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samedi, 18 mars 2017

Encore une nuit sans rêve

Encore une nuit sans rêve.jpgChristophe Bregaint : ENCORE UNE NUIT SANS RÊVE (Les Carnets du dessert de lune)

C’est un recueil noir ; chaque poème consigne une maigre part du désarroi. Christophe Bregaint résume bien son état : Il fait amer / Dans ton esprit. Ou encore il parle avec justesse d’« existence désillusionnée », et les vers se multiplient qui constatent inquiétude, lassitude, manque… Il est en permanence A bord / de l’ennui. Sa poésie verticale et serrée sort à petits mots, vers courts, ainsi le titre du recueil est-il décliné en un tercet. Et ce qu’elle exprime y est de même, infime et minimal, pour reprendre deux adjectifs que le poète emploie. On le lit, en découvrant sa condition, due peut-être à un accident de parcours un peu brusque L’ordinaire / A percuté // Un iceberg… , le mot crash est utilisé plus loin ; ou bien une érosion lente de la vie. Il est au tout début question d’un homme rejeté de la société, et cet homme, c’est toi, puisque l’auteur s’adresse à quelqu’un. Et c’est le terme de déchéance qui le caractérise. On ne sait rien de ce qui le met dans une telle déréliction. Gommé du corps social… SDF mental. Christophe Bregaint a été le coordonnateur du recueil collectif : « Dehors, recueil sans abri » chez Janus. Le fait est que toutes les pages consigneront les signes de ce changement définitif confinant au désastre. L’existence revêt une monotonie sans fin : Mêmes / Matins / Semblables / A la marche du silence ou une angoisse infinie du lendemain: On peut déchiffrer / Cette inquiétude / De ne plus voir / L’aurore / Réapparaître Il rajoute même à la page suivante : Seul / Le déclin / Est une évidence / Qui te parle / A chaque instant On est bien dans le syndrome de la désillusion, Christophe Bregaint parle même de déperdition, et l’on pourrait aller jusqu’au dégoût s’il n’y avait une absence de jugement et de sentiment, qui n’inclut donc ni regret ni rancune. Quelque part, cette déshumanisation subie fait du héros un étranger dans ce monde, un fantôme dans la nuit sans rêve Un univers / Te sépare / Du domaine / Des vivants. L’écriture révèle un travail d’empathie et d’humanité rare. Il y a de la solidarité à offrir ses poèmes de disgrâce comme des cadeaux au nécessiteux. Le recueil parle pour lui et sert de passeport pour un lecteur qui évite ou ignore le déclassement si présent dans les grandes villes. Illustration de Sophie Brassart. 13€. © Jacmo in revue Décharge.

Pour lire des extraits et/ou commander ce livre c’est sur : http://www.dessertdelune.be/store/p817/Encore_une_nuit_sa...

 

[1] Dont Alain Kewes a rendu compte dans le n° 171, page 121-122.

jeudi, 31 mars 2011

Critiques pour Je(S) et pour Les Mouettes d'Ostende

Pour cette dernière Newsletter de mars, deux notes de lectures à vous proposer :

Celle de Jacmo, sur le site de Poezibao à propos de « Je(S) » le dernier recueil de poèmes de Denis Guillec.

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/03/jes-de-denis...

Celle d’Eric Dejager, sur son site à propos du dernier roman de Patrick Devaux « Les Mouettes d’Ostende. »

http://courttoujours.hautetfort.com/archive/2011/03/24/un...

Ces livres peuvent m’être commandés directement

Bon de commande Je(S).pdf

Bon de commande Les mouettes d'Ostende.pdf

Ils seront aussi disponibles à la cinquième édition du Salon du Livre d’Artiste qui se tiendra les samedi 02 et dimanche 03 avril 2011 dans les locaux de l’Ecole de Recherche Graphique (ERG), Rue du Page, 87 à Bruxelles-Ixelles auquel je participerai en compagnie de Nathalie Sacré et Patrick Devaux qui dédicaceront sur le stand le samedi 2 avril à 14h et à 15h, ainsi que Marie Mahler pour les éditions L’atelier du Poisson Soluble.

Programme complet sur http://www.histoiresdelivres.be/programme.html

Je(S).JPGJE(S) par Denis Guillec

Avec Apnées chez Potentilles et ce recueil, Denis Guillec acquiert une réelle envergure. Le titre est un rien plat, mais ne cache pas les avatars du sujet : reproduction de soi, aussi bien que dans les facettes multiples de l’œil de l’insecte. C’est sous-titré : Carnet de Lino Sapide, sorte de double de l’auteur, grâce auquel distance peut être prise. On commence par la solitude, comme un socle, véritable embarcadère pour des incarnations en des personnages incongrus, inimaginables, sauf pour l’esprit tortueux et délié de Denis Guillec. Ensuite après une page sur l’arrachage forcené d’un arbre, empli d’onomatopées inédites de l’effort, on passe à un texte majuscule : Je ponce donc, aussitôt lu, aussitôt classique. Puis les textes se suivent et ravissent le lecteur difficile. La chirurgie esthétique, qui vire à l’uniformisation Miroir de miroirs. Une norme au milieu, l’empathie, poussée à son comble de coucou, le malentendu permanent, quitte à se qualifier de lapsus vivant, l’émiettement en copeaux de l’être : Un stère de bouts de moi… Les pages se succèdent comme un plaisir renouvelé. Denis Guillec n’hésite pas à tabler sur les néologismes : puet, qu’il explique : muet de pensée. C’est vrai que le mot n’existe pas et que pourtant il correspond à une situation certaine. Il sait persifler sur les poètes pleurnichards : chacun lutte contre son automne sans en embrumer les autres. A propos du cerf de la couverture très réussie, dessiné par Gilbert Pinna, il nous apprend le verbe raire, synonyme de bramer. Un peu de lexique, que diable ! Sa leçon d’asymptote donne une clé de son raisonnement : on est au bord du sophisme et de son vertige. La fin du recueil referme doucement le couvercle entrouvert : on s’en retourne vers l’incognito …

je crois aux vertus de l’effacement … je vis le moins possible … je prends mon appeau à rien …

je deviens

toujours plus

peu

Il y a un côté expiatoire chez Denis Guillec, entre la drôlerie et le démoniaque. Le sarcasme peut vivre au sourire, et le grinçant au lumineux. Une fantaisie un peu complexe, un peu inquiète. Décidément un  ton assez rare. © Jacques Morin (Jacmo)


Les mouettes d'Ostende.JPEGLES MOUETTES D’OSTENDE par Patrick Devaux

Le temps de quelques pages, l’ami Patrick abandonne ses petits poèmes ciselés comme des camées pour un court récit. Sébastien a tout laissé tomber pour venir s’installer à Ostende, face à la mer, et s’adonner à sa passion : la peinture. Il va croiser une jeune femme qui va nourrir ses (dés)illusions. Un texte en prose pétri par les mains d’un véritable poète. © Eric Dejaeger.