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lundi, 20 août 2018

Une note de lecture pour "Et aussi les arbres"

Et aussi les arbres.jpgUne note de lecture pour Et aussi les arbres d'Isabelle Bonat-Luciani
 second recueil publié aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune.

Pour en savoir plus sur ce recueil, lire un extrait, d'autres articles de presse, pour l'acquérir rendez-vous sur Et aussi les arbres

"Entre deux scènes de bistrot qu’elle tient, observant avec acuité la clientèle, une jeune femme rameute quelques souvenirs âpres d’un passé proche, de plus loin encore lorsqu’enfant, jeune ado elle connut la sensualité, l’amour. Fut-ce un amour interdit ? Le lecteur suit ces longs poèmes qui s’infiltrent dans une conscience sans cesse alertée, où le moindre fait, entre rêve et réalité, prend assise : la mémoire donne des tableaux assez crus, naturalistes, d’une famille, avec un père absent, revenu de la guerre, qui n’honore plus l’épouse pour cause, avec un jeune Arnaud fou de Robert Smith et des Cure, avec cette femme qui n’a pu oublier tous les moments passés avec cet Arnaud, victime par ailleurs d’un beau-père incestueux : du moins le poème l’affiche comme sûr, et même la mère de fiction le savait.

Dans une atmosphère qui rappelle – et ce n’est pas le moindre mérite de l’auteur – celle que « Blesse ronce noire » de Claude Louis-Combet avait peinte, avec ses amours fous et interdits, le livre énonce sans cesse la lisière de ce qui peut être dit, ou enfoui, secret, pathologique, au sein d’une famille.

L’écriture, en longs thrènes rageurs et rebelles, donne à sentir une émotion que le temps a conservée intacte : les mots ou les scènes d’amour, de gestes sont là, à portée de mots, sans une once de travestissement sentimental.

Une réussite, qui vaut aussi pour l’exploration, peu traitée, des corps qui se débattent, des âmes qui se souviennent, des sensations brutes de délaissement, d’effroi. La mort de la mère est en elle-même un tombeau de tous les départs.

Violence, amour en « marge », « mots agglutinés dans la chair », « nous habitions des ruines » - ce château symbolique du refuge de la jeune femme - : « les mots se déploient comme le font les oiseaux » sont bien l’expression d’une ferveur anéantie, qu’il faille retrouver comme l’écho perdu, et le poème, et le livre en sont les cristaux de la déperdition.

Un beau livre. © Philippe Leuckx in Texture, août 2018

Et aussi les arbres – Isabelle Bonat-Luciani
Genre : Poésie. AvantPropos : Manuel Plaza. Collection Pleine Lune.
Format 14 cm x 20 cm. 76 pages imprimées sur papier bouffant 90 gr et Conqueror Vergé 250 gr. ISBN 9782930607702. 13 €.

vendredi, 27 juillet 2018

Une note de lecture pour "Et aussi les arbres"

Cette belle note de lecture signée Patrick Devaux à propos du deuxième recueil d'Isabelle Bonat-Luciani "Et aussi les arbres" paru récemment aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune.

(Isabelle Bonat-Luciani sera en dédicace ce samedi 28 juillet, à partir de 15h sur le stand des Dessert de Lune, aux Voix Vives de la Méditerranée, à Sète et ce vendredi 27 juillet c'est Saïd Mohamed qui lira des extraits de ses propres recueils à partir de 18h, place du Pouffre, toujours à Sète.)

"Tous les sens de l’auteur sont en éveil à écouter, entendre, distinguer, ressentir à fleur de souvenir jusqu’au trouble qui mêle le haut et le bas, la cime et la racine de l’être, la sève de vivre : « Le ciel a débarrassé le plancher. Il est dans ma tête. Au fin fond. Toujours ça revient ». Les mots sont « tagués » les uns aux autres « pour tenir loin des désordres. Pour tenir loin des solitudes ».

Souvenir d’un premier amour ? Certes. Mais sans « Il était une fois » parce que l’évènement tourne en boucle.

Avec un ton faussement anodin, des choses importantes sont dites, toujours avec cette façon un peu explicative, voire professorale : « Parfois elle lui disait que pour aimer il valait mieux ne jamais rien savoir ».

