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jeudi, 24 septembre 2020

La nuit des nouvelles

Affiche NDN 2020.jpegC'est demain, la nuit des nouvelles à Carpentras.

La compagnie Maâloum y lira notamment le texte "Le rêve" de Pierre Autin-Grenier, extrait du livre "Légende de Zakhor" reédité en 2016 aux Editions Les Carnets du Dessert de Lune (et toujours disponible) https://www.dessertdelune.be/store/p823/L%C3%A9gende_de_Z...

Légende de Zakhor.jpg

lundi, 21 septembre 2020

Note de lecture pour "Vers Valparaiso" de Perrine Le Querrec

Une note de lecture sur le blog de Recoursaupoeme, signée Philippe Thireau à propos du nouveau recueil de Perrine Le Querrec "Vers Valparaiso" publié aux Editions Les Carnets du Dessert de Lune, c'est à lire  ci-dessous

« Et nous irons à Valparaiso où d’autres laisseront leur peau. » Ce vers de la très belle chanson de marins Nous irons à Valparaiso n’apparait pas dans l’ouvrage haletant de Perrine Le Querrec ; le nom même de Valparaiso est ignoré. Seul le titre témoigne de la quête. C’est un livre sur l’écriture, l’acte d’écrire, l’art de penser l’écriture – de se perdre définitivement sans mourir dans l’écriture.
On pense l’écriture avec toutes les ressources extérieures au geste et avec celles que recèlent le corps de l’écrivain et sa pensée. Mais la musique, le chant, si bien portés par Marc Ogeret en son temps et par le capitaine Haddock dérivant dans l’espace dans On a marché sur la Lune, la petite musique de la lente dérive de l’écrivain vers Valparaiso, le port ultime de la pensée totale, cette petite musique hante les pages de l’ouvrage :   et ho-hisse et ho !
Les ressources extérieures sont multiples : des plus petits objets, les grains du sol, l'orange, aux plus imposants, les toits des usines... La ressource intérieure est infinie et mêlée intimement à l'environnement ; l'éthologie n'est pas absente non plus des ressources de l'écrivain.
Les bêtes écrivent aussi dans sa tête aux milliers d’yeux : des animaux à vouvoyer là où l’humain… note Le Querrec, ou encore un poulet à gagner des visages avides. L’image d’un singe sur l’épaule, comme celui du général Pichegru, reclus en Guyane à la fin du XIXème siècle : un ouistiti, le plus sûr compagnon de son Journal. Toutes les ressources de la symbolique, de la métaphore sont engagées durement par l’artiste. L’écrivain est un artiste, c’est le pari de Perrine Le Querrec. Il n’est pas celui qui raconte une histoire forcément attachée à l’actualité et ainsi liée au monde du commerce et de la rentabilité immédiate du livre. L’art est au-dessus de cette position.
Le titre d’abord : la première page intitulée Titre de Vers Valparaiso cache Valparaiso pour mieux le dévoiler dans les arcanes de la pensée ; le développement en boucle reviendra par La Fin (dernière page) au début, soit au Titre, grâce à ce Jamais jamais plus nue que nue dans la salle des nus jamais jamais. Ainsi le titre est nu, jamais prononcé il ne sera. Mais toujours sera porté par la petite musique des voies et voix explorées.
Revenons, juste le temps d’une phrase, à l’intime, à la ressource intérieure : elle dit, Perrine Le Querrec, sur le chemin de Valparaiso, les lèvres flottent autour des mots, ou encore, je suis enceinte des livres. On soupçonne des grossesses pathologiques. Il faut aller jusqu’au noir […] le monde n’arrête pas de tomber. Il est temps de déshabiller le cheval. Formule extraordinaire, qui dit plus qu’un roman. Déshabillons-le ce cheval d’envie.
L’acte d’écrire se meut dans ces entrelacs mais il ne s’y résout pas. Cheval déshabillé, écriture déshabillée, acte majeur et souverain. Loin de l’industrie littéraire qui « répond » à la demande supposée des lecteurs et qui, en fait, assèche l’écriture en la réduisant à un simple moyen de raconter des histoires sans qu’il soit besoin de penser, surtout pas, Perrine Le Querrec renoue avec l’écriture magique, vectrice du chant venu des profondeurs, de l’ancien. Comment ? En bannissant une ponctuation régulière trop écrite et banalisant le sens, elle œuvre pour l’émergence d’une littérature cherchant l’empreinte pure, et propose au lecteur plus un travail qu’une lecture. Mais un travail réjouissant, poétique, à l’école de tous les dieux accompagnant le naturel – sous le regard de Baruch de Spinoza ; pourquoi là une virgule et pas ici (point ici sèmerai le trouble) ? Parce que. Parce qu’il faut cesser de se raconter des histoires convenues, il faut désapprendre à être trop raisonnable et enfermé dans la boite à quatre coins qu’on appelle livre marchandé, normé ; la ponctuation arrachée à sa norme soulève le livre, le « machine » à l’envers, en fait une arme à penser ce qui n’est pas écrit mais possible. Lisons et écoutons cette musique :
Vers Valparaiso.jpgEn rond
Tourne en rond
Tourne mes pages en rond
Je tourne en rond mes pages
Mets en pièce et reconstruit l’univers
La phrase se recourbe et enroule ses
tourbillons parfaits
Son rythme me noie, me dévoile me noie,
insatiable inlassable
Emportée par le courant de la raison,
si j’aspire une grande bouffée de mots
survivrais-je ?
Me dévoile me noie…

