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lundi, 20 août 2018

Une note de lecture pour "Et aussi les arbres"

Et aussi les arbres.jpgUne note de lecture pour Et aussi les arbres d'Isabelle Bonat-Luciani
 second recueil publié aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune.

Pour en savoir plus sur ce recueil, lire un extrait, d'autres articles de presse, pour l'acquérir rendez-vous sur Et aussi les arbres

"Entre deux scènes de bistrot qu’elle tient, observant avec acuité la clientèle, une jeune femme rameute quelques souvenirs âpres d’un passé proche, de plus loin encore lorsqu’enfant, jeune ado elle connut la sensualité, l’amour. Fut-ce un amour interdit ? Le lecteur suit ces longs poèmes qui s’infiltrent dans une conscience sans cesse alertée, où le moindre fait, entre rêve et réalité, prend assise : la mémoire donne des tableaux assez crus, naturalistes, d’une famille, avec un père absent, revenu de la guerre, qui n’honore plus l’épouse pour cause, avec un jeune Arnaud fou de Robert Smith et des Cure, avec cette femme qui n’a pu oublier tous les moments passés avec cet Arnaud, victime par ailleurs d’un beau-père incestueux : du moins le poème l’affiche comme sûr, et même la mère de fiction le savait.

Dans une atmosphère qui rappelle – et ce n’est pas le moindre mérite de l’auteur – celle que « Blesse ronce noire » de Claude Louis-Combet avait peinte, avec ses amours fous et interdits, le livre énonce sans cesse la lisière de ce qui peut être dit, ou enfoui, secret, pathologique, au sein d’une famille.

L’écriture, en longs thrènes rageurs et rebelles, donne à sentir une émotion que le temps a conservée intacte : les mots ou les scènes d’amour, de gestes sont là, à portée de mots, sans une once de travestissement sentimental.

Une réussite, qui vaut aussi pour l’exploration, peu traitée, des corps qui se débattent, des âmes qui se souviennent, des sensations brutes de délaissement, d’effroi. La mort de la mère est en elle-même un tombeau de tous les départs.

Violence, amour en « marge », « mots agglutinés dans la chair », « nous habitions des ruines » - ce château symbolique du refuge de la jeune femme - : « les mots se déploient comme le font les oiseaux » sont bien l’expression d’une ferveur anéantie, qu’il faille retrouver comme l’écho perdu, et le poème, et le livre en sont les cristaux de la déperdition.

Un beau livre. © Philippe Leuckx in Texture, août 2018

Et aussi les arbres – Isabelle Bonat-Luciani
Genre : Poésie. AvantPropos : Manuel Plaza. Collection Pleine Lune.
Format 14 cm x 20 cm. 76 pages imprimées sur papier bouffant 90 gr et Conqueror Vergé 250 gr. ISBN 9782930607702. 13 €.

vendredi, 27 juillet 2018

Une note de lecture pour "Et aussi les arbres"

Cette belle note de lecture signée Patrick Devaux à propos du deuxième recueil d'Isabelle Bonat-Luciani "Et aussi les arbres" paru récemment aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune.

(Isabelle Bonat-Luciani sera en dédicace ce samedi 28 juillet, à partir de 15h sur le stand des Dessert de Lune, aux Voix Vives de la Méditerranée, à Sète et ce vendredi 27 juillet c'est Saïd Mohamed qui lira des extraits de ses propres recueils à partir de 18h, place du Pouffre, toujours à Sète.)

"Tous les sens de l’auteur sont en éveil à écouter, entendre, distinguer, ressentir à fleur de souvenir jusqu’au trouble qui mêle le haut et le bas, la cime et la racine de l’être, la sève de vivre : « Le ciel a débarrassé le plancher. Il est dans ma tête. Au fin fond. Toujours ça revient ». Les mots sont « tagués » les uns aux autres « pour tenir loin des désordres. Pour tenir loin des solitudes ».

Souvenir d’un premier amour ? Certes. Mais sans « Il était une fois » parce que l’évènement tourne en boucle.

Avec un ton faussement anodin, des choses importantes sont dites, toujours avec cette façon un peu explicative, voire professorale : « Parfois elle lui disait que pour aimer il valait mieux ne jamais rien savoir ».

Avec retours sur l’adolescence, l’image des parents, de la mère plus particulièrement, du corps qui se modifie, la vie en évolution parle à travers le temps qui se souvient de façon obsessionnelle : « Les gens marchent mais c’est dans ton image qui fissure le sol » ou encore : « Lorsque j’approche de ton absence, il y a ce toi bien trop immobile pour regarder ».

L’intrigue persévère ainsi entre châteaux en Espagne à venir construits si possible sur un seul château de sable du passé, semblant doubler le récit sans qu’elle ne se dévoile facilement.

Le secret évolue avec la progression du récit. Mieux que l’intrigue elle-même, on vit une sorte de mystère existentiel, douloureux, profond. Peut-être s’agit-il d’ailleurs du processus même de l’adolescence à appréhender avec ses espoirs et ses dangers.

Même Dieu passe dans ce joyeux désordre. Le langage de l’auteur est boulimique, carnassier, Isabelle ne laissant rien passer jusqu’à ce qu’on comprenne le tragique dénouement : « Je me souviens de ta tempe abritant un trou mais que je n’avais pas su regarder. Alors je chante les chants que tu m’as laissés » .

Le rêve et le cauchemar procèdent de la même origine. Cette manière d’écrire fait, à mon sens, partie d’un mouvement qu’on pourrait qualifier de « sensitif », quelque chose du balbutiement de nos recherches popularisées de la profondeur d’être, une sorte de psychanalyse vulgarisée à la compréhension de tous, exprimée comme : « Je ne sais pas ce qui remue dans mon corps prend ou donne. C’est bruyant et sourd faisant naître des chemins jusqu’à ma tête ».

Jean-Louis Massot, éditeur et auteur lui-même, initie ses choix de manière à révéler, in fine, un quasi mouvement créatif global qui ressemblerait à sa recherche personnelle profonde. Choisir des auteurs et des textes procède également de l’acte créatif. Et c’est fort le cas pour « Et aussi les arbres », le titre du livre intriguant lui-même jusqu’aux racines neurologiques d’une écrivaine qui pense ce qu’elle écrit avec une conviction vitale et essentielle."

© Patrick Devaux, juillet 2018

lundi, 25 juin 2018

Où l'on a parlé de "Et aussi les arbres"

Et aussi les arbres.jpgInterviewée par Marie-Pierre Soriano, Isabelle Bonat-Luciani était, il y a quelques jours, l'invitée de Rock'n Pages pour parler de son second recueil "Et aussi les arbres" qui vient de paraître aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune, avec un avant-propos de Manuel Plaza.
Pour écouter ou réécouter l'émission, c'est par LA.
Pour découvrir ou redécouvrir le recueil, c'est par ICI.