Avec retours sur l’adolescence, l’image des parents, de la mère plus particulièrement, du corps qui se modifie, la vie en évolution parle à travers le temps qui se souvient de façon obsessionnelle : « Les gens marchent mais c’est dans ton image qui fissure le sol » ou encore : « Lorsque j’approche de ton absence, il y a ce toi bien trop immobile pour regarder ».

L’intrigue persévère ainsi entre châteaux en Espagne à venir construits si possible sur un seul château de sable du passé, semblant doubler le récit sans qu’elle ne se dévoile facilement.

Le secret évolue avec la progression du récit. Mieux que l’intrigue elle-même, on vit une sorte de mystère existentiel, douloureux, profond. Peut-être s’agit-il d’ailleurs du processus même de l’adolescence à appréhender avec ses espoirs et ses dangers.

Même Dieu passe dans ce joyeux désordre. Le langage de l’auteur est boulimique, carnassier, Isabelle ne laissant rien passer jusqu’à ce qu’on comprenne le tragique dénouement : « Je me souviens de ta tempe abritant un trou mais que je n’avais pas su regarder. Alors je chante les chants que tu m’as laissés » .

Le rêve et le cauchemar procèdent de la même origine. Cette manière d’écrire fait, à mon sens, partie d’un mouvement qu’on pourrait qualifier de « sensitif », quelque chose du balbutiement de nos recherches popularisées de la profondeur d’être, une sorte de psychanalyse vulgarisée à la compréhension de tous, exprimée comme : « Je ne sais pas ce qui remue dans mon corps prend ou donne. C’est bruyant et sourd faisant naître des chemins jusqu’à ma tête ».

Jean-Louis Massot, éditeur et auteur lui-même, initie ses choix de manière à révéler, in fine, un quasi mouvement créatif global qui ressemblerait à sa recherche personnelle profonde. Choisir des auteurs et des textes procède également de l’acte créatif. Et c’est fort le cas pour « Et aussi les arbres », le titre du livre intriguant lui-même jusqu’aux racines neurologiques d’une écrivaine qui pense ce qu’elle écrit avec une conviction vitale et essentielle."

© Patrick Devaux, juillet 2018

mardi, 24 juillet 2018

Où l'on en parle

Datés du jour de ponte.jpgOù l'on parle d'un livre qui a pris le temps de se faire mais qui, finalement, est paru en 2016 :
"Datés du jour de ponte" de Bernard Bretonnière. Illustré par Jeanne Frère et préfacé par Jean-Pierre Verheggen, c'est aux Carnets du Dessert de Lune dans la collection Pleine Lune et c'est toujours disponible.

Pour lire l'article c'est sur le site de Mobilis, par ICI.

lundi, 25 juin 2018

Où l'on a parlé de "Et aussi les arbres"

Et aussi les arbres.jpgInterviewée par Marie-Pierre Soriano, Isabelle Bonat-Luciani était, il y a quelques jours, l'invitée de Rock'n Pages pour parler de son second recueil "Et aussi les arbres" qui vient de paraître aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune, avec un avant-propos de Manuel Plaza.
Pour écouter ou réécouter l'émission, c'est par LA.
Pour découvrir ou redécouvrir le recueil, c'est par ICI.

mardi, 19 juin 2018

Une note de lecture pour "Trente cette mère -maintenant -"

Trente cette mère - maintenant - .jpgSi vous souhaitez lire la première note de lecture signée Denis Billamboz à propos de ce nouveau recueil de Marcella & Pépée, je vous invite à vous rendre sur la page d'accueil du site en cliquant ICI.

Bonne visite.

JL Massot

 

dimanche, 17 juin 2018

Où l'on parle de "Poisson dans l'eau"

poisson dans l'eau.jpgAlbane Gellé & Séverine Bérard - Poisson dans l'eau. Les Carnets du Dessert de Lune. Mai 2018. Collection jeunesse Lalunestla
ISBN 9782930607825. 10 €
 
