder en face la mère et ses fils devenus assassins, « ça » qui est issu de moi. Et l’exemple choisi, ce fils au nom de Djokhar qu’on entend joker, comme la carte, vaut pour tous les fils, et pour toutes les mères. « On reste sans voix ». La phrase crachote comme une vieille bagnole qui refuse de démarrer, des points intempestifs en soulignent l’échec. Des fils, il y en a des milliers aussi au fond de l’océan et leurs mères sont « sans nom à murmurer, sans corps à bercer ». Et quand un mot apparaît, « riblon », il paraît inutile, déchet de fer : « Que peut faire la poésie avec ça ? » On ne choisit pas son monde, ses mots, il faut faire avec, avec la polysémie de la « grève », les glissements l’épaule / les pôles, ou ce « patrimoine » qui devient « patrimoelle » et s’apercevoir que tout fait sens, que la poésie est peut-être justement dans le non-sens de la vie, dans ce qui ne peut se dire, qui devient formule mathématique, preuve par neuf (toujours le « donc » initial). Le salut viendra peut-être d’ailleurs, des mots d’ailleurs, anglais, portugais par lesquels « la chaise cassée / donne la légèreté qui manquait / à la femme qui écrit ». Par le détour de l’autre « ça qui sauvage devant […] tout ça loin puis proche à nous toucher » peut peut-être s’apprivoiser, être ingéré, et même si la poésie « souvent se tait quand tous crient », si les filles sont « désarçonnées », il se peut aussi, tout à la fin du livre, que la barrière (de la langue ?) sourie à l’enfant car « ça, qui nous poursuit nous tient encore en vie ». Il n’est d’autre choix que d’écrire le monde.  © Alain Kewes (Décharge 188)

* Celle-ci est pour : "ultima prova d'orchestra". Michaël Glück. Couverture de Pascaline Boura. "Ce poète à l'humour rosse et noir écrit en temps de « pandémie » des textes qui tiennent de la pensée profonde, de l'aphorisme ciselé, de la notice de dictionnaire, du rappel historique, entre ferveur musicale, désir lexicologique et humeur sautillante.

Lisons :

Je connais les paroles mais j'ai oublié la musique.

Trop de glissandi dans la musique russe ! Il y a tant de skis.

La joueuse de castagnettes n'aime pas la crème de marrons.

Oui, la musique entraîne nombre de propositions qui tranchent, sèment sur la page des rencontres insolites comme si le dictionnaire avait commencé à s'effriter et à mêler ses pages. En deux ou phrases ou vers, le poète s'interroge, s'étonne, croise, définit, appose, oppose, décline ses ferveurs, ses doutes : Quand le chef lève la baguette, il faut ranger ton casse-croûte. « Jusqu'au dernier soupir pointé », Gluck aura servi la musique et autant la poésie loufoque, harmonique et déréglée que lève la créativité inassouvie." © Philippe Leuckx

* Celle-ci est pour :  "L'écart qui existe". Olivier Vossot. Couverture Pascaline Boura. Préface Albane Gellé. Un livre de deuil, remarquablement écrit. D'une densité admirable dans l'expression du chagrin éprouvé par le poète pour le proche disparu, regretté. Dans une langue sobre qui confère au texte son émotion vraie, le poète consigne passé et présent, présence de l'être cher, des lieux de vie, les silences, les moments forts. De belles images composent l'hommage intime :

En moi le noyau pleure patiemment

Le mur tout près s'imprégnait de soir,

de reflets crus.

La solitude qu'il a bue est la mienne,

C'était un autre silence,

un autre temps, l'écart qui existe entre durer et tenir.

Ce poète de quarante ans, dont c'est le deuxième livre, réussit à égrener en textes fins, économes, tout le travail de deuil qu'il lui a fallu. Rien de gratuit, ici. Pas un mot de trop. Pas un vers de trop. La langue assigne à l'émotion juste sa juste place Oui, « on ne peut que se souvenir » ; il ne reste que cela, et quand la mémoire prend ces allures de « tombeau » magistral, on se dit que la littérature fait son office.

Dans la pièce, l'air, l'odeur

font une peau aux souvenirs. Ce poète hypersensible et doué ira loin. © Philippe Leuckx

* Celle-ci est pour : "ultima prova d'orchestra". Michaël Glück. Couverture de Pascaline Boura. Avec ce troisième opus, l’auteur semble avoir bouclé son opéra. Rien que des réflexions sur la musique essentiellement classique mais pas que. On y trouve de très bons jeux de mots sur un sujet peu évident. Ceux et celles qui ne jurent que par le rapipop et la K-pop n’y comprendront pas grand-chose mais comme ils ne lisent pas… © Eric Dejaeger 

 

samedi, 28 novembre 2020

Le dernier livre

Ce dernier livre, qui n'était pas prévu au programme éditorial de 2020, est une belle aventure éditoriale. Cesser ainsi, quoi de plus réconfortant pour un éditeur.

Quand l'auteur reçoit son livre et qu'il t'écrit être ému par ton travail d'éditeur, tu ne peux que l'être toi aussi.

avis de parution. L'écart qui existe .pdf

 

mardi, 24 novembre 2020

La dernière nouveauté de 2020 aux Dessert de Lune

Elle vient de paraître la toute dernière publication des Editions Les Carnets du Dessert de Lune.
L'écart qui existe. Olivier Vossot
Illustration de couverture. Pascaline Boura.
Préface. Albane Gellé.
Elle sera disponible dans quelques jours en librairies, le temps qu'elle contourne les zones de confinement.
Mais vous pouvez déjà passer commande sur le site des éditions et la recevoir avant la St-Nicolas dans votre boite aux lettres en vous rendant à cette adresse: https://www.dessertdelune.be/.../L%27%C3%A9cart_qui...
ou bien celle-ci:
 
Ce sera donc le dernier titre édité par mes soins. Ne passez pas à côté, si vous le pouvez dans cette période bien peu agréable.
 
Si vous désirez lire quelques extraits, téléchargez les pages ICI 
 
Amicalement à toutes et tous
 
Jean-Louis
 
L'écart qui existe 300 copie.jpeg

dimanche, 22 novembre 2020

Note de lecture pour "ultima prova d'orchestra"

Sous le clavier de Denis Billamboz, cette note de lecture à propos de "ultima prova d'orchestra" dernier volet du triptyque de Michaël Glück pour les aphorismes et Pascaline Boura pour l'illustration des couvertures,

http://mesimpressionsdelecture.unblog.fr/2020/11/16/ultim...

