vendredi, 03 juillet 2009

Où l'on a parlé de "La dernière pierre"

On en a parlé récemment dans la presse.

"La dernière pierre" Christine Van Acker. Illustrations Stéphanie Buttay. Préface Chantal Couliou. Parution juin 2009. Grand prix SGDL de la fiction radiophonique. 9,00 euros.bon de commande nouveautés juin 2009.pdf

La dernière pierre.JPG

Christine Van Acker, artiste, a trouvé sa page vierge dans le Luxembourg. Paris l'attend pour une récompense. Une affaire de « fiction radio »...

Heureuse qui comme Christine, poursuivra sans cesse son voyage. Christine Van Acker est une artiste qui aura toujours un tiroir à ouvrir. Un secret à sortir quand il faut. De création en création, elle surgit là où se trouve le mot, l'écriture, la narration...

Écrivain, « actante » d'ateliers d'écriture, monteuse de fictions radiophoniques singulières... Christine est boulimique de créativité. C'est justement « sous sa casquette » de dame de radio que nous la retrouvons aujourd'hui, à Lacuisine (Florenville).

L'artiste, qui a quitté la ville voilà une poignée d'années pour venir se nourrir de la sérénité de notre verte province, - sa page vierge, son imagination au creux de l'oreille, est lauréate du « Prix SGDL », à Paris.

« SGDL », demandez-vous ? La Société des Gens de Lettres ». Le 16 juin prochain, Christine, invitée à la Ville des Lumières, s'y verra attribuer le « Grand Prix SGDL de la fiction radiophonique » pour son oeuvre « La dernière pierre » (une production « Les Grands lunaires ASBL).

La SGDL a été fondée en 1838, par des écrivains célèbres dont Balzac, Hugo, Dumas, Sand...) Sa vocation est de défendre le droit moral et les intérêts patrimoniaux de tous les auteurs de l'écrit.

« Christine Van Acker est comme cet oiseau... »

Si l'on voulait résumer cette histoire, « La dernière pierre », il faudrait juste dire : « C'était, il y a longtemps, dans sa cellule, un captif fou qui tournait en rond et parlait aux pierres de sa prison, jusqu'à ce qu'il finisse par user la pierre jusqu'au dernier grain. »

« La dernière pierre » n'est pas « facile » à écouter. C'est un univers de folie, répétitif, duquel on ne sort pas indemne. Mais c'est une création entièrement libre dans laquelle Piétro Pizzuti (le comédien) et Thierry Van Roy (l'arrangeur sonore) ont leur part et se sont donnés sans compter. Quelqu'un a dit que la radio, c'était comme la télévision mais avec un écran beaucoup plus large. Nous y mettons les images que nous voulons. »

Une sensation sur ce prix ? « Je me rends bien compte qu'un prix n'est pas seulement une récompense personnelle. Il est la somme des années de travail, des rencontres, de ceux qui m'ont ouvert leur porte, de ceux qui m'ont inspirée, de ceux qui m'accompagnent dans mon travail. À chaque nouvelle aventure, c'est l'innocence, l'oubli du savoir-faire, la maladresse... »

Christine Van Acker est comme cet oiseau, sautant d'un arbre à l'autre : de l'écriture au son, de la radio à l'atelier de mots. Avec charme et poésie « La dernière pierre », par Christine Van Acker, RTBF/Radio Campus Bruxelles, 2 009. Durée : 28'52

© Mariette Gillet. L'avenir.


RADIO - "La dernière pierre" rafle le Grand Prix SGDL pendant qu’ "Olimo", "Un drôle de silence" et "Sangs mélés" sont sélectionnés dans le cadre des radiophonies
Plusieurs œuvres soutenues par le fonds d’aide à la création radiophonique à Paris, l’une pour recevoir son prix déjà acquis et les autres pour les  Radiophonies 2009.