Marguerite est une petite fille qui sait ce qu’elle veut, elle a ses petits caprices, elle ne porte pas n’importe quoi, ne se coiffe pas n’importe comment, ne confie son élégance à quiconque. Elle fait du sport même dans le salon. Elle est vive, tonique et décidée mais elle se pose des questions importantes : la petite souris existe-t-elle ? Pourquoi les fakirs mettent la tête sur des clous ? Elle est aussi très occupée, elle joue sans prendre soin de la toilette qu’elle a minutieusement choisie. Elle ne mange pas tout ce qu’on lui propose, elle n’aime pas tout. Marguerite est une petite fille qui dévore la vie, elle est heureuse comme un poisson dans l’eau, elle vit à cent à l’heure et le soir elle dort bien même s’il faut scrupuleusement respecter le cérémonial du coucher pour qu’elle s’endorme pleine d’amour pour maman.
C’est un très joli petit texte qu’Albane Gellé a écrit pour habiller les dessins en noir et blanc avec beaucoup de rouge quand même, un rouge bordeaux, ça confère une certaine élégance au livret, que Séverine Bérard a réalisé pour Marguerite. A travers le récit d’une journée de Marguerite, c’est un message d’amour, un gros câlin, que maman Albane destine à sa petite fille adorée. Un récit que chaque maman, chaque mamie, et même les papas et les papis, peuvent lire à leur bout de chou adoré, les garçons aimeront autant que les filles, et tous réclameront qu’on leur lise et relise cette histoire d’une petite fille adorable. Je n’ose pas croire que maman a écrit ce texte pour dépeindre la petite fille qu’elle rêve d’avoir, pour que la sienne rêve de devenir comme Marguerite. Non, toutes les petites filles sont adorables et comme les petits garçons, elles aiment les belles histoires. Mais attention si vous ne veillez pas au grain cette histoire pourrait bien venir allonger un peu plus le cérémonial du coucher.
Et pourquoi ne pas donner ce texte à votre chère petite tête blonde quand elle commencera à lire pour qu’elle sache comment elle était quand elle plus petite encore, ça pourrait lui donner le goût de la belle écriture ?
© Denis Billamboz, juin 2018 in http://mesimpressionsdelecture.unblog.fr/
 
Pour découvrir ce livre, lire des extraits, l'acquérir c'est ICI  (l'envoi est franco de port) mais vous pouvez aussi le demander chez votre libraire.

samedi, 16 juin 2018

Le "Visions of Basquiat" par Yves Budin

Ce samedi 16 juin on parle du Basquiat d'Yves Budin dans Le Carnet et les instants.
yves budinYves Budin - Visions of Basquiat - Les Carnets du Dessert de Lune. Collection Pièces Montées. 2018. 
​Jean-Louis Massot a assurément le sens de la pertinence éditoriale. Après avoir accompagnéYves Budin dans ses aventures graphiques consacrées à Miles Davis, à Jack Kerouac et à David Bowie, voilà que les deux hommes franchissent, dans un volume saisissant, un nouveau pas. Les Carnets du Dessert de lune s’ouvrent cette fois à Jean-Michel Basquiat, cet artiste d’origine haïtienne dont les gestes fulgurants ont traversé New York pendant quelques années: il a couvert les murs de Manhattan de graffitis, il a collaboré avec Andy Warhol, avec Keith Haring et avec Francesco Clemente puis s’est mis à exposer plusieurs centaines de tableaux dans différentes galeries…
C’est entre la fin des années 1970, avec les gestes graphiques dans les rues, et les années 1980 avec son entrée fracassante dans le milieu de l’art contemporain qu’Yves Budin saisit Basquiat, dans une ville ruinée, violente et déchirée. Il y plonge avec lui, le suit dans les rues, entre dans son atelier, est à côté de lui quand il peint, et l’écoute…
Entre la mise en page de la bande dessinée et l’explosion graphique de Basquiat, il dessine et peint sa vie; il ne donne là ni une analyse ni une restitution, il ramène des traces à la surface de la page, dans un noir et blanc somptueux qui rappelle les maîtres Hugo Pratt et Alberto Breccia et quelques explosions de couleurs aussi impressionnantes que celles que provoque le peintre avec ses marqueurs et ses acryliques.
Tout au long, il fait courir une parole suspendue, faite de bouts de phrases, de citations, d’énumérations :
J’assure
Je sature
Je suture
Je rature
Je hachure
Je fulgure
Surtout, il nous met face à Basquiat qui nous regarde. On ne peut lui échapper : « Regardez-moi, maintenant… »
Et ces visions nous laissent K.O. Un coup de poing dans le cœur !
© Thibault Carion
Pour lire l'article sur le site du Carnet et les Instants et voir un reportage sur Yves Budin c'est ICI . 
Yves Budin expose ses nouvelles créations à l'espace 7, place Vieille Montagne à Liège jusqu'au 29 juin.
Infos : Espace Sept 