Si vous ne connaissez pas et que vous souhaitez acquérir ce triptyque et en savoir un peu plus sur l'auteur et l'illustratrice, c'est là :

https://www.dessertdelune.be/michaeumll-gluumlck.html

ou là :

https://www.dessertdelune.be/pascaline-boura.html

ultima prova d'orchestra.jpgnuova prova d'orchestra.jpg

 

Prova d'orchestra.JPG

mardi, 17 novembre 2020

Ce seront mes deux dernières publications avant de passer la main

Il fallait bien qu'elle cesse ici un jour, mais qu'elle continue en 2021 sous d'autres cieux cette "aventure d'une utopie, cette utopie d'une aventure éditoriale" commencée en 1995 avec la publication de "Carnet d'un cinéphile assis sur l'horizon" d'Antonello Palumbo.

25 ans plus tard quoi de plus naturel que d'y accueillir un nouvel auteur rencontré en février lors du marché de la Poésie jeunesse de Tinqueux grâce à Albane Gellé

Aujourd'hui je vous propose de découvrir son second recueil "L'écart qui existe". L'artiste Pascaline Boura en a illustré la couverture d'une de ses créations. Albane Gellé en a écrit la préface.

Ce titre qui paraîtra dans quelques jours dans la collection Pleine Lune sera accompagné du 50e et ultime titre de la collection Dessert, concocté par le fidèle Pascal Blondiau.  "Le sonneur de Policka".  Il vous sera offert à l'achat de "L'écart qui existe".

Avant parution, ils peuvent être consultés sur le site des éditions et précommandés. Nouveautés "L'écart qui existe" pourra être acquis en librairie à partir du 23 novembre.

Vous avez, d'une façon ou d'une autre, soutenu les éditions toutes ces années et ce soutien fut le seul qui permit années après années de partager avec vous mes choix d'éditeur. Il me plairait que cette fois-ci encore ce choix se partage et que vous fassiez honneur à ces toutes dernières publications.

En 2021, j'espère que vous serez encore attentifs aux prochaines parutions des Dessert de Lune que vous proposera la maison de la poésie de Normandie.

Très cordialement à toutes et tous.

Jean-Louis Massot

Editeur 1995-2020

mercredi, 11 novembre 2020

"Ça, qui me poursuit". Note de lecture

Bonjour,
 
Ça, qui me poursuit.jpg1er article de presse pour le recueil "Ça, qui me poursuit".
 
Livre disponible sur la boutique du site des éditions Les Carnets du Dessert de Lune Ça, qui me poursuit et/ou en librairies.
Soyons curieux.
Bonne journée.
J-L

mardi, 03 novembre 2020

Vers Valparaiso, note de lecture

C'est sur le blog de Terre à Ciel.

Bonne lecture.

 

Vers Valparaiso, de Perrine Le Querrec, Les Carnets du Dessert de Lune, 102 p., 16 €, 2020

Si c’était à refaire je renaîtrais carte postale d’un val paradisiaque entre mer et monts, me frotterais d’une anaphore frontale à l’amer de ces monts, d’un aval où l’âme erre je créerais mon amont. Je renaîtrais volontiers Perrine Le Querrec dont le « monde grouille de pluriels abandonnés ». Il est quelque part entre mer et montagne un pur mon mien, comme on est deux parfois où l’on tue toi & moi, un son sienne terre, terre, dit Colomb.

Valparaiso est à portée de langue ce vallon édénique en bord de père & mère qu’Agnès Rouzier nomme le nul part et Jarry la Pologne. Comme il y eut une Critique de la raison pure, ici en ses avatars selon l’influx prose ou vers est le poème de la pure écriture, l’intime soi vécu comme un concentré excentré d’exotisme heureux. Il n’est pas La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres, cette Brise marine amarrée prise pour bateau ivre, plutôt une invitation au voyage, explosante fixe, celui de l’écriture seule dévalant des pentes linguales : « La balle qui dévale vers la mer. La pluie qui rigole dans ton dédale » – rigoler pas une licence poétique pour qui lit sens, celui de l’âme arche.

« Elle travaille sur plusieurs pages à la fois / Elle atteint le sommet du bonheur. // Tous les jours à ma table avec les larmes aux yeux. » Nuits d’insomnie à écrire « les narines pleines d’urine » ; « le souffle contenu puis répandu » : à mots positionnés large, une générosité gonflant la phrase comme une voile.

Des « humeur[s] » qui nous sont familières : « On ne vous dérange pas si on s‘assied auprès de vous ? […] / totalement vous me dérangez jusqu’aux entrailles vous vos voix vos commentaires bruits m’empêchent vous m’empêchez de respirer de penser d’écrire. »

L’exclusivité scripturale laisse jour toutefois à quelques images, photographies ou montages démontages photographiques, questions insolubles abruptes résolues d’à pic, métaphores resserrant encore la métaphore : celle de couverture répondant au poème en quatrième (« Tes secousses les engloutissements les effondrements » d’un éden aux vagues stylisées) ; un œil perçant sa fenêtre dans un rectangle noir, en fond de l’œil une grande maison bascule comme un regard ; une colonne ligneuse de cônes épointés tête-bêche se découpant en premier plan d’une haute roche comme on plante une aiguille.

« Courbée sous mes ratages / Dans le vide, laisser croître le beau / Dans le beau, laisser croître le vide »

Je reviens à cette quatrième de couverture déployant, convulsant tout le livre, et dont le poème s’élève comme son moment cardinal, son final en boucle : l’épistrophe anaphore « sinueuse et secrète », tenace comme un Je vous salue Marie d’athée, du « on dit » ou « on murmure » initial jusqu’au « porter ton nom » martelée comme une prière ou un Christ. Happé d’entrée par sa musique, j’en extrais encore « On dit que tes flancs à découvert montrent la pauvreté comme la beauté je voudrais porter ton nom », hommage à une baudelairienne mendiante rousse.

Retourné dans l’ouvrage, se frotter à ses butées de « matière noire ». S’ouvrir à « l’éclosion des roses noires l’érosion des roches noires l’évasion des cloches noires ». Retrouver dans « Des gestes mis en boucle dans des mots mis en boucle dans ma bouche mise en bouche » d’œnologue du verbe le martèlement de paronomases en trépidation de Ghérasim Luca. Qu’un seul vers, « La nuit tombe par les trous de tes yeux », aussi bref que bulle ou rescrit, balaye le branlebas d’ismes des « philosophes ». De sommations en défis une poésie de cartels ronge son armure en sabbat singulier.