Christine Van Acker recevra le 16 juin à Paris le Grand Prix de printemps 2009 de la fiction radiophonique pour son œuvre "La dernière pierre"(Production Les Grands Lunaires asbl). L’auteur avait déjà ému le public avec « Baltimore », une plongée dans le pays de l'enfance dont un des avantages est aussi qu'elle passe. Avec « La dernière pierre », Christine Van Acker propose une fiction plus abstraite mais tout aussi troublante, interprétée par Pietro Pizzuti. Un homme fut enfermé dans une tour pendant toute sa vie au Portugal. C'est le point de départ de l'écriture que d'imaginer la métaphore sonore d'un homme tournant en rond au sens fort du terme.

Le Grand Prix a été attribué par la Société des Gens de Lettre (SGDL) pour sa session de printemps 2009.

© Communauté française de Belgique.be

 

Où l'on a parlé des "Pommarins"

Où l'on a parlé des Pommarins d'Hervé Bougel sur le site de Marie-Laure Bigant http://lesmotspartages.blogspot.com/ et dans"La lettre de sortie de secours " N°24 de Jean-Louis Jacquier dont je publierai à l'automne un livre intitulé "Foulées douces".

"Les Pommarins" Hervé Bougel. Illustrations Hubert Daronnat. Préface Roland Tixier. 10,00 euros.

Les Pommarins.JPG

Le livre, préfacé par Roland Tixier (homme charmant que j’ai croisé lors d’un salon, poète de son état – lu et apprécié) et illustré par Hubert Daronnat, dépeint le milieu ouvrier dans les années 70.

L’auteur raconte une période de sa vie où il a travaillé dans une usine, où les conditions de travail n’étaient pas évidentes. De sa plume habillée de mots vrais, parfois crus, parfois tendres, parfois durs, mais derrière lesquels le poète n’est jamais bien loin, il décrit une réalité d’une époque où hommes et femmes prennent vie, à travers une galerie de portraits, dans ce qui faisait alors leur quotidien.
On suit ce jeune homme à peine sorti de l’adolescence qui entre dans cette vie dont il n’a pas vraiment rêvé et qui pose un regard observateur sur ce qui l’entoure…
Comme toujours l’écriture d’Hervé Bougel va à l’essentiel, sans fioriture, mais suffisamment puissante pour projeter notre imaginaire là où il veut que nous allions…
Pour commander le livre : c'est ou bien ici
© Marie-Laure Bigand

LA LETTRE DE SORTIE de secours n°24

Hervé Bougel .- Les Pommarins .- Ed. Les Carnets du dessert de lune.

Chacun de nous se construit au fil des jours jusqu’au der des der. Chacun de nous, comme l’écrit Sartre dans son Baudelaire, doit perpétuellement se faire. Le temps immobile façonne les êtres. Du long arrêt fixe qu’effectua Hervé Bougel aux Pommarins -une usine de la banlieue grenobloise où le travail était dur- et qui constitue le cœur et le corps de ce récit, le lecteur perçoit bien vite l’importance. Chaque matin, Bougel part au boulot parce qu’il faut bouffer et le concentré d’humanité auquel il se frotte lui donne peu à peu sa propre patine. Et c’est là, pour moi, l’essentiel de ce beau livre à mesure d’homme. L’atelier, les compagnons de labeur, les machines, les heures plombées et mornes, les rares instants d’évasion impriment dans la carcasse et l’esprit du jeune apprenti le plus rigoureux, sinon définitif, des mots d’ordre : « La vie la comprendre et vite. » Pour l’accoler à celle des humbles.

On le voit : dans ces pages, nulle envolée lyrico-prolétarienne, nulle commisération forcée pour ces travailleurs anonymes dont seul le nom du pays évoque un semblant d’identité. L’appétit vital, le goût des autres (tels qu’ils sont) stimulent l’écriture, la dépouillent, l’éclairent d’une lumière blanche. Quelque chose de Bougel est resté aux Pommarins. Ou plutôt : quelque chose des Pommarins est resté en Bougel. Quelque chose capable de nourrir désormais une parole en sursis, donc rare. © J.-L. J.-R.

mardi, 30 juin 2009

Rendons à Claude Seyve...

Bien qu'il aurait pu, ce n'est pas Georges Cathalo qui a écrit " La poésie ne vaut rien ne vaut  la poésie" mais Claude Seyve.

