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jeudi, 13 décembre 2018

Les Radis bleus vus par Jacmo dans Texture

Bonjour,

Pour lire une nouvelle note de lecture signée Jacques Morin à propos des Radis bleus de Pierre Autin-Grenier, surfez sur : Note de lecture 

Les radis bleus .jpg

 

samedi, 08 décembre 2018

Un peu de poésie avec "La quincaille des jours"

La quincaille des jours.jpgPour lire un article à propos de "La quincaille des jours" de Francesco Pittau,

rendez-vous sur https://www.dessertdelune.be/agrave-la-lune/un-peu-de-poe...

mercredi, 21 novembre 2018

Les Radis bleus (article dans Le Matricule des Anges)

pierre autin-grenier,georges rubel,martine laval,ronan barrot,caroline gérardPrince sans rire de la forme brève, selon les jours, quelques phrases par-ci, par-là un grand maximum de deux pages (faut tout de même pas exagérer), Pierre Autin-Grenier, dit PAG, nous revient d'outre-tombe avec ses Radis bleus, une sorte de journal, publié par bouts dans des revues, puis au Dé bleu en 1991, édition aujourd'hui augmentée de onze inédits aux Carnets du dessert de lune – toute une aventure.
Lire et relire cette prose douce-amère, mix de pensées noires ou délicates voire farfelues, enrobées tantôt d'humour tantôt de détresse, c'est faire provision d'intelligence, si, si ; c'est honorer un rendez-vous avec ce phrasé qui fait tilt, sonne clair et à fond ; c'est comme retrouver un vieil ami, un peu perdu, un peu lointain, et avec qui la conversation comme par magie reprend de plus belle, à l'instant, sans anicroches, sans faux-semblants. L'éplucheur de mots pose ses valises de regrets, se met en vitrine et ne fait que nous renvoyer à nous-mêmes, à notre triste condition humaine, nos traumas de jeunesse et nos échecs à trouver une place dans le grand cataclysme d'aujourd'hui.
Indécrottable décrocheur de lune qu'il fut, ou plutôt qu'il est tant il est toujours présent, PAG va comme un cabri, saute le calendrier d'un jour à l'autre, d'un saint Robert à une sainte Marguerite en passant par une FêtNat, s'entiche d'un rien, se raille de tout, la vie, la mort, l'abandon. Il apostrophe l'écriture, cette vacharde (« le temps qu'il faut pour faire une phrase ! »), s'attendrit sur des cailles rôties, les jambes des femmes, un pot de rouge, la promesse d'un printemps. le grand paresseux devant l'éternité (qu'il juge inutile) se plaît à ne rien faire, lui seul sait contempler les heures passer « à reculons ». le passionne « simplement, comme ça » le temps qui passe : PAG ambitionne le néant puisqu'il ne fut désiré de personne. Toujours, il se la joue goguenard, use et abuse de l'élégance de la dérision. S'il cède à quelques aveux, ce n'est pas pour rigoler : « J'écris comme je peux ; je vis comme si je pouvais. » le Lyonnais chaloupe et nous fait chavirer d'un bord à l'autre de sa tempête, du sarcasme au chagrin, de la bouffonnerie la plus potache à l'amertume la plus cinglante. Dans sa caboche de poète brinquebalent des « choses effroyables », celles de jadis quand il était môme : « Je songe au merveilleux cimetière que fut mon enfance » ; ou encore, effet couperet garanti, il se revoit
« marmonnant des prières secrètes dans l'innocente fraîcheur des églises pour hâter l'agonie de ma mère ». de la vilenie d'être né, PAG, meurtrier candide, fait ses choux gras. Incurable exilé de sa propre existence, le futur auteur de Je ne suis pas un héros et Toute une vie bien ratée s'enferme « à double tour dans l'écriture » et lâche : « Il reste toujours quelque part le sentiment d'une terrible méprise. La douleur d'être né ne passe pas. » Au mieux de son désespoir, il rêve de communisme libertaire :
« Un peu à l'esbroufe bien sûr, mais sait-on jamais ? »
© Martine Laval in LE MATRICULE DES ANGES N°198 NOVEMBRE-DECEMBRE 2018
Les Radis bleus, de Pierre Autin-Grenier, Les Carnets du Dessert de Lune, 280 pages, 20 €

mercredi, 14 novembre 2018

3 articles de presse pour 1 Dessert de Lune

3 articles de presse pour "Dans l'odeur des livres et le parfum du papier d'Arménie." 