vendredi, 15 juin 2018

Où l'on parle de Et aussi les arbres

Et aussi les arbres.jpgSi vous n'avez pas eu l'occasion de l'acquérir à la Comédie du livre à Bordeaux ou plus récemment au marché de la poésie de St-Sulpice, vous pouvez toujours vous rattraper en allant remplir votre panier sur le site des éditions C'est Là ou le demander à votre libraire.

Pour en lire les premières critiques C'est ici.

 

samedi, 05 mai 2018

"Visions of Basquiat" par Yves Budin

A la minute 16, Yves Budin parle de "Visions of Basquiat" dans l'émission Entrez sans frapper de Jérôme Colin.

Pour écouter c'est sur Entrez sans frapper.

Pour découvrir ou redécouvrir ce livre (et d'autres) c'est sur : Visions

Ou dans les bonnes librairies ou ce week-end au festival du livre de Charleroi où le stand des éditions Les Carnets du Dessert de Lune est tenu par Pascal Blondiau en personne.

mardi, 17 avril 2018

"Les Continents". Hervé Bougel

Les Continents.jpgUn article de presse à propos du nouveau recueil d'Hervé Bougel paru dans la collection Pleine Lune des éditions Les Carnets du Dessert de Lune, c'est à lire sur https://www.dessertdelune.be/agrave-la-lune/un-article-po...

On peut le commander sur la boutique en ligne des éditions (rubriques Livres - Nouveautés) ou chez l'auteur (avec une dédicace) ou en librairie.

Un article de presse pour

Bad Writer.jpgUn article de presse à propos du nouveau recueil de Jean Marc Flahaut "Bad Writer", paru dans la collection Pleine Lune des éditions Les Carnets du Dessert de Lune, c'est à lire sur

https://www.dessertdelune.be/agrave-la-lune/un-article-po...

On peut le commander sur la boutique en ligne des éditions (rubriques Livres - Nouveautés) ou chez l'auteur (avec une dédicace) ou en librairie.

 

Un article de presse pour

Les samedis sont au marché.jpgUn article de presse à propos du nouveau recueil de Thierry Radière et Virginie Dolle paru dans la collection Pleine Lune des éditions Les Carnets du Dessert de Lune, c'est à lire sur

https://www.dessertdelune.be/agrave-la-lune/une-note-de-l...

On peut le commander sur la boutique en ligne des éditions (rubriques Livres - Nouveautés) ou chez l'auteur (avec une dédicace) ou en librairie.

 

jeudi, 18 janvier 2018

Roger Lahu

Petit traité du noir.jpgSur https://www.dessertdelune.be/agrave-la-lune/le-nouveau-re...

une note de lecture signée Cécile Guivarch pour le deuxième recueil de Roger Lahu aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune

"Petit traité du noir sans motocyclette (sauf une in extremis)".

mercredi, 17 janvier 2018

Deux notes de lecture pour Faute de preuves

Faute de preuves.jpgDeux notes de lecture pour "Faute de preuves" de Serge Prioul et Marie-Christine Thomas-Herbiet (préface de Jacques Josse), c'est à lire sur

https://www.dessertdelune.be/agrave-la-lune/deux-notes-de...

 

09:31 Publié dans Presse lit-on | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : serge prioul

dimanche, 17 décembre 2017

Une note de lecture pour "Faute de preuves"

Faute de preuves.jpgElle est signée Philippe Leuckx dans la revue Texture.