Rarement en poésie contemporaine l’invention formelle n’émane autant sans détours à mille tours d’une blessure ouverte. Investie surinvestie la langue, de ses pics et crevasses déchargé le lest sur le ballast. En quelques dimensions inconnues à nos sens l’insomnie appelant une syntaxe du rêve.

Poésie du vécu, lequel piaffe derrière les mots, voire devant – introspectif aussi.

À bras, à branle-bas le corps.

La poésie dans son cornet (où le corps naît, ou né se meurt, revit) qui les secoue plutôt que d’uniment narrer la vie – inscrit dévoie sur le roman un avantage majeur : ses dés pipés, de grand hasard peuvent au matin clairet tirer une quinte flush.

© Christophe Stolowicki in Terre à ciel, novembre 2020

samedi, 24 octobre 2020

Ils-Elles devaient y être en dédicace

Bonjour,
 
Ils (elles) auraient dû être physiquement au Marché de la poésie ce samedi 24 octobre pour vous y dédicacer leur dernier livre.
à 14h00 Sylvie Durbec pour "Ça, qui me poursuit"
à 15h00 Jean Marc Flahaut pour "Bad Writer"
à 16h00 Perrine Le Querrec pour "Vers Valparaiso"
à 17h00 Michaël Glück et Pascaline Boura pour "ultima prova d'orchestra"
Toute la journée, Saïd Mohamed pour "Et toutes ces mouettes qu'ont-elles à rire"
mais la (le?) Covid en a décidé autrement.
Alors pourquoi pas - si vous aviez eu l'intention de les rencontrer sous les marronniers de la place St-Sulpice - venir au marché de la poésie virtuel des Carnets du Dessert de Lune y découvrir ou redécouvrir leurs livres et, même sans dédicace, repartir avec dans votre panier.
Virtuellement c'est ouvert et la boutique en ligne aussi.
 
 
Et si cette visite virtuelle n'est pas dans vos projets de balade, vous pourrez aller trouver ou demander ces livres en librairie. Les Dessert de Lune s'y trouvent parfois dans les rayons.
Belles rencontres à vous.
 
Jean-Louis Massot
Ça, qui me poursuit.jpg
Bad Writer.jpg
Vers Valparaiso.jpg
9782390550013.jpg Et toutes ces mouettes.jpg

jeudi, 22 octobre 2020

De la prose aux Carnets du Dessert de Lune

Bonjour,

Au marché de la poésie virtuel des Carnets du Dessert de Lune qui s'ouvre peu avant l'apéro, (vous connaissez maintenant l'adresse de ce marché), il n'y a pas que des poètes. On peut aussi y trouver, y rencontrer - virtuellement s'entend - des prosateurs et pas des moindres.

En ce jeudi 22 octobre, sous la grisaille, je vous propose de découvrir les deux recueils d'un des maîtres du genre : Jean-Claude Martin qui a publié dans la collection Sur La Lune "Carnet de têtes d'épingles" en 2002, réédité en 2011 et plus récemment "Vi(e)s patinées" en 2019. Tous deux illustrés par Claudine Goux et préfacé par Jean-Pierre Georges pour l'un et Hervé Bougel pour l'autre.

https://www.dessertdelune.be/jean-claude-martin.html

Acquérez-les tous les deux ou séparément, si vous en possédez déjà un. (Vous pourrez offrir l'autre.)

Cette offre n'est pas virtuelle mais elle est valable jusqu'au 31 octobre 2020.

Pour ce faire il vous suffira d'utiliser le code promo MOINS3 pour l'un et l'autre au moment de finaliser votre commande et ainsi profiter de 3 ou de 6 € de réduction.

A vos souris et bonne visite.

Carnet de têtes d'épingles.jpgVies patinées.jpg

lundi, 12 octobre 2020

Marché de la poésie virtuel du Dessert de Lune

Les livres que nous allons vous proposer auraient dû être exposés du 21 au 25 octobre sur le stand des Carnets du Dessert de Lune. Nous nous serions limités à cette liste (les tables n'étant pas extensibles à l'infini), mais pour ce marché virtuel, il vous est bien sûr loisible de faire preuve de curiosité ...voire de laisser votre souris partir à la découverte, à l'instinct vers d'autres titres.

Le ou les livres commandés vous seront envoyés par la poste franco de port.

Si vous êtes membres des Ami-e-s du Dessert de Lune, n'oubliez pas d'utiliser votre code promo afin de profiter de 20% de remise.

Maintenant c'est à vous et c'est là :

Marché de la poésie virtuel du Dessert de Lune

Bonne visite et n'hésitez pas à partager, la distanciation sociale n'étant pas de mise virtuellement. 

vendredi, 02 octobre 2020

Georges Rubel expose et marché de la poésie de St-Sulpice

Journées de l'Estampe (1).jpgGeorges Rubel expose les 5 et 6 octobre, place St-Sulpice à Paris dans le cadre de La Journée de l'estampe contemporaine 2020 et ce de 11h à 22h00. Entrée libre.
Pour rappel Georges Rubel a illustré "Chroniques des faits" de Pierre Autin-Grenier :
et la couverture de la réédition des "Radis Bleus" de Pierre Autin-Grenier.
 
Livres que vous pouvez commander sur le site ou en librairie et que vous pourrez acquérir au prochain marché de la Poésie, sur la même Place St-Sulpice du 21 au 25 octobre sur le stand des éditions Les Carnets du Dessert de Lune, si le Covid ne vient pas jouer les trouble-fêtes.
 
Vous y trouverez sur ce stand une quarantaine de titres et notamment les parutions d'octobre 2019 et celles de 2020 dont les nouveautés d'octobre et de février.
Sans doute y croiserez-vous Pascaline Boura, Sylvie Durbec, Marie Evkine, Jean-Marc Flahaut, François Garnier, Michaël Glück,  Perrine Le Querrec, Jean-Claude Martin, François Ridard, Georges Rubel et bien sûr Saïd Mohamed qui sera à la manoeuvre et représentera les éditions.
 