Voir ce livre, cliquez ICI

Jean-Pierre Canon - Serge Meurant - Frédérique Bianchi. Photographies Daniel Locus. Genre : Entretiens. Avant-Propos Serge Meurant. Collection Pousse-Café. Format 14 x 20 cm. 50 pages imprimées sur papier Bouffant et PrintSpeed. Editions Les Carnets du Dessert de Lune. 2018. ISBN 9782930607948. 6 €

Serge Meurant, poète, et Frédérique Bianchi se sont entretenus avec ce libraire-bouquiniste vraiment pas comme les autres, à l’expérience quasi mythique. N’a-t-il pas correspondu avec Henry Poulaille, préfacé Neel Doff, conservé dans ses caves nombre de correspondances d’écrivains, reçu poètes et romanciers à son enseigne, Pirotte, Dhôtel… ? Le petit volume de 48 pages, au-delà des photos (e.a.d’André Dhôtel), est édité dans une très belle typographie (American Typewriter) qui donne à la lecture ce surcroît d’intérêt et d’esthétique. On plonge dans ces entretiens comme on fouille dans les caisses de livres à la quête du volume rare, ou précieux, ou introuvable ailleurs. L’Agasse, du wallon, est une pie et, l’auteur ne le précise pas, aussi un morceau de terrain agricole mal hersé (laisser des agasses). La boutique, chère à Perec, la boutique d’envol des mots, la boutique pourvoyeuse de merveilles (de Twain à Pirotte, en passant par la littérature prolétarienne – fer de lance de la bouquinerie, qui en est à sa quatrième adresse bruxelloise) recèle des trésors. Le livret le rappelle, avec une dose de fraîcheur, d’histoire littéraire et de convivialité. Car notre libraire est un hôte évident. © Philippe Leuckx in https://lesbellesphrases264473161.wordpress.com/

Testament d'un libraire Jean-Pierre Canon libraire bouquiniste à Bruxelles pendant plus de quarante ans est décédé en janvier dernier, ses amis auteurs, lecteurs, libraires, éditeurs, … tous amoureux des livres l’ont accompagné lors de son dernier séjour à l’hôpital où il leur a fait cadeau du bilan d’une vie passée au milieu des livres. C’est un véritable testament littéraire qu’il a livré à Serge Meurant et Frédérique Bianchi qui le publient dans cet opuscule avec des photographies de Daniel Locus. « Il nous fit don à travers nos conversations d’un héritage précieux, d’une parole vive, celle d’un résistant. Il nous raconta, au fil des jours, l’histoire de ses librairies, sa passion pour les livres, ses rencontres, ses amitiés ». Jean-Pierre Canon raconte comment il a commencé dans le métier avec un maigre stock de livres avancés par un ami, comment il s’est développé sur des niches où il y avait peu de concurrence, notamment la littérature prolétarienne dont il est devenu un des plus grands spécialistes et le propriétaire d’un fonds d’une grande richesse. Mais ce qui ressort surtout de cet entretien c’est sa passion pour les livres et pour ceux qui les écrivent. Il a reçu de nombreux auteurs pour des séances de signature ou simplement pour des visites amicales. J’ai ainsi retrouvé dans cet ouvrage de nombreux auteurs dont j’ai eu le plaisir et la chance de lire au moins un bout de texte. Je ne m’aventurerai pas à essayer d’en faire la liste, c’est un véritable survol de ma vie de lecteur que j’ai effectué en lisant ces quelques pages. J’ai retrouvé André Dhôtel que j’ai découvert adolescent et Christine van Acker dont j’ai lu un roman il y a quelques années seulement, toute une vie de lecture qui défile dans les propos de Canon. Mais ce qui m’a le plus ému dans cet entretien, au-delà de l’échange, au-delà du témoignage, au-delà de la passion des livres et même au-delà de la complicité qui semble lier les protagonistes de cet entretien, c’est la grande amitié qui les réunit autour d’une même passion. Des vieux amis discourant autour d’une pile de livres et de leurs verres de bière mais le poète le dit beaucoup mieux que moi dans ces quelques vers placés en exergue de cet entretien :

« Face à face, sans parler, / Nulle parole, un sentiment immense, / Le sac de livres est ouvert sur le lit, / La pluie tape sur le prunier en face du store ». Ryokan

