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samedi, 08 avril 2017

Une lecture de Marcella pour "Nuages de saison"

Nuages de saison..jpeg"Nuages de saison". Auteur Jean-louis Massot. Photos Olivia HB. Editions Bleu d’encre. 12 €

Une lecture de Marcella.

"D’abord je l’ai posé sur mon ventre le livre, et je l’ai senti monter doucement à l’inspir, puis redescendre doucement à l’expir. Légèrement au bord du sommeil…
Le soleil venait se promener sur mon front, mes joues, mon menton, mes paupières, mes cheveux… ça faisait si longtemps que cela n’était pas arrivé que je me suis un peu crue au paradis.

Et puis j’ai pris le livre avec mes deux mains, je l’ai ouvert et j’ai commencé à le lire, en clignant des yeux, de la fin au début, comme ça pour le plaisir. Et puis je l’ai terminé et j’ai recommencé à lire du début à la fin. J’ai bondi de nuages en nuages, de ciel en ciel. J’étais totalement dans les nuages. Ceux de Jean-Louis Massot l’auteur du livre, ceux de Olivia HB, la photographe, mais surtout mes nuages très personnels, nés de cette lecture. C’était il y 2h et c’était bien.

Je vous livre un texte ici. Pour lire tous les autres et admirer les photos « Magrittiennes", passez votre commande et bon voyage dans vos nuages de saison.

Laissez donc cet avion
S’enfoncer en vous
Comme les doigts d’un enfant
Dans un blanc
Monté en neige.

Si cette lecture vous donne envie, vous pouvez commander ce livre chez l'éditeur ou directement à dessertlune@gmail.com et m'indiquer si vous souhaitez une dédicace.

mardi, 28 avril 2015

Notes de lectures

Tête-dure.JPGSur le blog d'Eric Dejaeger une note de lecture pour "Tête-Dure" de Francesco Pittau. A lire ICI. Pour commander cliquer LA.

Dorures légères sur l'estran - copie.JPEGSur le site de la revue Le Carnet et les Instants une note de lecture de Vincent Tholomé à propos de "Dorures légères sur l'estran". Pour commander cliquer ICI

Ostende-Bangkok Express - Vincent THOLOMÉ "Dorures légères sur l'estran". Il y a des romans qui sont d’énormes pavés. Des fictions labyrinthiques qui emmènent dans les méandres du monde ou d’une langue. D’autres sont d’une extrême minceur. Brossent en quelques traits la trame d’une histoire. N’ont que faire des fioritures d’une langue baroque. N’ont que faire des intentions profondes et secrètes des personnages. Filent à toute vitesse de la première à la dernière page, en somme. Comme des trains express, ils ne laissent à leurs lectrices et lecteurs qu’à peine le temps de saisir une atmosphère, une couleur. Ces romans « marchent » peut-être d’autant mieux qu’ils se réfèrent à un genre très codé. Le roman d’amour, par exemple.

Dorures légères sur l’estran est de ces fictions-là, minces comme des mannequins de mode. Livres qui se lisent à toute vapeur. Il y a un homme et une femme. Sébastien et Nathalie. Ils se rencontrent à Ostende, près du Casino. Ils se disent quelques mots, et puis voilà, emballé c’est pesé :

– Bonjour, Mademoiselle, beau temps, n’est-ce pas ?

– Vous avez de l’humour.

– Vous avez une superbe démarche. J’ai observé que vous rentriez légèrement les pieds quand vous marchiez […]

– Vous êtes un drôle de coco […].

– Croyez-vous ?

[…]

– Un peu fou peut-être ?

– Déjà de vous.

– C’est bien ce que je disais. Un peu dragueur et beaucoup fou.

– De vous. J’insiste.

Elle, n’a qu’Ostende en tête. Sa lumière. Ses nuages. Ses mouettes. Lui, en miroir, a Bangkok en tête. Les dorures de ses temples et de ses statues. Les sourires de ses femmes. Et ses garrudas, hommes-oiseaux protecteurs. Elle, découpe et déchire des magazines de mode, en fait des collages éphémères, des tableaux provisoires inspirés par Ostende. Son atmosphère. Lui, va et vient. Entre la Mer du Nord et Bangkok. Se perdant joyeusement dans ses rues, le labyrinthe de ses baraques et de ses bateaux. Elle, demeurant ici. À l’attendre. Changeant de tenues et de coiffures selon sa fantaisie. Selon la mode. Poursuivant ses collages. Ne cessant de penser à lui. De jalouser Bangkok, la ville qui le retient loin d’elle. Lui, ne cessant de penser à elle, à sa manie de porter la main au cœur, chaque fois qu’une femme le salue en rue ou dans un temple.

Dorures légères sur l’estran n’est que cela. Ne raconte que cela. Une « simple » histoire d’amour. Rapportée sans chichis. Au travers des regards et des pensées que Nathalie porte sur Ostende, que Sébastien porte sur Bangkok. Pas de grandes scènes fracassantes où les amants se déchirent ou doutent l’un de l’autre. Juste quelques motifs qui tournent comme une ritournelle : les dorures, les lumières, les oiseaux, les mains portées au cœur. Et l’autre qui manque. Une histoire d’amour qui commence « comme ça », de façon un peu absurde et finit pareillement, Bangkok gardant pour elle Sébastien, Nathalie se décidant à confier aux vents du Nord ses derniers souvenirs.

Patrick Devaux s’attèle ici à un « art du peu » difficile : arriver à raconter quelque chose qui se tienne, littérairement parlant, sans tomber dans les clichés du genre « roman d’amour » ; arriver à nous intriguer avec trois fois rien sans user d’une langue pseudo-poétique qui se bornerait à rendre compte des « sensations ». Au fond, Patrick Devaux est un funambule. Un équilibriste. Son art tient du dosage. J’imagine que, souvent, il doit croiser les doigts. Et faire tout ce qu’il peut pour ne pas glisser sur une peau de banane. Ensuite, ma foi, à nous, lectrices et lecteurs, de jauger, selon nos goûts et nos humeurs, de la délicatesse et de la réussite de l’envol.

Les Carnets du Dessert de Lune, 2015, 100 p., 12 €