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dimanche, 23 juillet 2017

Saïd Mohamed et Frédérick Houdaer à Sète.

À Sète, aux Voix Vives de la Méditerranée, il y aura, du 24 au 29 juillet, debout ou assis derrière le stand, Saïd Mohamed qui vous présentera et vous dédicacera ses 4 livres publiés aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune :

« Souffles », couverture d'Anto, préface de James Sacré.

« L'éponge des mots », Prix CoPo 2014, couverture de Bénédicte Mercier, préface de Jean-Claude Martin.

« Jours de liesse », encres de Coline Bruges-Renard, préface de Jacques Morin.

« Le vin des crapauds », linogravures de Bob De Groof, préface de Cathy Garcia.

Et le 24 juillet de 16h à 17h, vous pourrez rencontrer Frédérick Houdaer qui vous dédicacera

« Pardon my French ».

jeudi, 13 avril 2017

3 petites notes de lectures

 Les Carnets du Dessert de Lune, poésie
Encore une nuit sans rêve.jpg*BREGAINT Christophe. Encore une nuit sans rêve. Cover Sophie Brassart.
Préf. Jean-Christophe Belleveaux. Les Carnets du Dessert de Lune, 2016. 92 p.
EAN 9782930607436. 13 €
Souffrance-Désespoir-Dénuement-Rue. C’est le récit d’un écorché de la vie, « Passager/Sans horizon », écrit à la seconde personne : « Tu as glissé/Le long de la paroi//Tu as dévissé/Sans cri/Avant d’arriver/Là//Tu portes/Désormais/Les stigmates/De la déchéance ». Déperdition, dépérissement, dénuement, naufrage et désespoir. Un langage Titanic, pourrait-on dire, tisse la métaphore filée de la chute, de l’errance, de l’effacement, de l’engloutissement. Un être qui « effleure les abysses », un être « gommé du corps social », hors circuit, en manque de tout, pour qui « Tout est vide de sens », « Tour à tour/Prostré/Ou/Te traînant ». « Un univers/Te sépare/Du domaine/Des vivants… Chaque jour/Tenter de ne pas perdre pieds/Paume ouverte ».
Le récit poignant d’une descente aux enfers et l’angoisse qui taraude : « Comme toi/Il y en a des milliers… Perdus/Comme un arbre/Sans racines ». SURVIVRE.
© Odile Bonneel, in Inter CDI
 
Bestiolerie potagère.jpg*DUBOST Louis. Bestiolerie potagère. GravuresBernadette Gervais. Préf. Georges Cathalo.
Les Carnets du Dessert de Lune, 2016. 51 p. EAN 9782930607269. 12 €
Animaux-Potager-Humour. Des abeilles sur les bras de l’enfant contre la ruche : « A cinq ans, il communie avec l’innocence du monde ». « L’enfant n’a pas une seule piqûre d’abeille. Mais la grand-mère, elle, pique une colère et lui flanque une cinglante fessée. Je m’en souviens encore ». Les coccinelles, chenilles, doryphores illustrent le syndrome de l’envahisseur comme « les estivants sur les plages vendéennes, jadis les nazis en zone occupée ». Les bêtes renvoient aux hommes et leur donnent des leçons, tels les escargots dont le coït dure « douze à quatorze heures… DSK peut bien aller se rhabiller ! » De l’humour toujours : l’otiorrhynque, faisant des trous (comme le poinçonneur !) dans les lilas, enchante le poète « en mal de rimes riches » !
Louis Dubost, poète sismographe, épicurien jardinier des mots, enregistre la nature et ses petites bêtes, avec une verve joviale tout en ayant un regard critique sur notre société entre marché mondialisé et révolution citoyenne. Accompagnent cette éloquence potagère, les gravures réalistes de Bernadette Gervais croquant insectes, escargots, limaces, lombrics… 
© Odile Bonneel, in Inter CDI