Tant qu’il restera des libraires et des bouquinistes comme Jean-Pierre Canon capables de transmettre leur passion avec un tel enthousiasme, le livre aura encore de beaux jours devant lui même si certains lecteurs, comme moi, n’osent pas entrer dans l’antre du bouquiniste de crainte d’acheter trop de livres. L’odeur des vieux livres peut-être une addiction fatale pour le passionné de lecture. © Denis Billamboz in https://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/54584

Parler d’un ancien libraire c’est réveiller de vieux souvenirs… De beaux poèmes… Des textes jaunis par la lumière… Dans le coin, près du bureau, le libraire somnolant, comme endormi, tel un  sous-marin en expédition. Parce qu’il n’y a pas d’ouverture. « Dormir parmi les livres, et rêver d’un jour ensoleillé ». Errer dans la librairie de La Borgne Agasse c’était croiser Bosco devisant avec Giono. Errer dans les rues de la ville à la recherche des anciennes adresses,… Rue Saint-Jean d’abord, puis à Ixelles rue de l’Athénée, rue de la Tulipe, enfin rue Anoul. La Borgne Agasse : c’était un repaire de livres, un repaire d’amis, à l’écart des modes, qui respirait l’amour vrai de la littérature, la liberté d’esprit, le goût des chemins de traverse, l’art de vivre en marge. Quelque quarante pages suffisent à redonner vie à la mémoire, à l’envie d’ouvrir enfin le livre oublié. Le livre d’entretiens avec Jean-Pierre Canon libraire de La Borgne Agasse par Serge Meurant et Frédérique Bianchi s’y prête… sous la lumière des photos et illustrations qui l’illuminent. © Willy Lefevre, https://lesplaisirsdemarcpage.wordpress.com/

mercredi, 31 octobre 2018

Un article de presse pour "La quincaille des jours"

La quincaille des jours.jpgDans l'odeur des livres et le parfum du papier d'Arménie. Jean-Pierre Canon - Serge Meurant - Frédérique Bianchi. Photographies Daniel Locus. Genre : Entretiens. Avant-Propos Serge Meurant. Collection Pousse-Café. Format 14 x 20 cm. 50 pages imprimées sur papier Bouffant et PrintSpeed. Editions Les Carnets du Dessert de Lune. 2018. ISBN 9782930607948. 6 €

Serge Meurant, poète, et Frédérique Bianchi se sont entretenus avec ce libraire-bouquiniste vraiment pas comme les autres, à l’expérience quasi mythique. N’a-t-il pas correspondu avec Henry Poulaille, préfacé Neel Doff, conservé dans ses caves nombre de correspondances d’écrivains, reçu poètes et romanciers à son enseigne, Pirotte, Dhôtel… ? Le petit volume de 48 pages, au-delà des photos (e.a.d’André Dhôtel), est édité dans une très belle typographie (American Typewriter) qui donne à la lecture ce surcroît d’intérêt et d’esthétique. On plonge dans ces entretiens comme on fouille dans les caisses de livres à la quête du volume rare, ou précieux, ou introuvable ailleurs. L’Agasse, du wallon, est une pie et, l’auteur ne le précise pas, aussi un morceau de terrain agricole mal hersé (laisser des agasses). La boutique, chère à Perec, la boutique d’envol des mots, la boutique pourvoyeuse de merveilles (de Twain à Pirotte, en passant par la littérature prolétarienne – fer de lance de la bouquinerie, qui en est à sa quatrième adresse bruxelloise) recèle des trésors. Le livret le rappelle, avec une dose de fraîcheur, d’histoire littéraire et de convivialité. Car notre libraire est un hôte évident. © Philippe Leuckx in Les Belles Phrases

 

samedi, 06 octobre 2018

Un article pour "Les samedis sont au marché"

Les samedis sont au marché.jpgThierry Radière, Les samedis sont au marché, Illustrations de Virginie Dolle, éditions Les Carnets du Dessert de Lune, 2017, 12 euros.