 
 
 
 
 
 
 

lundi, 21 septembre 2020

Note de lecture pour "Vers Valparaiso" de Perrine Le Querrec

Une note de lecture sur le blog de Recoursaupoeme, signée Philippe Thireau à propos du nouveau recueil de Perrine Le Querrec "Vers Valparaiso" publié aux Editions Les Carnets du Dessert de Lune, c'est à lire  ci-dessous

« Et nous irons à Valparaiso où d’autres laisseront leur peau. » Ce vers de la très belle chanson de marins Nous irons à Valparaiso n’apparait pas dans l’ouvrage haletant de Perrine Le Querrec ; le nom même de Valparaiso est ignoré. Seul le titre témoigne de la quête. C’est un livre sur l’écriture, l’acte d’écrire, l’art de penser l’écriture – de se perdre définitivement sans mourir dans l’écriture.
On pense l’écriture avec toutes les ressources extérieures au geste et avec celles que recèlent le corps de l’écrivain et sa pensée. Mais la musique, le chant, si bien portés par Marc Ogeret en son temps et par le capitaine Haddock dérivant dans l’espace dans On a marché sur la Lune, la petite musique de la lente dérive de l’écrivain vers Valparaiso, le port ultime de la pensée totale, cette petite musique hante les pages de l’ouvrage :   et ho-hisse et ho !
Les ressources extérieures sont multiples : des plus petits objets, les grains du sol, l'orange, aux plus imposants, les toits des usines... La ressource intérieure est infinie et mêlée intimement à l'environnement ; l'éthologie n'est pas absente non plus des ressources de l'écrivain.
Les bêtes écrivent aussi dans sa tête aux milliers d’yeux : des animaux à vouvoyer là où l’humain… note Le Querrec, ou encore un poulet à gagner des visages avides. L’image d’un singe sur l’épaule, comme celui du général Pichegru, reclus en Guyane à la fin du XIXème siècle : un ouistiti, le plus sûr compagnon de son Journal. Toutes les ressources de la symbolique, de la métaphore sont engagées durement par l’artiste. L’écrivain est un artiste, c’est le pari de Perrine Le Querrec. Il n’est pas celui qui raconte une histoire forcément attachée à l’actualité et ainsi liée au monde du commerce et de la rentabilité immédiate du livre. L’art est au-dessus de cette position.
Le titre d’abord : la première page intitulée Titre de Vers Valparaiso cache Valparaiso pour mieux le dévoiler dans les arcanes de la pensée ; le développement en boucle reviendra par La Fin (dernière page) au début, soit au Titre, grâce à ce Jamais jamais plus nue que nue dans la salle des nus jamais jamais. Ainsi le titre est nu, jamais prononcé il ne sera. Mais toujours sera porté par la petite musique des voies et voix explorées.
Revenons, juste le temps d’une phrase, à l’intime, à la ressource intérieure : elle dit, Perrine Le Querrec, sur le chemin de Valparaiso, les lèvres flottent autour des mots, ou encore, je suis enceinte des livres. On soupçonne des grossesses pathologiques. Il faut aller jusqu’au noir […] le monde n’arrête pas de tomber. Il est temps de déshabiller le cheval. Formule extraordinaire, qui dit plus qu’un roman. Déshabillons-le ce cheval d’envie.
L’acte d’écrire se meut dans ces entrelacs mais il ne s’y résout pas. Cheval déshabillé, écriture déshabillée, acte majeur et souverain. Loin de l’industrie littéraire qui « répond » à la demande supposée des lecteurs et qui, en fait, assèche l’écriture en la réduisant à un simple moyen de raconter des histoires sans qu’il soit besoin de penser, surtout pas, Perrine Le Querrec renoue avec l’écriture magique, vectrice du chant venu des profondeurs, de l’ancien. Comment ? En bannissant une ponctuation régulière trop écrite et banalisant le sens, elle œuvre pour l’émergence d’une littérature cherchant l’empreinte pure, et propose au lecteur plus un travail qu’une lecture. Mais un travail réjouissant, poétique, à l’école de tous les dieux accompagnant le naturel – sous le regard de Baruch de Spinoza ; pourquoi là une virgule et pas ici (point ici sèmerai le trouble) ? Parce que. Parce qu’il faut cesser de se raconter des histoires convenues, il faut désapprendre à être trop raisonnable et enfermé dans la boite à quatre coins qu’on appelle livre marchandé, normé ; la ponctuation arrachée à sa norme soulève le livre, le « machine » à l’envers, en fait une arme à penser ce qui n’est pas écrit mais possible. Lisons et écoutons cette musique :
Vers Valparaiso.jpgEn rond
Tourne en rond
Tourne mes pages en rond
Je tourne en rond mes pages
Mets en pièce et reconstruit l’univers
La phrase se recourbe et enroule ses
tourbillons parfaits
Son rythme me noie, me dévoile me noie,
insatiable inlassable
Emportée par le courant de la raison,
si j’aspire une grande bouffée de mots
survivrais-je ?
Me dévoile me noie…

mis en exergue entre deux rares virgules… au loin se devinent les lumières du port de Valparaiso.

© Philippe Thireau in https://www.recoursaupoeme.fr/perrine-le-querrec-vers-val...

jeudi, 17 septembre 2020

Les deux prochains titres à paraître en octobre

Ça, qui me poursuit.jpgultima prova d'orchestra 14.09.jpgEn octobre paraîtront deux nouveautés aux Carnets du Dessert de Lune, nouveautés dont vous avez déjà vu les visuels de couverture et qui seront, probablement, les dernières pour moi à la barre des éditions avant de passer la main à une nouvelle équipe en 2021.

"Ça, qui me poursuit" de Sylvie Durbec, couverture de François Ridard, préface de Cécile Guivarch dans la collection Pleine Lune.

"ultima prova d'orchestra" de Michaël Glück, couverture de Pascalaine Boura dans la collection Pousse-Café.

Ces deux titres peuvent être consultés sur le site des éditions

à cette adresse https://www.dessertdelune.be/store/c405/Nouveaut%C3%A9s.html Au bas de la fiche de chaque livre, en cliquant sur le bouton HOP ! UN EXTRAIT, vous pourrez télécharger des extraits.

Du 17 septembre au 4 octobre 2020, je vous propose de les précommander sur le site des éditions et de profiter d'une remise de 2 € pour chacun de ces deux titres. Pour se faire il vous suffira, au moment de finaliser votre commande d'ajouter le code promo deuxeuros. Comme d'habitude les envois seront franco de port.

Malgré les temps difficiles, j'ose espérer que vous réserverez un bon accueil à ces deux livres.

lundi, 07 septembre 2020

Le 12 septembre à Charleroi

8 livres.jpgCe sera le 12 septembre et c'est dans pas longtemps.

Les éditions du Basson, Joëlle Fensie, Étienne Vanden Dooren organisent un mini-salon du livre "SAUVEZ 8 LIVRES... OU PLUS". De 10h à 18h. Passage de la Bourse, à Charleroi.