Quoiqu’il puisse dire, après un deuxième livre de poèmes, « J’ai faim de pain plus que de poème », on sent chez Serge Prioul (né en 1955) une réelle « Ferveur/…premier mot du grand livre d’existence ». La vie, l’ordinaire, la vraie, celle qui a coûté efforts et mutation, celle-là a généré chez notre auteur une soif de rencontres, un appétit et une gourmandise des choses belles que le hasard peut mettre sur la route : les jambes des femmes, le silence de l’écritoire en plein café de Rennes, l’observatoire qu’est toute bonne terrasse pour scruter le monde qui va son chemin… Comme chez Lacoche (lui, dans le genre romanesque et le beau « Chemin des fugues »), il y a ici une convivialité souhaitée et qui suscite chez le lecteur une empathie profonde pour tout ce qui est marqué du sceau de l’observation tendre et/ou amère du monde. Garder traces, laisser dans le carnet des jours les reliefs de l’existence (surtout celle des autres) : « Il faut nommer les choses / Pour ne pas qu’elles se perdent / De tristesse / Faute de preuves » (p.30)

Le titre suffit à nous le faire comprendre : s’il n’existe plus de preuves que nous avons vécu ce jour, cette heure, cette bière, cette rencontre fortuite, qu’il y ait au moins le poème pour consigner l’irréparable de nos vies : « Un homme vide sa bière / Puis fond en larmes » (p.32)

La misère humaine, ce moteur du poème de Prioul, est analysée, démontée, mise en évidence, parce qu’elle choque, condamne : aux « vieux qui se brûlent encore le cœur », aux jeunes « aisés » ou beaucoup moins, le poète adresse sa petite part de bonheur ordinaire, au moins servir à dire d’eux le plus juste d’un regard. Et en matière de regard, on en tient ici un vrai, apte à saisir « la poussière dans une traîne », la honte ressentie lors d’un refus, le « coureur des bois » qu’il fut, la « place » qu’il a longtemps cherchée (comme le père d’Ernaux dans le livre éponyme), la rue, si miséreuse ou si accueillante (selon le jour, selon les bonheurs et heurts de la vie)… Et parfois, dans la mire de ce bon poète, si attentif à l’autre, « c’est l’heure entre ciel et vitrine », lorsque la foule « sentimentale » ou non parcourt la cité, s’éparpille, sans savoir sans doute qu’un œil acéré consigne sur des carnets de bar l’extension possible de leur vie courte ou mal rangée. © Philippe Leuckx in Texture http://revue-texture.fr/lectures-de-philippe-leuckx-2017....

 

mardi, 12 décembre 2017

3 notes de lecture pour 3 Dessert de Lune

Ces trois notes de lecture pour 3 parutions en 2017 que vous pouvez découvrir ou redécouvrir en allant surfer ICI. N'oubliez pas si vous désirez les acquérir d'utiliser le code promo MOINS17 qui vous donnera droit à 17% de remise. 

Daniel De Bruycker et Maximilien Dauber, EXODEEditions Les Carnets du Dessert de Lune, 2017, collection Dessert à l’italienne, 80p. 16€. Poèmes et photographies composent ce beau livre, entièrement consacré à l’errance et au désert. Les quarante-huit neuvains et les seize photographies tentent de donner de ce thème des migrations difficiles, des nomades une vision qui ne soit pas clichée mais au plus près des réalités d’aujourd’hui. Quelques photos expressément saturées (dans les bleus, les orange), d’autres plus sobres (celles des pages 24 et 36 carrément sublimes sur ces chameliers et fonds de montagnes) déroulent la thématique dense que le poète De Bruycker insuffle à ces vers :

« On s’habitue à tout –

même à courir

les pieds plantés en un mirage » (p.65)

ou

« Des paroles bruissaient

dont nous ne savions pas la langue

seul l’accent nous était familier » (p.63)

La fatigue « escorte » ou « un fil d’espoir » : c’est le là-bas montré, suscité, espéré, et la chute est peut-être au bout du chemin tant tout est « ardu » et les « frontières » inatteignables! La force du poème, rythmé par les photographies qui arrêtent des images, des moments, tient à la tranquille écriture classique qui les anime, entre imparfait, conditionnel de l’improbable et présent épuisant. Le carnet de voyage a des échos lancinants : il illustre une réalité qui déborde, images, réalités touchées des doigts par deux artistes nomades en esprit, en chair. © Philippe Leuckx.