Malgré son format et le petit nombre de ses textes, Les samedis sont au marché est un livre qui ne manque pas de grandeur. Ce recueil en prose fourmille de ces « petits rien » qui forment la trame quotidienne de nos existences. Ils sont importants parce qu’ils expriment des atmosphères particulières et mélangent des époques différentes de la vie. L’âge adulte renvoie à des souvenirs d’enfance, à des odeurs précises, à des images qui prennent les contours du temps qui passe, tout en donnant l’impression qu’il ne passe pas. Oui, ces textes brefs nous font voyager vers un au-delà toujours recommencé. Les marchés ne sont pas seulement des étals de fruits et légumes, de poissons étalés sur leur lit de glace, de charcuteries appétissantes, mais des fragments d’une réalité qui nous touche, nous émeut, nous distrait, dans le bon sens du terme. Un marché, c’est un monde en soi, avec ses codes, sa foule plus ou moins bruyante, ses éclats de voix, ses couleurs chamarrées, voire même parfois sa musique d’accordéon. Et par de légères et subtiles touches de sensations et de lumières diverses, l’auteur nous entraîne dans ses rêveries. Car la poésie est toujours présente. L’écriture est concise, dansante, amicale. Elle nous prend par la main et nous acceptons qu’elle nous conduise vers des territoires partagés. Thierry Radière aime les gens qu’il rencontre dans les marchés, et il nous les fait aimer par la justesse de ses mots. Un recueil qui ouvre en grand toutes les portes des souvenirs que l’on croyait définitivement oubliés et qui ressurgissent à l’improviste, au gré des déambulations que nous menons à petits pas contre les certitudes et la folie des grandeurs.

© François Teysssandier in Poésie première N°71. Pour en savoir plus sur ce recueil -, cliquez ICI 

mercredi, 26 septembre 2018

Une note de lecture pour "Et aussi les arbres"

Bonjour,
 
De retour de quelques jours d'absence, plaisir à vous communiquer cette note de lecture.
Ce recueil est disponible sur le site des éditions :https://www.dessertdelune.be/store/c405/Nouveaut%C3%A9s.h... ou dans les bonnes librairies.
 
Cordialement
JL Massot
www.dessertdelune.be


Et aussi les arbres.jpgEt aussi les arbres – Isabelle Bonat-Luciani
Genre : Poésie. Avant‐Propos : Manuel Plaza.Collection Pleine Lune.
Format 14 cm x 20 cm. 76 pages imprimées sur papier bouffant 90 gr et Conqueror Vergé 250 gr. ISBN 9782930607702. 13 €.
Il y a bien des façons de chanter un baiser, à la manière d’Alain Souchon ou bien en écoutant la petite musique intime nichée dans la poésie d’Isabelle Bonat-Luciani. « Nos bouches étaient cousues / mais là où le cœur chavire. J’ai encore sa langue dans ma bouche. À chaque fois. Il était une fois. Les histoires commencent ainsi.
En prenant pour fil conducteur un morceau de pop rock qui donne son titre au livre, l’auteure dévide un écheveau crânien d’abord sagement coiffé, puis de plus en plus échevelé au fur et à mesure que les souvenirs remontent à la surface, d’abord douceâtres, puis abrupts, pour devenir aussi  sales qu’une casserole laissée trop longtemps dans l’évier.
Comme dans une chanson des « Cure », les mots sont des instruments. Ils jouent à perdre haleine et entraînent le lecteur dans un pas de deux à vocation rédemptrice, sinon salvatrice.
Du seul baiser donné à Arnaud par la narratrice, surgissent de sa lampe d’Aladin, soixante pages d’une intensité rare de nos jours, toutes en pudeurs contenues où l’érotisme naît de l’impromptu, à tel point qu’un mot aussi banal que « cul » paraît cru et presque obscène quand il claque au coin d’une page.
Chez Isabelle Bonat-Luciani, le baiser tient lieu de madeleine. Elle ne le plonge pas dans une tasse de thé au risque de l’effriter et qu’il se dissolve, mais l’éparpille en petits morceaux dans un recueil écrit plume battant la chamade.
 L’auteure fait aussi sienne la stratégie du Petit Poucet. Les petits cailloux qu’elle sème au fil du livre sont autant d’indices pour trouver le chemin d’une vérité enfouie dans les déconvenues et l’érosion du temps qui passe. « Nous habitions des ruines / où le chagrin transformait la mort en sommeil / pour que les sexes ressuscitent / et se taisent / et tombent / détruisent / et nous brisent / dès le premier baiser. »
Dans le maelstrom des grandes découvertes de l’adolescence, beautés fragiles et pincements au cœur se répondent, s’enlacent, s’étreignent. Mais ni l’un ni l’autre ne se muent en non lieu lorsque des années plus tard, adulte solitaire à la terrasse d’un café, la narratrice accouche le non dit d’un secret de famille, pourtant de polichinelle.  « Toute ma peau y pense. Toute ma peau frémit et la page tremble / tant elle te présume / dans le geste de ma main / où naissent les rivages / et les ravages affleurent. » Car le cadavre adoré, jamais vraiment enterré, et donc jamais vraiment déterré, est un révélateur. Il a le don de transcender une vie, de lui tenir lieu de guide.
 Avec Et aussi les arbres, IBL relate l’apprentissage amer des faiblesses du genre humain. Elle les raconte avec autant d’indulgence que de désenchantement. Le sensible féminin s’égratigne au rocailleux d’un cursus social formaté par l’homme dominant. Il s’y blesse, en souffre, se déconfit en sourdine, mais trouve in fine au fond de son être la force nécessaire pour exulter dans un long mantra /chanson d’amour, même si quelque chose de la grâce s’est perdu dans l’aventure. « « J’ai deux corps / l’un qui prend / l’autre qui retient / l’un qui déchire / l’autre qui recoud / et dans mes mains / un exil irrévocable. »