mis en exergue entre deux rares virgules… au loin se devinent les lumières du port de Valparaiso.

© Philippe Thireau in https://www.recoursaupoeme.fr/perrine-le-querrec-vers-val...

jeudi, 17 septembre 2020

Les deux prochains titres à paraître en octobre

Ça, qui me poursuit.jpgultima prova d'orchestra 14.09.jpgEn octobre paraîtront deux nouveautés aux Carnets du Dessert de Lune, nouveautés dont vous avez déjà vu les visuels de couverture et qui seront, probablement, les dernières pour moi à la barre des éditions avant de passer la main à une nouvelle équipe en 2021.

"Ça, qui me poursuit" de Sylvie Durbec, couverture de François Ridard, préface de Cécile Guivarch dans la collection Pleine Lune.

"ultima prova d'orchestra" de Michaël Glück, couverture de Pascalaine Boura dans la collection Pousse-Café.

Ces deux titres peuvent être consultés sur le site des éditions

à cette adresse https://www.dessertdelune.be/store/c405/Nouveaut%C3%A9s.html Au bas de la fiche de chaque livre, en cliquant sur le bouton HOP ! UN EXTRAIT, vous pourrez télécharger des extraits.

Du 17 septembre au 4 octobre 2020, je vous propose de les précommander sur le site des éditions et de profiter d'une remise de 2 € pour chacun de ces deux titres. Pour se faire il vous suffira, au moment de finaliser votre commande d'ajouter le code promo deuxeuros. Comme d'habitude les envois seront franco de port.

Malgré les temps difficiles, j'ose espérer que vous réserverez un bon accueil à ces deux livres.

lundi, 07 septembre 2020

Le 12 septembre à Charleroi

8 livres.jpgCe sera le 12 septembre et c'est dans pas longtemps.

Les éditions du Basson, Joëlle Fensie, Étienne Vanden Dooren organisent un mini-salon du livre "SAUVEZ 8 LIVRES... OU PLUS". De 10h à 18h. Passage de la Bourse, à Charleroi.

Les Éditions Les Carnets du Dessert de lune, entourées de chouettes éditeurs, y seront représentées par le fidèle Pascal Blondiau et la non moins dynamique Chantal Talotti. Ils vous proposeront un choix de titres auxquels vous ne pourrez résister.