Christophe BREGAINT, Encore une nuit sans rêve. Editions Les Carnets du Dessert de Lune, 2016, collection Pleine Lune, 98p. 13€. En hauts poèmes verticaux, aux vers très courts, Brégaint raconte comment un être se déglingue, perd ses repères, se fissure jusqu’à trouver sa tombe. Métaphore puissante du destin de chacun, certes, mais détresse quotidienne aussi de nombre de vagabonds lâchés par la vie, rejetés vers les berges, par mépris, sans aucun regard de compassion, déchus littéralement. Bregaint ne passe rien sous silence de ces destins au bord des rues, de ces naufrages abandonnés.

Tu t’accoutumes

Au mépris

De ces regards qui s’en remettent

Au vide

« Tu donnes ta misère/ En pâture » : et pourtant il résiste, cet homme, en dépit de tout, en dépit du jour à recommencer, malgré « cette inertie/ violente ».

Seule

La rue

Ce symbole d’une cassure

Te semble solide

Le titre du livre, pour être glacial, traduit bien la condition « infirme » d’êtres déjetés, laissés à leur péril. Autour de ces êtres, la débâcle, les mirages, les expédients immondes, une vie d’infortune majeure. Sur ce thème de l’exclusion du champ des possibles, un livre magistral. © Philippe Leuckx in Bleu d’encre

Cécile GUIVARCH, Sans Abuelo Petite, Editions Les Carnets du Dessert de Lune, 2017, Collection Pleine Lune 78p. 12€. Sur le thème des origines (espagnoles), de la famille au sens strict (père, mère, grands-parents), Cécile Guivarch, depuis 2006, propose une quinzaine d’ouvrages sensibles, personnels. « Vous êtes mes aïeux », « Renée, en elle », déjà, remuaient au meilleur sens poétique, toutes ces matières dont nous sommes redevables, ce terreau de langue et de fibres, dont nous serons porteurs à jamais. Aussi, le nouvel opus « Sans Abuelo Petite » ancre encore plus profond le repérage des traces en soi des proches, que la présence et/ou l’absence, que l’exil, que les frontières ont inscrites irrémédiablement. Petite, c’est Cécile, neuf ans, qui apprend que l’abuelo (grand-père en espagnol – avo en galicien) qu’elle a n’est pas le vrai, que le vrai a quitté femme et Espagne pour Cuba. La poète consigne ainsi, autour de la figure absente, toute une recherche où « chacun cherche des signes », de son passage, de son passé, de ses origines. Le temps – distendu – de neuf à aujourd’hui – quarante, prélève au passé nombre de « révélateurs » : la langue (« l’autre langue, dit-elle, est la plus ancienne. Elle remue dans les veines depuis longtemps avant la naissance ») ; la frontière (qu’il faut passer, « montagne qui nous monte sur la langue ») ; la mère (« les mères/ ont leurs enfants/ au fond du cœur »)… Le secret, longuement gardé, s’est un jour révélé : alors, l’enfant a pensé très fort à l’île de l’exil, à ses charmes, à ce que l’abuelo parti, exilé a pu connaître, et que sa plume ne peut qu’imaginer. Entre deux chaises, entre deux pays, « quel monde porter en soi/ quand tout est dépaysé » ? Aussi, il importe de conserver intactes toutes les traces qui « font courir les racines » et instillent en cette poésie une force d’authenticité, sauvegardée encore par la sobriété des formes et la transparence d’images d’enfance. Un très beau livre. D’intime mémoire. Qui parle à toutes et tous. © Philippe Leuckx in Phoenix

samedi, 09 décembre 2017

2 lectures pour 2 nouveautés 2017

Deux lectures pour 2 parutions en 2017 aux Carnets du Dessert de Lune

Les samedis sont au marché.jpgUne réaction d'une lectrice, Carole Rivoire, à la lecture de « Les samedis sont au marché » de Thierry Radière et Virginie Dolle paru récemment aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune et préfacé par Denis Montebello.