© Jean Azarel in http://www.autourdesauteurs.fr/2018/09/03/et-aussi-les-arbres-disabelle-bonat-luciani-une-chronique-de-jean-azarel

lundi, 20 août 2018

Une note de lecture pour "Et aussi les arbres"

Et aussi les arbres.jpgUne note de lecture pour Et aussi les arbres d'Isabelle Bonat-Luciani
 second recueil publié aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune.

Pour en savoir plus sur ce recueil, lire un extrait, d'autres articles de presse, pour l'acquérir rendez-vous sur Et aussi les arbres

"Entre deux scènes de bistrot qu’elle tient, observant avec acuité la clientèle, une jeune femme rameute quelques souvenirs âpres d’un passé proche, de plus loin encore lorsqu’enfant, jeune ado elle connut la sensualité, l’amour. Fut-ce un amour interdit ? Le lecteur suit ces longs poèmes qui s’infiltrent dans une conscience sans cesse alertée, où le moindre fait, entre rêve et réalité, prend assise : la mémoire donne des tableaux assez crus, naturalistes, d’une famille, avec un père absent, revenu de la guerre, qui n’honore plus l’épouse pour cause, avec un jeune Arnaud fou de Robert Smith et des Cure, avec cette femme qui n’a pu oublier tous les moments passés avec cet Arnaud, victime par ailleurs d’un beau-père incestueux : du moins le poème l’affiche comme sûr, et même la mère de fiction le savait.

Dans une atmosphère qui rappelle – et ce n’est pas le moindre mérite de l’auteur – celle que « Blesse ronce noire » de Claude Louis-Combet avait peinte, avec ses amours fous et interdits, le livre énonce sans cesse la lisière de ce qui peut être dit, ou enfoui, secret, pathologique, au sein d’une famille.

L’écriture, en longs thrènes rageurs et rebelles, donne à sentir une émotion que le temps a conservée intacte : les mots ou les scènes d’amour, de gestes sont là, à portée de mots, sans une once de travestissement sentimental.

Une réussite, qui vaut aussi pour l’exploration, peu traitée, des corps qui se débattent, des âmes qui se souviennent, des sensations brutes de délaissement, d’effroi. La mort de la mère est en elle-même un tombeau de tous les départs.

Violence, amour en « marge », « mots agglutinés dans la chair », « nous habitions des ruines » - ce château symbolique du refuge de la jeune femme - : « les mots se déploient comme le font les oiseaux » sont bien l’expression d’une ferveur anéantie, qu’il faille retrouver comme l’écho perdu, et le poème, et le livre en sont les cristaux de la déperdition.

Un beau livre. © Philippe Leuckx in Texture, août 2018

Et aussi les arbres – Isabelle Bonat-Luciani
Genre : Poésie. AvantPropos : Manuel Plaza. Collection Pleine Lune.
Format 14 cm x 20 cm. 76 pages imprimées sur papier bouffant 90 gr et Conqueror Vergé 250 gr. ISBN 9782930607702. 13 €.

vendredi, 27 juillet 2018

Une note de lecture pour "Et aussi les arbres"

Cette belle note de lecture signée Patrick Devaux à propos du deuxième recueil d'Isabelle Bonat-Luciani "Et aussi les arbres" paru récemment aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune.