Pascal Blondiau y dédicacera ses deux recueils à votre convenance. Patrick Devaux y dédicacera ses deux romans à 15h00.


Ne ratez pas cette occasion, avant ou pas, d'autres salons d'ici la fin de l'année.

Infos pratiques: https://www.facebook.com/events/310728866711923/

 

mercredi, 19 août 2020

Un auteur du Dessert de Lune performe dans Les Hauts de France

La Cie MouvemenT(é)s est en tournée dans toute la Région Hauts de France aux mois d'août et septembre 2020 pour une performance danse-musique et poésie intitulée "Autour de toi".


Les artistes embarqués dans l'aventure sont Aurore Floreancig chorégraphe-danseuse, Nicolas Ducron musicien-chanteur, et Jean Marc Flahaut poète auteur aux Carnet du Dessert de Lune de "Bad Writer", "Spiderland" et "Rengaine, suivi de Sept secondes avec le soleil".
 
118007773_2326122884200374_7886366130731801756_o.jpgcrédit photo : Gabriela Tellez

Pour en savoir plus, allez voir sur ce lien
https://www.ciemouvementes.fr/agenda/

samedi, 15 août 2020

Deux notes de lecture à propos de l'A.A.F.L.A

Bonjour,

J'ai plaisir à vous informer, de récentes notes de lecture à propos de "L'A.À.F.L.A, L'Appareil À Fabriquer Les Aphorismes" qui vient de paraître au Cactus inébranlable éditions, sous une couverture illustrée par le peintre Gérard Sendrey.

Voici les liens pour les lire :

Sur le blog d'Eric Dejaeger http://courttoujours.hautetfort.com/archive/2020/06/29/un...

Sur le site de l'areaw https://www.areaw.be/1827814-2/

Ce livre peut être commandé directement chez l'éditeur : https://cactusinebranlableeditions.com/produit/la-a-f-l-a/ ou en librairie.

Si vous souhaitez un exemplaire dédicacé, vous pouvez aussi me le commander directement via paypal à dessertlune@gmail.com en versant le montant de 10 €. Ou par chèque ou virement.

 Bonne lecture et bon week-end. Jean-Louis Massot

Aplat - AÀFLA 07-05-2020.jpg

 

mardi, 11 août 2020

les dernières notes de lecture pour La Tétralogie de Daniel Fano

Les dernières notes de lecture de Denis Billamboz pour les volumes III et IV de la tétralogie de Daniel Fano. Pour lire les 4 notes de lecture rendez-vous sur La Tétralogie  et cliquez en bas de la fiche sur le bouton Presse-Lit-on.

Du tirage de 48 ex numérotés, il reste les exemplaires N°34 à 48. Sont disponibles sur la boutique en ligne des éditions :  La Tétralogie. Envoi franco de port.

Daniel FANO : La Tétralogie (Les Carnets du Dessert de Lune éd., 2020), 4 volumes de 106, 120, 116 et 160 pages. Illustrations des couvertures de Graziella Federico. Avec un supplément de 24 pages en tirage limité de J.F. Octave , 60 euros l’ensemble sous coffret.

Une fin dans les violences absurdes

Tétralogie - Tome IV. Daniel Fano. 

Ce titre constitue le quatrième et donc dernier opus de la tétralogie que Daniel Fano voulait publier sous la forme d’un coffret, ses amis réunis autour de son éditeur, Les carnets du dessert de lune, ont réalisé ce vœu sous la forme d’un hommage posthume. Ce texte est, comme les trois précédents, une sorte de gigantesque puzzle où se mêlent tout ce qui constitue la culture populaire en allant du cinéma, à la chanson, en passant par la littérature, la mode, …, et tout ce qui agite le monde : les conflits armés ou politiques, les querelles géopolitiques, confessionnelles ou idéologiques, …. Et pour relier toutes les pièces de ce puzzle, Daniel Fano retrouve ses personnages fictifs récurrents : Monsieur Typhus, Double A, Rosetta Stone, Rita Remington, Inspecteur et Typhus, …, tous toujours aussi sadiques et cyniques, régleurs de comptes définitifs.