Né en 1928 à Lyon, Rhône. Décédé en 2001

Vivait en Saône-et-Loire

poésie

Instituteur, professeur de lettres, retraité. A peint entre 1968 et 1978. S'est mis tardivement à écrire de la poésie, aux alentours de 1975. Entre 1977 et 1984 a été co-animateur de la revue "Verso" (à laquelle il a donné plusieurs textes dans la dernière décennie), avant de devenir co-responsable des éditions VR/SO. A publié plusieurs hors-commerce ("Chienne de ma vie" ; "Claude Seyve par Claude Seyve" ; "L'Antipantiserpentigraphe", "Qui oui qui", "Lacunaires", "Quel con que", etc.) et rédigé des "agendas Claude Seyve" ("1992 Que tu sors ?" - 1992 - ; "Mourir en 93 amusant" - 1993 - ; "À force de recommencer on finira bien par finir" - 1994 - ; "En 95 le martinet pince" - 1995). Il a réalisé un disque de chansons qu'ont édité les éditions de Garenne et un CD ; écrit une dizaine de pièces pour Écrits Studio.
«Je serai Claude Seyve ou rien (Victor Hugo) ; Claude Seyve, c'est moi (Gustave Flaubert) ; J'ai longtemps été Claude Seyve (Claude Seyve).» C. S., rédigé en 1999.

pour en savoir plus : http://auteurs.arald.org/biogr/Seyve1928.html

lundi, 29 juin 2009

On Juillet en 2009

 

Durant l’été les auteurs des Carnets du Dessert de Lune vont voguer presqu’aux quatre coins de l’hexagone et du plat pays ce qui géométriquement parlant n’est pas donné au premier globe-trotter venu. Exposons les faits :

* Le samedi 4 juillet, à partir de 19h, Pierre Autin-Grenier « Le poète pisse dans son violon » sera l’invité de La Petite librairie des Champs, au Moulin Brûlé, à Boulbon, 13150. La soirée sera animée par Sylvie Durbec (future auteure aux Carnets) et Catherine Saison, avec la participation de Thierry Guichard du Matricule des Anges et d’Hélène Boinard, directrice des éditions Cadex. (Boulbon, c’est entre Avignon et Arles sur la rive gauche du Rhône).

Notez que La Petite Librairie des Champs sera ouverte toute la semaine du 4 au 10 juillet (sauf le vendredi après-midi).http://lapetitelibrairiedeschamps.blogspot.com/. Renseignements et programmes: durbec.sylvie@orange.fr. 04/90 43 94 82 // 06 26 41 70 42

* Amandine Marembert, auteure de « Elle(s) si tant est que »  et de « Ce train n’accueille pas voyageurs » sera au Marché de La Poésie de Rochefort-sur-Loire du 4 au 5 juillet de même qu’Hervé Bougel, celui-là même qui a signé « Les Pommarins ». Il y amènera ces « Pré#Carré » pour tenir compagnie à une vingtaine d’autres maisons d’éditions et aux Carnets du Dessert de Lune dont s’occupera Francis Krembel « Carnet pour habiter le temps » et « Rage tranquille » à quelques encablures de La Loire et des Côteaux-du-Layon si doux à déguster. http://www.cg49.fr/medias/PDF/themes/culture_spor...

* Le même Bougel, lira « Les Pommarins » dans le cadre des « Lectures au jardin » au Cabaret Frappé à Grenoble, le 28 juillet précisément à 20h00. Pour tout savoir : www.cabaret-frappe.com

* Ce samedi 4 et dimanche 5 juillet, Jean-Pierre Georges « Le moi chronique », Roger Lahu « Le décor de l’envers » &« Faites comme si je n’étais pas là » et Claude Vercey (futur auteur des Carnets avec « Mes escaliers ») participeront en compagnie d’autres auteurs, aux Premières Rencontres Poétiques de Bazoches-du-Morvan. C’est dans la Nièvre près de Vezelay. Il y aura des revues et des maisons d’éditions parfaitement recommandables. Les infos sur http://poesie.baz.free.fr/

* Le 11 et le 12 juillet Christine Van Acker qui a tout récemment reçu le grand prix SGDL de la fiction radiophonique pour « La dernière pierre » animera un atelier d’écriture au Festival du Conte de Chiny. C’est en Belgique.