« Moi qui courais après le temps, je me suis retrouvée flottant dans ses multiples dimensions, tant cette balade au marché explose à tout instant les lois du lieu, du temps et de l’espace. Que c’est bon de retrouver une certaine forme de légèreté. Cette déambulation a permis une sorte de réconciliation avec le temps, duquel je me suis sentie en l’espace d’une lecture, délivrée et non plus prisonnière. Les marchés sont-ils l’occasion de visiter, voire de concilier le passé, le présent et le futur ? Je ne sais pas, mais c’est l’effet que cela m’a fait d’être plongée dans cet univers indéfini, sans limites, parfois irrationnel, et toujours plein de poésie. Et puis, cette question que je retrouve en filigrane au fil des pages : qu’est-ce que c’est d’être vivant, de vivre ? « Qu’elle vive enfin » dis-tu ! Qu’en est-il de l’humanité de l’homme-statue… et ces laitues dont les coeurs crissent, le fromage blanc, les mots, ces trouvailles qui « ...forment des corps vivants une fois assemblées », jusqu’à ces aubergines dont la question se pose de savoir si elles se sont un jour ennuyées ? Qu’est-ce qu’être vivant ? : « Le fleuriste - avec ses tulipes - me donne envie d’arrêter de mourir », mais tout aussi « le printemps, la saison des accouplements ». Merci pour cet hymne à l’intemporel, à l’éternité et à la vie ! Et bravo à Virginie Dolle pour avoir si justement prolongé et donné "vie" à tes mots, la vie que j’ai ressentie si fort tout au long de cette échappée. © Carole Rivoire.

Pour acquérir ce livre rendez-vous sur www.dessertdelune.be rubrique Livres puis Nouveautés (n'oubliez pas d'ajouter le code promo MOINS17 avant de valider votre commande). On peut aussi le demander à son libraire.

Bad Writer.

Bad Writer.jpgJean Marc Flahaut nous donne à lire 22 textes. Choisissant la langue anglaise pour certains titres (dont celui du livre) il semble se former une identité d’outre-atlantique, celle d’un écrivain qui doute, de lui d’abord. L’auteur serait-il mauvais écrivain ? Les textes, en tous cas, qui composent ce livre sont directs, décalés parfois, d’un désabusement qui, je crois, est plus une feinte de corps qu’une réalité existentielle, sauvé par un humour (légèrement britannique) que sert une langue proche et familière. Un livre qui nous rappelle, en tous cas, que les poètes qui prennent la grosse tête ont tort, et que l’écriture - tout particulièrement de poésie - est davantage un chemin d’humilité qu’un sentier de la gloire. © Alain Boudet in http://latoiledelun.fr/spip.php?article760&lang=fr

Pour acquérir ce livre, et d’autres, c’est sur le site des éditions https://www.dessertdelune.be/store/c405/nouveautés.html. (N'oubliez pas d'utiliser le code promo MOINS17 avant de valider votre commande. On peut aussi demander ce livre chez son libraire.

vendredi, 10 novembre 2017

Où l'on parle d'une autre nouveauté

"Les samedis sont au marché" de Thierry Radière et Virginie Dolle.

C'est à lire sur CritiquesLibres, article signé Denis Billamboz.

mercredi, 08 novembre 2017

3 notes de lecture pour 3 Dessert de Lune

C'est à lire sur le blog de Florent Toniello :

http://accrocstich.es/category/Notes-de-lecture

Pour acquérir ces livres c'est sur www.dessertdelune.be ou les demander à votre libraire.

desserts_m.jpg

mardi, 07 novembre 2017

Un article pour "Les samedis sont au marché"

Les samedis sont au marché.jpgC'est paru dans Ouest France du 4 novembre :

Dans ce recueil de poésie en prose, Les samedis sont au marché, Thierry Radière, professeur d'anglais et auteur, explore le thème du marché à Fontenay, les samedis, au travers de ses apologues. Des petits textes où anecdotes et personnages vont être prétextes à un vagabondage primesautier, d'une pensée à l'autre, d'une question à une deuxième, puis une troisième...

On y discerne la magie de l'enfance parfois, le plaisir de l'échange au coin de l'étal souvent, et la jouissance du moment présent presque toujours : « Les fèves à la croque de sel, comme ça, sans les cuire, j'ai du mal à me les représenter... Peut-être y a-t-il un lien entre l'histoire de mes goûts et celle de mon existence ? » Des regards nostalgiques à croquer comme des fruits frais. Virginie Dolle, Nantaise, a fait les dessins. Elle a illustré, il y a deux ans, un hors-série Ouest-France sur le quartier commercial de Bouffay, à Nantes. © Ouest France 4/11/2017.

Thierry Radière sera à la librairie Arcadie, à Luçon, le 18 novembre, et au salon du Langon, le 19 novembre pour vous dédicacer ce recueil.