Dans ce dernier tome, il m’a semblé que Daniel s’approchait un peu plus de l’actualité, un peu plus des faits réels en en dévoilant même certains qui n’ont jamais été réellement médiatisés. Il explore le dessous des événements, des affaires, des faits divers ou même des grands conflits car il n’a aucune confiance dans les médias, notamment dans la télévision qu’il accuse de déformer l’information. « Je dis toujours que l’obscénité véritable a pour origine le traitement de l’information à la télévision…. La télévision fait tout ce qu’il faut pour empêcher le public de savoir que le Mal est incarné essentiellement par tous ceux qui essaient de nuire à la création artistique ».

Cet opus, c’est aussi la conclusion de la tétralogie, ce qu’il retire de tout le travail qu’il a effectué pour en écrire les quatre tomes. On sent qu’il voudrait convaincre ses lecteurs qu’on leur raconte souvent des bobards, qu’ils sont trop, beaucoup trop, crédules, qu’ils se laissent trop facilement enfumer. « Tous toujours prêts à se laisser convaincre de n’importe quoi par n’importe qui ». Ce n’est pas la réalité qui fait l’actualité, écrit l’histoire, dispense la gloire et la renommée. « Vrai ou faux ? / peu importe : ce qui compte, c’est la légende, ce qu’on racontera de lui quand il ne sera plus de ce monde ». Daniel nous ne t’avons pas oublié et nous écrirons ta légende avec les mots que tu nous as laissés.

Et Daniel, il était aussi un peu devin, il pensait peut-être déjà à notre actualités quand il écrivait : « La Peste allait bientôt combler son retard sur la Famine, la Guerre et la Mort ». Reste bienveillant en ton paradis des écrivains et veille sur notre sort bien incertain.

Ce tome c’est aussi la fin de son aventure dans cette tétralogie, il règle le sort de ses personnages fictifs pour qu’ils ne réapparaissent pas dans un autre texte, mais pas n’importe comment, quand il écrivait ces lignes, j’ai eu le sentiment qu’il pensait déjà à sa propre mort, à celle qu’il voudrait avoir le moment venu, hélas venu trop vite, une mort dans la dignité et l’acceptation. « Il voulait maintenant arriver à mourir de façon à ce que ce ne soit pas trop « déjà-vu », qu’il y ait de la fantaisie, une singularité.

Comme entrer dans la solitude, non pas en amateur, mais le masque souriant ». On dirait déjà un écrit testamentaire mais il l’a rédigé plus de dix ans avant sa propre mort.

La vie est un cheval mort vient après : - L’année de la dernière chance - Le privilège du fou - Sur les ruines de l’Europe. © Denis Billamboz http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/58326

 Tétralogie - tome III. Daniel Fano.

En commençant ce troisième opus de sa tétralogie, Daniel Fano pensait peut-être au célèbre poème de François Villon : « La ballade des pendus ». Je n’ai pas pu éluder cette éventualité en lisant cet extrait : « … il s’est arrêté sous la potence, et le bourreau lui a passé la corde au cou … Il s’est appelé Ribbentrop, Rosenberg, Jodl, Keitel, Kalten-brunner, Frick, Frank, Steicher, Sauckel, Seys-Inquart». Comment introduire plus judicieusement un texte qui s’intitule « Sur les ruines de l’Europe » qu’en rappelant le sort de ceux qui sont parmi les pires fripouilles, les premiers responsables, de l’indicible horreur qui a déchirée l’Europe, les pires horreurs jamais perpétrées au cours des siècles. C’est sur les ruines de cette Europe que Daniel Fano a construit son texte, en évoquant la bataille de Stalingrad, la destruction de Dresde et bien d’autres malheurs qui ont déchiqueté l’Europe et le monde pendant et après la guerre et même au début du nouveau millénaire.