(Isabelle Bonat-Luciani sera en dédicace ce samedi 28 juillet, à partir de 15h sur le stand des Dessert de Lune, aux Voix Vives de la Méditerranée, à Sète et ce vendredi 27 juillet c'est Saïd Mohamed qui lira des extraits de ses propres recueils à partir de 18h, place du Pouffre, toujours à Sète.)

"Tous les sens de l’auteur sont en éveil à écouter, entendre, distinguer, ressentir à fleur de souvenir jusqu’au trouble qui mêle le haut et le bas, la cime et la racine de l’être, la sève de vivre : « Le ciel a débarrassé le plancher. Il est dans ma tête. Au fin fond. Toujours ça revient ». Les mots sont « tagués » les uns aux autres « pour tenir loin des désordres. Pour tenir loin des solitudes ».

Souvenir d’un premier amour ? Certes. Mais sans « Il était une fois » parce que l’évènement tourne en boucle.

Avec un ton faussement anodin, des choses importantes sont dites, toujours avec cette façon un peu explicative, voire professorale : « Parfois elle lui disait que pour aimer il valait mieux ne jamais rien savoir ».

Avec retours sur l’adolescence, l’image des parents, de la mère plus particulièrement, du corps qui se modifie, la vie en évolution parle à travers le temps qui se souvient de façon obsessionnelle : « Les gens marchent mais c’est dans ton image qui fissure le sol » ou encore : « Lorsque j’approche de ton absence, il y a ce toi bien trop immobile pour regarder ».

L’intrigue persévère ainsi entre châteaux en Espagne à venir construits si possible sur un seul château de sable du passé, semblant doubler le récit sans qu’elle ne se dévoile facilement.

Le secret évolue avec la progression du récit. Mieux que l’intrigue elle-même, on vit une sorte de mystère existentiel, douloureux, profond. Peut-être s’agit-il d’ailleurs du processus même de l’adolescence à appréhender avec ses espoirs et ses dangers.

Même Dieu passe dans ce joyeux désordre. Le langage de l’auteur est boulimique, carnassier, Isabelle ne laissant rien passer jusqu’à ce qu’on comprenne le tragique dénouement : « Je me souviens de ta tempe abritant un trou mais que je n’avais pas su regarder. Alors je chante les chants que tu m’as laissés » .

Le rêve et le cauchemar procèdent de la même origine. Cette manière d’écrire fait, à mon sens, partie d’un mouvement qu’on pourrait qualifier de « sensitif », quelque chose du balbutiement de nos recherches popularisées de la profondeur d’être, une sorte de psychanalyse vulgarisée à la compréhension de tous, exprimée comme : « Je ne sais pas ce qui remue dans mon corps prend ou donne. C’est bruyant et sourd faisant naître des chemins jusqu’à ma tête ».

Jean-Louis Massot, éditeur et auteur lui-même, initie ses choix de manière à révéler, in fine, un quasi mouvement créatif global qui ressemblerait à sa recherche personnelle profonde. Choisir des auteurs et des textes procède également de l’acte créatif. Et c’est fort le cas pour « Et aussi les arbres », le titre du livre intriguant lui-même jusqu’aux racines neurologiques d’une écrivaine qui pense ce qu’elle écrit avec une conviction vitale et essentielle."

© Patrick Devaux, juillet 2018

mardi, 24 juillet 2018

Où l'on en parle

Datés du jour de ponte.jpgOù l'on parle d'un livre qui a pris le temps de se faire mais qui, finalement, est paru en 2016 :
"Datés du jour de ponte" de Bernard Bretonnière. Illustré par Jeanne Frère et préfacé par Jean-Pierre Verheggen, c'est aux Carnets du Dessert de Lune dans la collection Pleine Lune et c'est toujours disponible.