Les Éditions Les Carnets du Dessert de lune, entourées de chouettes éditeurs, y seront représentées par le fidèle Pascal Blondiau et la non moins dynamique Chantal Talotti. Ils vous proposeront un choix de titres auxquels vous ne pourrez résister.

Pascal Blondiau y dédicacera ses deux recueils à votre convenance. Patrick Devaux y dédicacera ses deux romans à 15h00.


Ne ratez pas cette occasion, avant ou pas, d'autres salons d'ici la fin de l'année.

Infos pratiques: https://www.facebook.com/events/310728866711923/

 

mardi, 11 août 2020

les dernières notes de lecture pour La Tétralogie de Daniel Fano

Les dernières notes de lecture de Denis Billamboz pour les volumes III et IV de la tétralogie de Daniel Fano. Pour lire les 4 notes de lecture rendez-vous sur La Tétralogie  et cliquez en bas de la fiche sur le bouton Presse-Lit-on.

Du tirage de 48 ex numérotés, il reste les exemplaires N°34 à 48. Sont disponibles sur la boutique en ligne des éditions :  La Tétralogie. Envoi franco de port.

Daniel FANO : La Tétralogie (Les Carnets du Dessert de Lune éd., 2020), 4 volumes de 106, 120, 116 et 160 pages. Illustrations des couvertures de Graziella Federico. Avec un supplément de 24 pages en tirage limité de J.F. Octave , 60 euros l’ensemble sous coffret.

Une fin dans les violences absurdes

Tétralogie - Tome IV. Daniel Fano. 

Ce titre constitue le quatrième et donc dernier opus de la tétralogie que Daniel Fano voulait publier sous la forme d’un coffret, ses amis réunis autour de son éditeur, Les carnets du dessert de lune, ont réalisé ce vœu sous la forme d’un hommage posthume. Ce texte est, comme les trois précédents, une sorte de gigantesque puzzle où se mêlent tout ce qui constitue la culture populaire en allant du cinéma, à la chanson, en passant par la littérature, la mode, …, et tout ce qui agite le monde : les conflits armés ou politiques, les querelles géopolitiques, confessionnelles ou idéologiques, …. Et pour relier toutes les pièces de ce puzzle, Daniel Fano retrouve ses personnages fictifs récurrents : Monsieur Typhus, Double A, Rosetta Stone, Rita Remington, Inspecteur et Typhus, …, tous toujours aussi sadiques et cyniques, régleurs de comptes définitifs.

Dans ce dernier tome, il m’a semblé que Daniel s’approchait un peu plus de l’actualité, un peu plus des faits réels en en dévoilant même certains qui n’ont jamais été réellement médiatisés. Il explore le dessous des événements, des affaires, des faits divers ou même des grands conflits car il n’a aucune confiance dans les médias, notamment dans la télévision qu’il accuse de déformer l’information. « Je dis toujours que l’obscénité véritable a pour origine le traitement de l’information à la télévision…. La télévision fait tout ce qu’il faut pour empêcher le public de savoir que le Mal est incarné essentiellement par tous ceux qui essaient de nuire à la création artistique ».

Cet opus, c’est aussi la conclusion de la tétralogie, ce qu’il retire de tout le travail qu’il a effectué pour en écrire les quatre tomes. On sent qu’il voudrait convaincre ses lecteurs qu’on leur raconte souvent des bobards, qu’ils sont trop, beaucoup trop, crédules, qu’ils se laissent trop facilement enfumer. « Tous toujours prêts à se laisser convaincre de n’importe quoi par n’importe qui ». Ce n’est pas la réalité qui fait l’actualité, écrit l’histoire, dispense la gloire et la renommée. « Vrai ou faux ? / peu importe : ce qui compte, c’est la légende, ce qu’on racontera de lui quand il ne sera plus de ce monde ». Daniel nous ne t’avons pas oublié et nous écrirons ta légende avec les mots que tu nous as laissés.

Et Daniel, il était aussi un peu devin, il pensait peut-être déjà à notre actualités quand il écrivait : « La Peste allait bientôt combler son retard sur la Famine, la Guerre et la Mort ». Reste bienveillant en ton paradis des écrivains et veille sur notre sort bien incertain.

Ce tome c’est aussi la fin de son aventure dans cette tétralogie, il règle le sort de ses personnages fictifs pour qu’ils ne réapparaissent pas dans un autre texte, mais pas n’importe comment, quand il écrivait ces lignes, j’ai eu le sentiment qu’il pensait déjà à sa propre mort, à celle qu’il voudrait avoir le moment venu, hélas venu trop vite, une mort dans la dignité et l’acceptation. « Il voulait maintenant arriver à mourir de façon à ce que ce ne soit pas trop « déjà-vu », qu’il y ait de la fantaisie, une singularité.

Comme entrer dans la solitude, non pas en amateur, mais le masque souriant ». On dirait déjà un écrit testamentaire mais il l’a rédigé plus de dix ans avant sa propre mort.

La vie est un cheval mort vient après : - L’année de la dernière chance - Le privilège du fou - Sur les ruines de l’Europe. © Denis Billamboz http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/58326

 Tétralogie - tome III. Daniel Fano.

En commençant ce troisième opus de sa tétralogie, Daniel Fano pensait peut-être au célèbre poème de François Villon : « La ballade des pendus ». Je n’ai pas pu éluder cette éventualité en lisant cet extrait : « … il s’est arrêté sous la potence, et le bourreau lui a passé la corde au cou … Il s’est appelé Ribbentrop, Rosenberg, Jodl, Keitel, Kalten-brunner, Frick, Frank, Steicher, Sauckel, Seys-Inquart». Comment introduire plus judicieusement un texte qui s’intitule « Sur les ruines de l’Europe » qu’en rappelant le sort de ceux qui sont parmi les pires fripouilles, les premiers responsables, de l’indicible horreur qui a déchirée l’Europe, les pires horreurs jamais perpétrées au cours des siècles. C’est sur les ruines de cette Europe que Daniel Fano a construit son texte, en évoquant la bataille de Stalingrad, la destruction de Dresde et bien d’autres malheurs qui ont déchiqueté l’Europe et le monde pendant et après la guerre et même au début du nouveau millénaire.