Comme dans ces autres opus Daniel collectionne ces événements en les mêlant avec des fictions, films, romans, des faits divers plus ou moins mémorables, des catastrophes naturelles ou humanitaires plus ou moins dépendantes de la volonté et de la négligence des hommes, des événements politiques ou géopolitiques, tout de ce qui constitue et agite le monde et ses occupants. On rencontre aussi dans son texte, les héros qu’il balade d’un livre à l’autres, ses célèbres héros sadiques, cyniques et sanguinaires. Je ferais bien mienne cette citation que j’ai lu dans la présentation d’un autre ouvrage de Daniel Fano : « non content de passer les clichés du roman d’espionnage à la moulinette, l’auteur entraîne ses personnages vers leur devenir-machine, ils ne vont plus tarder à entrer dans la post-humanité ». Je partage volontiers cette interprétation même si, quelques mois avant sa mort, Daniel me confiait lors d’un échange de courriels qu’il ne se considérait pas comme un destructeur, il voulait simplement exposer, dénoncer, tous les travers véhiculés par les médias diffusant la culture populaire.

Sur fond des airs musicaux qui ont bercé notre jeunesse, même si pour la plupart d’entre eux ils n’étaient pas particulièrement adaptés à ce genre musical, il a écrit un texte qui sonne comme un vieux rock n’roll avec des mots qui swinguent, qui claquent, qui hurlent, qui chantent dans des phrases courtes, percutantes, vibrantes comme les vers des refrains de ces fameux tubes qui ont fait danser notre jeunesses sur un rythme haletant.

Dans ces textes très modernes, gavés de noms propres qui claquent comme des rafales de kalachnikov, pétaradent comme les moteurs des énormes tires américaines, Daniel Fano exprime son inquiétude devant le monde que nous croyons connaître, que nous croyons comprendre. Et pourtant, « Les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent : il y a un décalage entre ce qu’elles sont vraiment et comment elles sont perçues ».

Lisons attentivement le message de Daniel, dans les quatre tomes, il comporte certainement des éléments de réponse aux questions soulevées par les diverses crises que nous connaissons actuellement.

- L’année de la dernière chance - Le privilège du fou - Sur les ruines de l’Europe - La vie est un cheval mort. © Denis Billamboz http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/58126

samedi, 08 août 2020

Une nouvelle note de lecture pour Sans Abuelo Petite

Sans Abuelo petite.jpgA lire sur le site des éditions Les Carnets du Dessert de Lune, une nouvelle note de lecture signée Christophe Stolowicki à propos de Sans Abuelo Petite de Cécile Guivarch et Jérome Pergolesi.
Cliquez sur Sans Abuelo Petite puis sur le bouton PRESSE LIT-ON (en bas de la fiche du livre) pour lire cette note de lecture et d'autres.
Vous pouvez commander ce titre directement sur le site ou le demander en librairie.
 

mardi, 21 juillet 2020

Yves Budin s'expose

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C'est reparti. La saison des expositions du Hangar recommence!
Pour redémarrer, nous aurons le plaisir de recevoir l'artiste liégeois Yves Budin.
"L’illustrateur liégeois Yves Budin expose ses dernières créations : vagabonds lunaires, outlaws, déserts solitaires, artistes crépusculaires, musicos solaires, femmes libres, ...des personnages paumés dans la syphilisation, la toxi-cité, et d’autres savourant une vie gorgée de simplicité."
Le vernissage aura lieu le jeudi 23 juillet dès 18h00.
expo yves budin 2.jpg
L'exposition sera accessible du 24 juillet au 8 août, les mercredis et jeudis de 16h30 à 19h30, ainsi que dans le cadre des Dimanches du Hangar, pour ceux qui ont leurs places.
Il est également possible de prévoir un rendez-vous pour une visite de l'exposition par sms au 0472 74 46 80.
 