Pour lire l'article c'est sur le site de Mobilis, par ICI.

lundi, 25 juin 2018

Où l'on a parlé de "Et aussi les arbres"

Et aussi les arbres.jpgInterviewée par Marie-Pierre Soriano, Isabelle Bonat-Luciani était, il y a quelques jours, l'invitée de Rock'n Pages pour parler de son second recueil "Et aussi les arbres" qui vient de paraître aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune, avec un avant-propos de Manuel Plaza.
Pour écouter ou réécouter l'émission, c'est par LA.
Pour découvrir ou redécouvrir le recueil, c'est par ICI.

mardi, 19 juin 2018

Une note de lecture pour "Trente cette mère -maintenant -"

Trente cette mère - maintenant - .jpgSi vous souhaitez lire la première note de lecture signée Denis Billamboz à propos de ce nouveau recueil de Marcella & Pépée, je vous invite à vous rendre sur la page d'accueil du site en cliquant ICI.

Bonne visite.

JL Massot

 

dimanche, 17 juin 2018

Où l'on parle de "Poisson dans l'eau"

poisson dans l'eau.jpgAlbane Gellé & Séverine Bérard - Poisson dans l'eau. Les Carnets du Dessert de Lune. Mai 2018. Collection jeunesse Lalunestla
ISBN 9782930607825. 10 €
 
Marguerite est une petite fille qui sait ce qu’elle veut, elle a ses petits caprices, elle ne porte pas n’importe quoi, ne se coiffe pas n’importe comment, ne confie son élégance à quiconque. Elle fait du sport même dans le salon. Elle est vive, tonique et décidée mais elle se pose des questions importantes : la petite souris existe-t-elle ? Pourquoi les fakirs mettent la tête sur des clous ? Elle est aussi très occupée, elle joue sans prendre soin de la toilette qu’elle a minutieusement choisie. Elle ne mange pas tout ce qu’on lui propose, elle n’aime pas tout. Marguerite est une petite fille qui dévore la vie, elle est heureuse comme un poisson dans l’eau, elle vit à cent à l’heure et le soir elle dort bien même s’il faut scrupuleusement respecter le cérémonial du coucher pour qu’elle s’endorme pleine d’amour pour maman.
C’est un très joli petit texte qu’Albane Gellé a écrit pour habiller les dessins en noir et blanc avec beaucoup de rouge quand même, un rouge bordeaux, ça confère une certaine élégance au livret, que Séverine Bérard a réalisé pour Marguerite. A travers le récit d’une journée de Marguerite, c’est un message d’amour, un gros câlin, que maman Albane destine à sa petite fille adorée. Un récit que chaque maman, chaque mamie, et même les papas et les papis, peuvent lire à leur bout de chou adoré, les garçons aimeront autant que les filles, et tous réclameront qu’on leur lise et relise cette histoire d’une petite fille adorable. Je n’ose pas croire que maman a écrit ce texte pour dépeindre la petite fille qu’elle rêve d’avoir, pour que la sienne rêve de devenir comme Marguerite. Non, toutes les petites filles sont adorables et comme les petits garçons, elles aiment les belles histoires. Mais attention si vous ne veillez pas au grain cette histoire pourrait bien venir allonger un peu plus le cérémonial du coucher.
Et pourquoi ne pas donner ce texte à votre chère petite tête blonde quand elle commencera à lire pour qu’elle sache comment elle était quand elle plus petite encore, ça pourrait lui donner le goût de la belle écriture ?
© Denis Billamboz, juin 2018 in http://mesimpressionsdelecture.unblog.fr/
 
Pour découvrir ce livre, lire des extraits, l'acquérir c'est ICI  (l'envoi est franco de port) mais vous pouvez aussi le demander chez votre libraire.