 Carnet d'un petit revuiste.jpgCarnet du Dessert de Lune, essai (une lecture pour Elena et Léa !!...)
*MORIN, Jacques. Carnet d’un petit revuiste de poche. Cover Claudine Goux. Les Carnets du Dessert de Lune, 2016. 20 p. (Pousse-café). –EAN 9782930607658. 5 €
Revue-Création littéraire contemporaine-Poésie. Jacques Morin dirige et gère la revue de poésie <Décharge> depuis 1981. Il témoigne ici, non sans humour, du quotidien de ce métier de « passeur ». « Le revuiste vit essentiellement en poésie. Le travail de la revue l’accaparant. Beaucoup de ses activités tournent autour d’un seul et même sujet. Tout le reste demeure périphérique. Il mange et ne vit que pour subvenir à la revue » : « un dévouement exclusif ». De plus, le revuiste aime lire et parler des autres revues ! (Sans qu’on le sache vraiment, il y a un foisonnement de revues : elles ont d’ailleurs leur salon à Paris). Il reçoit beaucoup de recueil à analyser, « des piles vertigineuses se forment sur le bureau, stalagmites express ».
Ce court témoignage montre l’importance des revues pour faire connaître le vivier de la création littéraire contemporaine. Un auteur passe souvent d’abord en revue avant d’être publié. Le revuiste est sous pression périodiquement pour sortir le nouveau numéro. Jacques Morin présente à merveille ce travail acharné, exigent, sans fin, mais si important. Chapeau bas !
© Odile Bonneel, in Inter CDI

samedi, 18 mars 2017

Encore une nuit sans rêve

Encore une nuit sans rêve.jpgChristophe Bregaint : ENCORE UNE NUIT SANS RÊVE (Les Carnets du dessert de lune)

C’est un recueil noir ; chaque poème consigne une maigre part du désarroi. Christophe Bregaint résume bien son état : Il fait amer / Dans ton esprit. Ou encore il parle avec justesse d’« existence désillusionnée », et les vers se multiplient qui constatent inquiétude, lassitude, manque… Il est en permanence A bord / de l’ennui. Sa poésie verticale et serrée sort à petits mots, vers courts, ainsi le titre du recueil est-il décliné en un tercet. Et ce qu’elle exprime y est de même, infime et minimal, pour reprendre deux adjectifs que le poète emploie. On le lit, en découvrant sa condition, due peut-être à un accident de parcours un peu brusque L’ordinaire / A percuté // Un iceberg… , le mot crash est utilisé plus loin ; ou bien une érosion lente de la vie. Il est au tout début question d’un homme rejeté de la société, et cet homme, c’est toi, puisque l’auteur s’adresse à quelqu’un. Et c’est le terme de déchéance qui le caractérise. On ne sait rien de ce qui le met dans une telle déréliction. Gommé du corps social… SDF mental. Christophe Bregaint a été le coordonnateur du recueil collectif : « Dehors, recueil sans abri » chez Janus. Le fait est que toutes les pages consigneront les signes de ce changement définitif confinant au désastre. L’existence revêt une monotonie sans fin : Mêmes / Matins / Semblables / A la marche du silence ou une angoisse infinie du lendemain: On peut déchiffrer / Cette inquiétude / De ne plus voir / L’aurore / Réapparaître Il rajoute même à la page suivante : Seul / Le déclin / Est une évidence / Qui te parle / A chaque instant On est bien dans le syndrome de la désillusion, Christophe Bregaint parle même de déperdition, et l’on pourrait aller jusqu’au dégoût s’il n’y avait une absence de jugement et de sentiment, qui n’inclut donc ni regret ni rancune. Quelque part, cette déshumanisation subie fait du héros un étranger dans ce monde, un fantôme dans la nuit sans rêve Un univers / Te sépare / Du domaine / Des vivants. L’écriture révèle un travail d’empathie et d’humanité rare. Il y a de la solidarité à offrir ses poèmes de disgrâce comme des cadeaux au nécessiteux. Le recueil parle pour lui et sert de passeport pour un lecteur qui évite ou ignore le déclassement si présent dans les grandes villes. Illustration de Sophie Brassart. 13€. © Jacmo in revue Décharge.

Pour lire des extraits et/ou commander ce livre c’est sur : http://www.dessertdelune.be/store/p817/Encore_une_nuit_sa...