Comme dans ces autres opus Daniel collectionne ces événements en les mêlant avec des fictions, films, romans, des faits divers plus ou moins mémorables, des catastrophes naturelles ou humanitaires plus ou moins dépendantes de la volonté et de la négligence des hommes, des événements politiques ou géopolitiques, tout de ce qui constitue et agite le monde et ses occupants. On rencontre aussi dans son texte, les héros qu’il balade d’un livre à l’autres, ses célèbres héros sadiques, cyniques et sanguinaires. Je ferais bien mienne cette citation que j’ai lu dans la présentation d’un autre ouvrage de Daniel Fano : « non content de passer les clichés du roman d’espionnage à la moulinette, l’auteur entraîne ses personnages vers leur devenir-machine, ils ne vont plus tarder à entrer dans la post-humanité ». Je partage volontiers cette interprétation même si, quelques mois avant sa mort, Daniel me confiait lors d’un échange de courriels qu’il ne se considérait pas comme un destructeur, il voulait simplement exposer, dénoncer, tous les travers véhiculés par les médias diffusant la culture populaire.

Sur fond des airs musicaux qui ont bercé notre jeunesse, même si pour la plupart d’entre eux ils n’étaient pas particulièrement adaptés à ce genre musical, il a écrit un texte qui sonne comme un vieux rock n’roll avec des mots qui swinguent, qui claquent, qui hurlent, qui chantent dans des phrases courtes, percutantes, vibrantes comme les vers des refrains de ces fameux tubes qui ont fait danser notre jeunesses sur un rythme haletant.

Dans ces textes très modernes, gavés de noms propres qui claquent comme des rafales de kalachnikov, pétaradent comme les moteurs des énormes tires américaines, Daniel Fano exprime son inquiétude devant le monde que nous croyons connaître, que nous croyons comprendre. Et pourtant, « Les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent : il y a un décalage entre ce qu’elles sont vraiment et comment elles sont perçues ».

Lisons attentivement le message de Daniel, dans les quatre tomes, il comporte certainement des éléments de réponse aux questions soulevées par les diverses crises que nous connaissons actuellement.

- L’année de la dernière chance - Le privilège du fou - Sur les ruines de l’Europe - La vie est un cheval mort. © Denis Billamboz http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/58126

mardi, 23 juin 2020

note de lecture à propos du 2e opus de la Tétralogie de Daniel Fano

Le privilège du fou 2020.jpegDaniel Fano Tétralogie. Couverture de Grazielle Federico.

Pour ce deuxième opus de sa tétralogie Daniel Fano évoque le privilège du fou, ou peut-être d’un fou ? Du fou de culture qu’il était, gavé de culture populaire, pas forcément celle qu’il recherchait mais celle qui envahissait son bureau, celle dont il devait rendre compte, celle qu’il nous suggère encore de considérer avec précaution. En lisant ce texte, j’ai l’impression de voir un paquet de revues, de journaux, de magazines, …, envahissant son bureau, j’ai l’impression aussi de pouvoir lire les titres de ces publications qui lui sautaient aux yeux. Des titres qu’il voyait peut-être plus qu’il ne les lisait, en écoutant la radio ou en visionnant des films pornos, d’horreurs, policiers ou autres encore. Des titres qu’il a recopiés sans ordre apparent, mêlant les informations douloureuses, comme celles concernant les enfants soldats au Liberia, et la présentation des films pornographiques ou au lancement d’un nouvelle voiture. Les voitures, il semble avoir un gros faible pour les belles américaines et les grosses allemandes au nom qui claque comme une liasse de dollars sur le coin d’un bureau.

Toutes ces informations mises bout à bout constituent comme un énorme patchwork : guerres, insurrections, émeutes, massacres, atrocités, catastrophes, sexe plus ou moins débridé, faits divers atroces ou réjouissants, films, romans, chansons, musique, mode, événements culturels, politiques, exploits et excentricités divers, …, représentant l’histoire de notre monde dans la deuxième moitié du XX° siècle. C’est mon histoire qui surgit bribe par bribe, image par image, générant une nostalgie jamais triste même si ces images évoquent des faits souvent bien cruels ou une réelle médiocrité culturelle. C’était le temps où Daniel moi étions jeune, il était lucide, j’étais plus insouciant, il savait beaucoup de choses que j’ignorais encore. En le lisant aujourd’hui, je mesure toute l’étendue de mon ignorance d’alors. « Ecrire un livre, n’est-ce pas faire l’inventaire de nos erreurs et de nos réussites ? » Je ne sais mais le lire c’est à coup sûr mesurer ses lacunes. Et les miennes s’avèrent bien grandes quand je lis tes ouvrages.

Toi qui a pendant de longues années commenté tout ce qui nourrit la culture populaire à travers le monde, tu t’es interrogé sur le rôle du lecteur : « Tu en as marre de ces théories sur le génie du lecteur qui surpasserait celui de l’écrivain ». J’espère que du haut du ciel des écrivains où tu sièges désormais en meilleure place que dans le monde où nous t’avons connu, tu m’accorderas ton indulgence pour la lecture que je fais et ferai encore, de tes œuvres qui m’enchantent toujours. Notamment cette tétralogie qui comporte aussi :

-          L’année de la dernière chance

-          Sur les ruines de l’Europe

-          La vie est un cheval mort

Les Carnets du Dessert de Lune

© Denis Billamboz in mes impressions de lecture blog

Pour en savoir plus sur la Tétralogie c'est LA

mercredi, 17 juin 2020

Le violon pisse derechef sur son powète

Le violon pisse sur son powète.jpgUne note de lecture pour "Le violon pisse derechef sur son powète"

Pour en savoir plus sur ce livre, cliquez ICI.

Le titre explicite une distance prise avec le sérieux dans lequel se présente trop souvent la poésie. Le livre présente un ensemble de brefs paragraphes : pataphysiques un peu, humoristiques beaucoup, absurdes jamais, nonsensiques souvent. Le recueil est tombé de la tour d’ivoire et de la boue des sons ; le gravier des lettres a bâti des mots architecturant des aphorismes. Un aphorisme est une phrase orpheline, mais rassemblez-les dans un recueil et ils invitent le lecteur à trouver, entre les paragraphes plutôt qu’entre les lignes, la poésie.

C’est que réunis, les aphorismes voient leur binarité constitutive s’émousser. Leur autonomie, celle-là même qui constitue la puissance de l’aphorisme se dilue quelque peu, surtout qu’ici, ils se suivent comme des strophes d’un long poème de discontinuités. Si le fil directeur d’un raisonnement jamais ne se forme, l’épaisseur d’une tonalité se mue en attitude d’engagement dans le monde. Le danger pour le poète est de briser les limites de l’instant, or l’aphorisme fait mouche dans l’instant. Mais la suite d’aphorismes ne convoque-t-elle pas une durée ? Les contradictions autour desquelles sont structurés les aphorismes s’interpellent, se font échos, parfois se perdent dans le nonsensique. Une conséquence de cette primauté de la durée, de la suite et de l’à suivre, c’est que Le violon pisse derechef sur son powète n’agit pas sur le référent, sur le monde mais interpelle l’univers même de la poésie, les représentations verbales, le langage comme univers. N’est-ce pas une altération du genre, dans le sens où altérer c’est faire autre ?