samedi, 16 juin 2018

Le "Visions of Basquiat" par Yves Budin

Ce samedi 16 juin on parle du Basquiat d'Yves Budin dans Le Carnet et les instants.
yves budinYves Budin - Visions of Basquiat - Les Carnets du Dessert de Lune. Collection Pièces Montées. 2018. 
​Jean-Louis Massot a assurément le sens de la pertinence éditoriale. Après avoir accompagnéYves Budin dans ses aventures graphiques consacrées à Miles Davis, à Jack Kerouac et à David Bowie, voilà que les deux hommes franchissent, dans un volume saisissant, un nouveau pas. Les Carnets du Dessert de lune s’ouvrent cette fois à Jean-Michel Basquiat, cet artiste d’origine haïtienne dont les gestes fulgurants ont traversé New York pendant quelques années: il a couvert les murs de Manhattan de graffitis, il a collaboré avec Andy Warhol, avec Keith Haring et avec Francesco Clemente puis s’est mis à exposer plusieurs centaines de tableaux dans différentes galeries…
C’est entre la fin des années 1970, avec les gestes graphiques dans les rues, et les années 1980 avec son entrée fracassante dans le milieu de l’art contemporain qu’Yves Budin saisit Basquiat, dans une ville ruinée, violente et déchirée. Il y plonge avec lui, le suit dans les rues, entre dans son atelier, est à côté de lui quand il peint, et l’écoute…
Entre la mise en page de la bande dessinée et l’explosion graphique de Basquiat, il dessine et peint sa vie; il ne donne là ni une analyse ni une restitution, il ramène des traces à la surface de la page, dans un noir et blanc somptueux qui rappelle les maîtres Hugo Pratt et Alberto Breccia et quelques explosions de couleurs aussi impressionnantes que celles que provoque le peintre avec ses marqueurs et ses acryliques.
Tout au long, il fait courir une parole suspendue, faite de bouts de phrases, de citations, d’énumérations :
J’assure
Je sature
Je suture
Je rature
Je hachure
Je fulgure
Surtout, il nous met face à Basquiat qui nous regarde. On ne peut lui échapper : « Regardez-moi, maintenant… »
Et ces visions nous laissent K.O. Un coup de poing dans le cœur !
© Thibault Carion
Pour lire l'article sur le site du Carnet et les Instants et voir un reportage sur Yves Budin c'est ICI . 
Yves Budin expose ses nouvelles créations à l'espace 7, place Vieille Montagne à Liège jusqu'au 29 juin.
Infos : Espace Sept 

vendredi, 15 juin 2018

Où l'on parle de Et aussi les arbres

Et aussi les arbres.jpgSi vous n'avez pas eu l'occasion de l'acquérir à la Comédie du livre à Bordeaux ou plus récemment au marché de la poésie de St-Sulpice, vous pouvez toujours vous rattraper en allant remplir votre panier sur le site des éditions C'est Là ou le demander à votre libraire.

Pour en lire les premières critiques C'est ici.

 

samedi, 05 mai 2018

"Visions of Basquiat" par Yves Budin

A la minute 16, Yves Budin parle de "Visions of Basquiat" dans l'émission Entrez sans frapper de Jérôme Colin.

Pour écouter c'est sur Entrez sans frapper.

Pour découvrir ou redécouvrir ce livre (et d'autres) c'est sur : Visions

Ou dans les bonnes librairies ou ce week-end au festival du livre de Charleroi où le stand des éditions Les Carnets du Dessert de Lune est tenu par Pascal Blondiau en personne.

mardi, 17 avril 2018

"Les Continents". Hervé Bougel

Les Continents.jpgUn article de presse à propos du nouveau recueil d'Hervé Bougel paru dans la collection Pleine Lune des éditions Les Carnets du Dessert de Lune, c'est à lire sur https://www.dessertdelune.be/agrave-la-lune/un-article-po...

On peut le commander sur la boutique en ligne des éditions (rubriques Livres - Nouveautés) ou chez l'auteur (avec une dédicace) ou en librairie.

Un article de presse pour

Bad Writer.jpgUn article de presse à propos du nouveau recueil de Jean Marc Flahaut "Bad Writer", paru dans la collection Pleine Lune des éditions Les Carnets du Dessert de Lune, c'est à lire sur

https://www.dessertdelune.be/agrave-la-lune/un-article-po...

On peut le commander sur la boutique en ligne des éditions (rubriques Livres - Nouveautés) ou chez l'auteur (avec une dédicace) ou en librairie.

 

Un article de presse pour

Les samedis sont au marché.jpgUn article de presse à propos du nouveau recueil de Thierry Radière et Virginie Dolle paru dans la collection Pleine Lune des éditions Les Carnets du Dessert de Lune, c'est à lire sur

https://www.dessertdelune.be/agrave-la-lune/une-note-de-l...

On peut le commander sur la boutique en ligne des éditions (rubriques Livres - Nouveautés) ou chez l'auteur (avec une dédicace) ou en librairie.

 

jeudi, 18 janvier 2018

Roger Lahu

Petit traité du noir.jpgSur https://www.dessertdelune.be/agrave-la-lune/le-nouveau-re...

une note de lecture signée Cécile Guivarch pour le deuxième recueil de Roger Lahu aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune

"Petit traité du noir sans motocyclette (sauf une in extremis)".