 

[1] Dont Alain Kewes a rendu compte dans le n° 171, page 121-122.

jeudi, 31 mars 2011

Critiques pour Je(S) et pour Les Mouettes d'Ostende

Pour cette dernière Newsletter de mars, deux notes de lectures à vous proposer :

Celle de Jacmo, sur le site de Poezibao à propos de « Je(S) » le dernier recueil de poèmes de Denis Guillec.

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/03/jes-de-denis...

Celle d’Eric Dejager, sur son site à propos du dernier roman de Patrick Devaux « Les Mouettes d’Ostende. »

http://courttoujours.hautetfort.com/archive/2011/03/24/un...

Ces livres peuvent m’être commandés directement

Bon de commande Je(S).pdf

Bon de commande Les mouettes d'Ostende.pdf

Ils seront aussi disponibles à la cinquième édition du Salon du Livre d’Artiste qui se tiendra les samedi 02 et dimanche 03 avril 2011 dans les locaux de l’Ecole de Recherche Graphique (ERG), Rue du Page, 87 à Bruxelles-Ixelles auquel je participerai en compagnie de Nathalie Sacré et Patrick Devaux qui dédicaceront sur le stand le samedi 2 avril à 14h et à 15h, ainsi que Marie Mahler pour les éditions L’atelier du Poisson Soluble.

Programme complet sur http://www.histoiresdelivres.be/programme.html

Je(S).JPGJE(S) par Denis Guillec

Avec Apnées chez Potentilles et ce recueil, Denis Guillec acquiert une réelle envergure. Le titre est un rien plat, mais ne cache pas les avatars du sujet : reproduction de soi, aussi bien que dans les facettes multiples de l’œil de l’insecte. C’est sous-titré : Carnet de Lino Sapide, sorte de double de l’auteur, grâce auquel distance peut être prise. On commence par la solitude, comme un socle, véritable embarcadère pour des incarnations en des personnages incongrus, inimaginables, sauf pour l’esprit tortueux et délié de Denis Guillec. Ensuite après une page sur l’arrachage forcené d’un arbre, empli d’onomatopées inédites de l’effort, on passe à un texte majuscule : Je ponce donc, aussitôt lu, aussitôt classique. Puis les textes se suivent et ravissent le lecteur difficile. La chirurgie esthétique, qui vire à l’uniformisation Miroir de miroirs. Une norme au milieu, l’empathie, poussée à son comble de coucou, le malentendu permanent, quitte à se qualifier de lapsus vivant, l’émiettement en copeaux de l’être : Un stère de bouts de moi… Les pages se succèdent comme un plaisir renouvelé. Denis Guillec n’hésite pas à tabler sur les néologismes : puet, qu’il explique : muet de pensée. C’est vrai que le mot n’existe pas et que pourtant il correspond à une situation certaine. Il sait persifler sur les poètes pleurnichards : chacun lutte contre son automne sans en embrumer les autres. A propos du cerf de la couverture très réussie, dessiné par Gilbert Pinna, il nous apprend le verbe raire, synonyme de bramer. Un peu de lexique, que diable ! Sa leçon d’asymptote donne une clé de son raisonnement : on est au bord du sophisme et de son vertige. La fin du recueil referme doucement le couvercle entrouvert : on s’en retourne vers l’incognito …

je crois aux vertus de l’effacement … je vis le moins possible … je prends mon appeau à rien …

je deviens

toujours plus

peu

Il y a un côté expiatoire chez Denis Guillec, entre la drôlerie et le démoniaque. Le sarcasme peut vivre au sourire, et le grinçant au lumineux. Une fantaisie un peu complexe, un peu inquiète. Décidément un  ton assez rare. © Jacques Morin (Jacmo)


Les mouettes d'Ostende.JPEGLES MOUETTES D’OSTENDE par Patrick Devaux

Le temps de quelques pages, l’ami Patrick abandonne ses petits poèmes ciselés comme des camées pour un court récit. Sébastien a tout laissé tomber pour venir s’installer à Ostende, face à la mer, et s’adonner à sa passion : la peinture. Il va croiser une jeune femme qui va nourrir ses (dés)illusions. Un texte en prose pétri par les mains d’un véritable poète. © Eric Dejaeger.