* Sylvain Farhi, auteur du récit de voyage « Assoiffé » y lira des contes arabes le 12 juillet. Programme sur :http://www.conte.be/festival/index.html<...

* A Florenville, toujours en Belgique, sur les terres Gaumaises, Christine Van Acker fera écouter « La dernière pierre », le 21 juillet dans le cadre du parcours d’artiste au ciné-club;

* Quant au Festival Voix de La Méditerranée, il aura lieu comme chaque année à Lodève du 18 au 26 juillet. Pierre Soletti « J’aurais voulu t’écrire un poème » y sera avec le duo Facteur/Cheval pour des lectures. http://www.voixdelamediterranee.com/

Profitez-en bien et comme l'a écrit Claude Seyve dans le livre de Georges Cathalo « Carnet des relevés du cadastre poétique »

" La poésie ne vaut

rien

ne vaut la poésie"

On Juillet en 2009

Durant l'été 2009, les auteurs des Carnets du Dessert de Lune vont voguer presqu’aux quatre coins de l’hexagone et du plat pays ce qui géométriquement parlant n’est pas donné au premier globe-trotter venu. Exposons les faits :

* Le samedi 4 juillet, à partir de 19h, Pierre Autin-Grenier « Le poète pisse dans son violon » sera l’invité de La Petite librairie des Champs, au Moulin Brûlé, à Boulbon, 13150. La soirée sera animée par Sylvie Durbec (future auteure aux Carnets) et Catherine Saison, avec la participation de Thierry Guichard du Matricule des Anges et d’Hélène Boinard, directrice des éditions Cadex. (Boulbon, c’est entre Avignon et Arles sur la rive gauche du Rhône).

Notez que La Petite Librairie des Champs sera ouverte toute la semaine du 4 au 10 juillet (sauf le vendredi après-midi)

infos sur : http://lapetitelibrairiedeschamps.blogspot.com/. Renseignements et programmes: durbec.sylvie@orange.fr. 04/90 43 94 82 // 06 26 41 70 42

* Amandine Marembert, auteure de « Elle(s) si tant est que »  et de « Ce train n’accueille pas voyageurs » sera au Marché de La Poésie de Rochefort-sur-Loire du 4 au 5 juillet de même qu’Hervé Bougel, celui-là même qui a signé « Les Pommarins ». Il y amènera ces « Pré#Carré » pour tenir compagnie à une vingtaine d’autres maisons d’éditions et aux Carnets du Dessert de Lune dont s’occupera Francis Krembel « Carnet pour habiter le temps » et « Rage tranquille » à quelques encablures de La Loire et des Côteaux-du-Layon si doux à déguster. http://www.cg49.fr/medias/PDF/themes/culture_sports/bdp/a...

* Le même Bougel, lira « Les Pommarins » dans le cadre des « Lectures au jardin » au Cabaret Frappé à Grenoble, le 21 juillet précisément à 20h00.

Pour tout savoir : www.cabaret-frappe.com

* Ce samedi 4 et dimanche 5 juillet, Jean-Pierre Georges « Le moi chronique », Roger Lahu « Le décor de l’envers » &« Faites comme si je n’étais pas là » et Claude Vercey (futur auteur des Carnets avec « Mes escaliers ») participeront en compagnie d’autres auteurs, aux Premières Rencontres Poétiques de Bazoches-du-Morvan. C’est dans la Nièvre près de Vezelay. Il y aura des revues et des maisons d’éditions parfaitement recommandables.

Les infos sur http://poesie.baz.free.fr/

* Le 11 et le 12 juillet Christine Van Acker qui a tout récemment reçu le grand prix SGDL de la fiction radiophonique pour « La dernière pierre » animera un atelier d’écriture au Festival du Conte de Chiny. C’est en Belgique.

* Sylvain Farhi, auteur du récit de voyage « Assoiffé » y lira des contes arabes le 12 juillet.