© Philippe Geneste in Lisezjeunesse

lundi, 15 juin 2020

Vies patinées lu par Philippe Geneste

Une note de lecture sur le blog de Lisezjeunesse.

Martin Jean-Claude, Vies patinées, illustrations de Claudine Goux, préface de Hervé Bougel, Bruxelles, Les Carnets du Dessert de Lune, 2019, 91 p. 14€

 

Constats d’espace

Vivre, c’est interroger le réel que nous impose notre compréhension du territoire de notre vie. L’humain n’est peut-être pas le suzerain d’un lieu de vie qu’il croit sien. C’est plutôt un errant, un passager, celui qui passe ; c’est surtout un être de rencontre qui prend de l’autre et des autres le témoin qu’il porte pour tracer sa propre course.

Tous les portraits de personnes ou d’animaux dessinés par Claudine Goux comportent des chemins de traits, des circulations de motifs, des imbrications de contraires, des mosaïques de parcours,

Vies patinées, est donc le recueil des vies réelles brusquées ou non par l’existence, et manipulées par elle sans ménagement, parfois jusqu’au désespoir qui façonne le paysage intérieur :

« Pousser les jours devant soi, comme détritus au caniveau ».

Et c’est aussi l’illusion des vies lisses, isolées les unes des autres condamnées alors à ne jamais rien arborer que l’étendard des standards des moralisateurs du réussir sa vie. C’est que dans une société de la tyrannie des apparences, la vie est vitrine, alors que le poète plonge dans les ressorts du vivre, pour suivre une autre spatialisation, une autre représentation des choses et des êtres.

Contacts temporels

Si la vie est espace, elle est aussi du temps, mais point tant celui qui élargit ses frontières au fil augmenté de l’âge, que le temps de l’instant. L’être humain porte son futur et son passé dans l’instant. Le poète en appelle aux mots, aux discours, bref au langage -celui intérieur où nous jouons nos représentations et celui extérieur qui investit le dialogue-, comme ce par quoi l’humain donne vie à sa vie « à tout instant et en un instant » 1  : « Le sensible du sentir ne saurait aboutir au sens qu’à la faveur d’un monde de signes, qui ouvre chaque individu (…) au champ d’altérité »2 .

C’est donc à travers l’espace de sa langue que l’humain habite le monde. Le dessin de Claudine Goux page 22 explicite le signe comme port et transport de la personne. C’est dans la langue, sur « la plage de temps » 3 que chacun s’initie au temps, que se façonne l’Histoire et que chacun tisse la sienne. La poésie permet d’entrer dans cette suspension qui peut engendrer le suspens de la vie. Mais il y faut haute patience. Il y faut œuvrer à contre-courant de l’ère de la vitesse qui fracasse le rapport humain au temps. Car l’homme contemporain vit tout urgemment, courant après le temps, luttant, évidemment déceptivement, contre lui.

Du coup, l’espace de l’instant se refusant à lui, l’humain se trouve emporté par le temps qui vient, n’ayant plus que l’accumulation des souvenirs et conséquemment, l’affaiblissement de l’espoir. La hantise des morts signale la brisure de l’instant et le débordement du trop-plein des souvenirs.

S’en référer à une promesse commune

Le verbe en liberté de Jean-Claude Martin s’affranchit des sujets et se nourrit de la vie personnelle et de la société où le poète se meut. Le cheminement alors prévaut sur la destination ou plutôt, il la pré-figure en écartant la prévision qui fige et réifie. La vie est dans ce qui se passe, se patine en saisissant ce qui se dit dans ce qui passe. Elle est pour le sujet une promesse participative, elle est une recherche de convenance entre le réel et le subjectif, elle est l’approfondissement têtu de l’intimité garante de l’extension amplifiée de l’espace extérieur offert à la personne : se trouver au monde, c’est se trouver soi-même :

« en refermant l’armoire, tu te prends à penser que toi aussi on ne t’a peut-être jamais ouvert »

et

« ces livres auxquels tu n’as pas donné vie, est-ce toi-même que tu n’as pas lu ? »

Accepter de quérir la suspension s’est s’opposer à la course mortifère au temps dans laquelle se délecte notre contemporanéité, c’est se réapproprier les saisons, les événements naturels, les surprises, les instants … ce qui n’est pas sans rappeler le Rimbaud des Derniers vers qui écrivait en mai 1872 :

« Elle est retrouvée.

Quoi ? L’éternité

C’est la mer allée

Avec le soleil »

Parce que l’instant est passage ; parce que l’intériorité y rencontre l’extériorité, parce que le symbole appelle le symbolisé : « Quelle vitre nous protège du ciel ? ». L’enjeu serait donc de se réapproprier l’instant. Or la vie contemporaine le fétichise, le prive de sa dynamique propre, de ce mouvement qui le constitue, le traverse, où ce qui vient et ce qui fuit se nouent pour réaliser ce qui est. Dans l’instant réifié, tout est donné à voir ; or, nous dit le recueil Vies patinées, c’est là une « Illusion de survie ». En effet,

« Le jour s’en va, la nuit s’en vient » ;

cet énoncé prouve que ce qu’on croit voir est ce qui est donné à concevoir. Comment opérer cette réappropriation de l’instant ? La poésie est une voie qui offre à prendre un univers verbal immédiat. La poésie est faite de mots disait Mallarmé avec Valéry, donc de la sensation qui émane de leur lecture, de leurs agencements sur la page, entre les pages, de ce qui se soulève aussi d’entre les mots.

En brisant le fétichisme individualiste de l’instant, en permettant au mouvement qui le constitue de s’accomplir, l’humain se trouve traversé par le cosmos qui le constitue, d’où il vient, dont il s’extrait en tant que personne :

« Bientôt la tempête fut si forte que je crus devenir le vent, le sable, l’océan. Tout. Rien du tout… »

Alors, la personne cesse d’occuper son temps, cesse de passer du temps, elle l’accueille. Elle ne cherche pas à remplir son temps. Elle ne cherche donc pas l’air du temps, mais elle laisse le temps venir à elle, elle le fait sien, le configure, pour mieux elle-même se conjuguer avec les autres. Et c’est pourquoi ce qu’on a voulu faire ne s’atteint jamais, mais s’approche, ce pourquoi le poète est dans l’approche

« De quoi est-il mort ? D’un rêve généralisé ».