Et si vous êtes du côté de Sète, n'oubliez pas de rendre visite à Yves Artufel aux Voix Vives de la Méditerranée.
Il y est jusqu'au 25 juillet où il expose ses éditions Gros textes et quelques livres des éditions Les Carnets du Dessert de Lune.

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Yves Budin s'expose

expo yves budin 3.jpgexpo yves Budin 1.jpgC'est reparti. La saison des expositions du Hangar recommence!
Pour redémarrer, nous aurons le plaisir de recevoir l'artiste liégeois Yves Budin.
"L’illustrateur liégeois Yves Budin expose ses dernières créations : vagabonds lunaires, outlaws, déserts solitaires, artistes crépusculaires, musicos solaires, femmes libres, ...des personnages paumés dans la syphilisation, la toxi-cité, et d’autres savourant une vie gorgée de simplicité."
Le vernissage aura lieu le jeudi 23 juillet dès 18h00.
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L'exposition sera accessible du 24 juillet au 8 août, les mercredis et jeudis de 16h30 à 19h30, ainsi que dans le cadre des Dimanches du Hangar, pour ceux qui ont leurs places.
Il est également possible de prévoir un rendez-vous pour une visite de l'exposition par sms au 0472 74 46 80.
 
Et si vous êtes du côté de Sète, n'oubliez pas de rendre visite à Yves Artufel aux Voix Vives de la Méditerranée.

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dimanche, 19 juillet 2020

Des livres du Dessert de Lune à Sète

109914488_330584914773901_8506049130188476999_n.jpgDu 18 au 25 juillet, vous pouvez trouver des livres des Carnets du Dessert de Lune aux Voix Vives de la Méditerranée à Sète, sur le stand de l'ami Yves Artufel, capitaine des éditions Gros Textes.
Si vous passez par là, laissez-vous tenter par l'un ou l'autre Dessert de Lune.
Il y aura sans doute des auteurs que vous croiserez qui, si l'occasion se présente, vous dédicaceront leur livre.
Bonne visite.

samedi, 04 juillet 2020

Du 18 au 25 juillet, soyez à Sète

Du 18 au 25 juillet, Les éditions Les Carnets du Dessert de Lune seront exposés sur le stand des éditions Gros textes et représentées par Yves Artufel.

http://www.sete.voixvivesmediterranee.com/

Vous y trouverez les plus récentes parutions ainsi que d'autres titres dans les diverses collections.

Vous n'avez pu les acquérir au marché de la poésie de St-Sulpice en juin pour les raisons que vous savez, alors passez par Sète et laissez vous tenter.

samedi, 27 juin 2020

L.A.A.F.L.A et le salon de l'autre livre

Bonjour,

Comme vous le savez peut-être, à cause de procédés peu respectueux des règles en vigueur, établies elles-mêmes par les organisateurs du salon de l'autre livre : (premier arrivé, premier inscrit), alors que le mail d'inscription a été envoyé à des dates différentes, ce qui fausse le jeu, il a été répondu aux Carnets du Dessert de Lune que la liste était complète... et que malheureusement (sic) il n'y a plus de place... Ceci pour vous informer, si jamais vous aviez eu l'intention de venir y faire acquisition du recueil qui vient de paraître au Cactus Inébranlable Editions "L'A.À.A.F.L.A, L'Appareil À Fabriquer Les Aphorismes", ce ne sera pas possible lors de ce salon mais peut-être, si c'est maintenu, lors du marché de la poésie de St-Sulpice en octobre.

Mais comme vous ne pourrez pas attendre jusque là ... je vous propose d'acquérir ce recueil soit chez l'éditeur ou bien directement chez moi à dessertlune@gmail.com Et peut-être cet article de presse qui vient de paraître vous donnera cette envie.