Programme sur : http://www.conte.be/festival/index.html

* A Florenville, toujours en Belgique, sur les terres Gaumaises, Christine Van Acker lira « La dernière pierre », le 21 juillet dans le cadre du parcours d’artiste.

* Quant au Festival Voix de La Méditerranée, il aura lieu comme chaque année à Lodève du 18 au 26 juillet. Pierre Soletti « J’aurais voulu t’écrire un poème » y sera avec le duo Facteur/Cheval pour des lectures.

http://www.voixdelamediterranee.com/

Profitez-en bien et comme le dit Georges Cathalo « Carnet des relevés du cadastre poétique »

" La poésie ne vaut

rien

ne vaut la poésie"

mercredi, 17 juin 2009

Où l'on parle de tétralogie

Pour celles et ceux qui n'auraient pas encore succombé à la fameuse tétralogie de Daniel Fano, entamée en 2004 et dont le dernier volume "La vie est un cheval mort" (disponible chez l'éditeur, dans les bonnes librairies ou sur rezolibre) est paru récemment, ceci vous donnera peut-être envie d'entrer dans cet univers où l'on ne sait plus trop bien ou s'arrête la réalité et où commence la fiction ou bien l'inverse.

La folle galopade du cheval mort

Il est encore possible de publier des livres tout à fait originaux, difficiles à classer, à définir ou à résumer. Ainsi de La vie est un cheval mort, dernier tome de la tétralogie que Daniel Fano publie aux Carnets du Dessert de Lune. Ce livre fait suite à trois autres romans, mais il n’est sans doute pas nécessaire d’avoir lu ceux-ci pour lire celui-là : de toute façon, c’est à une expérience de lecture inhabituelle que l’on est convié ici.

Les premières pages semblent appartenir à un roman policier : on a affaire à des armes et à des personnages aux noms étranges, contenant un nom propre connu (Patricia Bartok, Jimmy Ravel), un nom commun évocateur (Monsieur Typhus) ou présentant une structure improbable (les mots « Inspecteur et Flippo » désignant une personne unique). Mais, très vite, la scène dans laquelle on croit être entré se démultiplie et se fragmente : on a l’impression que les cartes narratives se sont mélangées, que d’une ligne à l’autre on passe à un tout autre point du récit. Puis, ce récit lui-même est abandonné pour laisser place à de tragiques morceaux d’histoire récente : quelques paragraphes sont consacrés, çà et là, à la violence guerrière, à l’antisémitisme, au terrorisme, aux exactions américaines en Irak, à Baader, à Khadafi, au Che Guevara, à Arafat, à Mao, à Staline, à Mobutu ou à Goebbels. À ces paragraphes se mêlent d’autres où, sans transition, il est question de mannequins anorexiques, d’actrices porno, de stars de la pop américaine, Elvis, Madonna, Marilyn Manson, de rappeurs bling-bling, d’un conférencier qui explique que « la société qui a remplacé celle des dinosaures touche à son terme », d’actrices hollywoodiennes, de Clausewitz qui professe que jamais l’humanité ne renoncera à la violence, de l’exposition de cadavres plastinés du docteur Von Hagen, de « l’épilation intime », de la « villa penchée » dans Le Mépris, de Desperate housewifes, de la cigarette dans un mouchoir de La dame de Shanghai, de « la modernité de Rimbaud qui tourne le dos au moderne », d’Internet, d’Iphigénie selon Euripide ou Racine, des filles du Crazy Horse, des journalistes qui confondent métonymie et métaphore, des considérations de Rousseau sur la masturbation, du joueur d’échecs Bobby Fisher, de Chostakovitch, du décolleté Wonderbra et des bas Dimanche devenus les panty Dim, etc. Certains de ces motifs ne sont présents qu’une fois, d’autres reviennent avec insistance. Et de temps en temps réapparaissent les personnages fictifs, dont l’activité consiste à perpétrer de nombreux assassinats. Ils reviennent d’ailleurs parfois tels quels : les pages 52 et 133, qui les mettent en scène, sont identiques.