© Philippe Geneste, juin 2020

 

[1] Jacob, André, « Du Cogito à l’instant du loquor », Degrés, n°143-144, automne-hiver 2010, o-1/o-19, p.o-8

2 Jacob, André, « Du Cogito à l’instant du loquor », Degrés, n°143-144, automne-hiver 2010, o-1/o-19, p.o-6

3 p- 21

mardi, 09 juin 2020

Diacritik pour Vers Valparaiso de Perrine Le Querrec

Vers Valparaiso.jpgDans le magazine Diacritik, voici une note de lecture signée Kathy Jurado à propos de Vers Valparaiso de Perrine Le Querrec, édité en février 2020 aux Carnets du Dessert de Lune.

Pour lire l'article complet qui parle aussi de deux autres livres édités à La Contre-Allées et aux Inaperçus rendez-vous sur Diacritik 

Prendre l’autre à bras le corps, prendre la langue à bras le corps, c’est aussi le programme du magnifique Vers Valparaiso, paru aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune. On y trouve tous les aspects d’une quête : celle de la seule langue possible et désirable, la langue de vérité de la poésie. Celle dont le lecteur ne peut se détourner, qui lui fait parfois monter une houle de larmes ou de nausée, ou bien lui fait éclater le cœur d’une joie sans pareille. Mais loin d’être un simple art poétique, Vers Valparaiso est une défense et illustration, en acte, de la puissance de cette poésie-chair. Entrer dans ce livre, c’est entrer dans un corps, une langue organique saisissante qui s’impose comme un espace de sidération pour le lecteur.

D’abord parce que Perrine Le Querrec situe l’écriture dans le corps, origine le texte dans le corps comme son habitation première, et vit l’acte d’écrire comme geste qui engage ce corps tout entier – comme Jeannot gravant son plancher, comme Bacon, peignant et recherchant une parole qui s’adresse aux nerfs, procure des sensations physiques, délivre la seule vérité : la nudité de l’être, « la vérité d’abattoir » (Bacon le cannibale).

Elle autopsie son sujet, et la langue poétique qu’elle forge constitue l’instrument de vivisection le plus efficace. Le recueil explore aussi ce qu’est l’expérience d’écrire dans sa totalité et sa matérialité — le rapport à l’espace de la page, à la typographie, aux images qui surgissent, aux outils et au corps, aux « mots si chair », à la dislocation et la recomposition de la syntaxe et du lexique. C’est une bataille que raconte Perrine Le Querrec : faire contre et avec le doute, faire contre et avec la langue banale, contre et avec le réel quotidien qui requiert sans cesse, contre et avec les assauts de la sauvagerie d’écrire, qui absente parfois l’autrice, la déconnecte du réel et peut la rendre incapable de vivre avec les autres. Un « langage agité, jamais au repos » : comme dans le court métrage de Joris Ivens sur Valparaiso qui a inspiré le livre, on suit les circulations de l’autrice dans la langue, ses ascensions et ses descentes comme en un escalier infini. Pas d’histoire à raconter autre que celle de l’écriture comme seul espace, seule temporalité : « Les jours en désordre ton écriture sans défense déplie son plan ». Le titre l’annonçait : on est toujours en chemin, dans la poésie, on est vers elle, on rêve la rive comme les marins espéraient Valparaiso après une traversée tumultueuse.

Écriture du désastre, du carnage, de « l’horrible silence du réel », de la terreur viscérale qui remonte des profondeurs de l’enfance, écriture de l’inconscient, de la destruction et de la construction, les textes de Vers Valparaiso ne cherchent pas la pose esthétique mais une langue qui libère la pensée et engage totalement : un « langagement ». Perrine Le Querrec refonde une langue animale, organique, brailleuse, où les mots se mettent à grouiller, à galoper comme des « chevaux de neige ». Elle n’élude pas le chaos, le « langage monstrueux viande à découper » :elle mange sa propre langue et la redécouvre dans l’espace du poème : « Je flirte avec le charabia ». Elle sait qu’elle est bien loin de la légèreté d’une poésie facile qui correspond davantage au goût des lecteurs consommateurs, ces poèmes « tupperware » dont « tu ne risques pas de te blesser en soulevant le couvercle ». Elle s’attaque, elle, « aux rainures du monde », à ce qui demeure hors « des routes, des routines ». Elle fait crépiter le langage, comme une salve.

Dans ce travail, le corps entier est emporté, fébrile, en tension, se creusant comme une caisse de résonance au souffle qui s’impose sans esquive possible, à « cette cohue de mots à la lisière de ma peau ». C’est sans doute le motif de la peau qui est l’insigne de Vers Valparaiso, la peau comme lieu de rencontre entre le monde, le moi et la langue : « si j’écrivais ce livre sur de la peau, ils verraient les mots ». Les figures dont elle s’empare coagulent ainsi dans l’écriture, passent de « la chair au papier », dans un acte de connaissance intime des êtres : « Je taxidermise les vies ».

Cette quête du poème est servie par un complet brouillage énonciatif : Perrine Le Querrec écrit indifféremment je, elle, tu, nous. Quant à l’autrice, elle demeure protégée par l’écriture, elle survit à l’abri et en équilibre grâce à l’écriture ; le vrai je reste inaccessible à la violence du monde, derrière la muraille protectrice des mots, dans le travestissement des tu, des elles, des nous, des moi multiples, différents selon les jours : il fallait ne pas choisir, les laisser tous s’exprimer dans ce recueil choral répondant à la question « Qui ? écrit mais quel geste mais quelle main mais quel cri quelle femme ? » En réalité, Perrine Le Querrec s’écrit aussi, comme on se scarifie : les mots dans la chair, toujours. Au final, on ne sort pas indemne de cette écriture palpitante comme un cœur à vif. Violente et lumineuse, incroyablement libre, cette voix de femme dévoile la poésie telle qu’on la cherche : dangereuse et nécessaire.

© Cathy Jurado, juin 2020

 

  

 

lundi, 08 juin 2020

A propos du premier volume de la Tétralogie de Daniel Fano

Bonjour,

En surfant sur le lien ci-dessous

https://www.dessertdelune.be/agrave-la-lune/a-propos-du-p...

vous pouvez lire une note de lecture à propos de L'année de la dernière chance, premier volume de la Tétralogie de Daniel Fano.

Bonne semaine à toutes et tous.

Jean-Louis