Daniel Fano veut-il à travers cette construction habile et insolite faire passer un message ? Si l’on se place du point de vue politique, deux lectures sont possibles. Ou bien il s’agit de dénoncer d’un même mouvement la violence guerrière et l’instrumentalisation du corps de la femme – double dénonciation qui ne peut qu’entraîner une adhésion unanime. Ou bien il faut considérer qu’en racontant les horreurs perpétrées par les uns et les autres, Fano cherche à annuler toute distinction entre la gauche et la droite, la bande à Baader et les nazis, les Israéliens et les Palestiniens, Bush et Chavez, les talibans et Massoud, les attentats sanglants et les films pornographiques, toutes choses étant égales dans l’abjection… Cette seconde position, on le voit, est nettement moins consensuelle. Et, comme l’écrivain se trouverait dans la situation paradoxale qui consiste à émettre un discours contre l’idéologie, c’est-à-dire contre le discours, la déconstruction profonde du texte servirait alors à éviter la construction idéologique. Si la politique est ici omniprésente, elle se limite en effet à des faits sanglants. La profondeur est atteinte paradoxalement par la mobilité constante de la surface – et non par la fouille obstinée.

Mais peut-être, troisième hypothèse, Fano ne cherche-t-il pas à transmettre un message. Il aurait alors seulement besoin de dresser un constat, si amer soit-il, sans rien espérer de sa formulation. Et son moyen d’expression est alors la littérature, même s’il s’aventure aux frontières de celle-ci. « Son ouvrage est essentiellement polyphonique », explique un communiqué de presse. Je dirais plutôt qu’il est dodécaphonique : on entend une voix unique, celle de l’auteur, mais qui passe le plus rapidement possible par toutes les possibilités de la gamme, en juxtaposant les motifs sans se soucier de la vieille harmonie tonale. Il en résulte un livre grave et envoûtant, plus facile à lire qu’il n’y paraît à première vue, un livre qui ne ressemble à nul autre…

… si ce n’est au Repaire du biographe, que le même Daniel Fano fait paraître à La Pierre d’Alun. Il s’agit d’un livre illustré par Jean-François Octave, où l’on retrouve certains des personnages fictifs de la tétralogie, ainsi que quelques-unes des obsessions de l’auteur, notamment les stars hollywoodiennes. Le repaire est cependant moins dur que La vie est un cheval mort. Voilà deux entrées différentes pour accéder à l’univers éclaté mais cohérent de Daniel Fano.


Laurent Demoulin

Copyright Le Carnet et Les Instants N°157

Daniel Fano, La vie est un cheval mort, Bruxelles, Les Carnets du dessert de Lune, 2009, 148 p., 17 €.

Daniel Fano, sérigraphies de Jean-François Octave, Le Repaire du biographe, Bruxelles, La Pierre d’Alun, 2009, 75 p. 32 €

mercredi, 10 juin 2009

Ca va signer à Saint-Sulpice

Si le hasard, les circonstances, l’envie, la curiosité font aller vos pas la semaine prochaine vers la Place St-Sulpice à Paris où se tiendra le 27ème Marché de la Poésie, du 18 au 21 juin, vous pourrez rencontrer sur le stand Face A3 que j’occuperai en compagnie de la revue et des éditions Archipel le samedi 20 juin :

à 14h00 : Jean-Marc Flahaut et Daniel Labedan pour “Spiderland” et “Transatlantique
à 15h00 : Perrine Le Querrec et Stéphanie Buttay pour “Coups de ciseaux
à 16h00 : Alain Dantinne et Saïd Mohamed pour “Journal d’un incapable” et “Souffles
à 17h00 : Anne-Lise Blanchard & Vio et Marcella pour “Anonyme euphorbe” et “Trente cette mère avant

tandis qu'au Jardin des Livres, Hervé Bougel vous montrera ses "Pommarins"

On ouvrira des livres, on lira sans doute quelques mots, on débouchera quelques bouteilles, on vous offrira l’un ou l’autre titre de la collection Dessert, toutes choses qui devraient rendre ces heures agréables.

Et si vous veniez les partager avec nous.

 

affiche marché de la poesie.jpg