Belle journée à vous. Jean-Louis Massot (et désolé si vous avez déjà reçu cet article via un autre canal).

Couverture - AÀFLA 23-04-20 %282%29.jpg"Après un livre de Jean-Louis Massot éditeur, j’enchaîne avec un livre de Jean-Louis Massot auteur et la qualité est toujours la même, à passer sa vie dans les livres, à séparer le bon grain du moins bon grain, il a affuté le talent inné qu’il a pour les lettres, sa plume ne le trahit pas plus que son nez. Dans ce recueil, il nous raconte comment il a inventé une machine infernale capable de fabriquer les meilleurs aphorismes. Mais, la machine est fragile, capricieuse, espiègle, …, il est nécessaire de suivre scrupuleusement la fiche technique pour le montage, comme pour les meubles vendus dans des grandes surfaces construites par des Suédois, et le mode d’emploi pour l’utilisation. Cette machine aurait pu être inventée par Pierre Dac avec l’assistance de Raymond Queneau et les conseils d’Achille Chavée et certainement d’autres que j’ai moins lus, elle aurait peut-être tout aussi bien marché.

Avant de dévoiler un échantillon d’aphorismes produits par cette étonnante machine, il convient de rappeler, car certains en doute encore, qu’« Un aphorisme court en dit long » et même qu’il en dit beaucoup sur certains : « Montre-moi un peu ton aphorisme et je te dirai qui tu hais ». Et malgré toutes ces qualités « …l’aphorisme n’est toujours pas reconnu comme remède à la morosité » et pourtant « Un aphorisme n’est pas un médicament à prendre à la légère ».

L’A.A.F.L.A. est une machine impitoyable, elle ne tolère pas l’approximation, elle avertit les rimailleurs : « Il y a des poètes qui méritent des coups de métrique sur les fesses ». Elle est aussi très perspicace, un peu cancanière, elle sait tout même ce que la femme du pompier de service ignore, « Quand il la trompa, la femme du pompier n’y vit que du feu ». Elle connait même tous ceux qui ont des comptes ou des contes à rendre, ou presque, « A la fin de leur vie, les frères Grimm avaient-ils encore des contes à rendre ».

La liste pourrait être beaucoup plus longue mais il faut en laisser pour les lecteurs assidus, et même les autres, de cette brillante collection. Je dévoilerai cependant ce petit dernier que j’ai particulièrement goûté : « Et si quelqu’un nous avait appris à rire l’alphabet sur les bancs de l’école ? » Excellente question vous avez bien fait de la poser à vos fidèles lecteurs !"

© Denis Billamboz. mesimpressionsdelecture.unblog.fr

mardi, 23 juin 2020

note de lecture à propos du 2e opus de la Tétralogie de Daniel Fano

Le privilège du fou 2020.jpegDaniel Fano Tétralogie. Couverture de Grazielle Federico.

Pour ce deuxième opus de sa tétralogie Daniel Fano évoque le privilège du fou, ou peut-être d’un fou ? Du fou de culture qu’il était, gavé de culture populaire, pas forcément celle qu’il recherchait mais celle qui envahissait son bureau, celle dont il devait rendre compte, celle qu’il nous suggère encore de considérer avec précaution. En lisant ce texte, j’ai l’impression de voir un paquet de revues, de journaux, de magazines, …, envahissant son bureau, j’ai l’impression aussi de pouvoir lire les titres de ces publications qui lui sautaient aux yeux. Des titres qu’il voyait peut-être plus qu’il ne les lisait, en écoutant la radio ou en visionnant des films pornos, d’horreurs, policiers ou autres encore. Des titres qu’il a recopiés sans ordre apparent, mêlant les informations douloureuses, comme celles concernant les enfants soldats au Liberia, et la présentation des films pornographiques ou au lancement d’un nouvelle voiture. Les voitures, il semble avoir un gros faible pour les belles américaines et les grosses allemandes au nom qui claque comme une liasse de dollars sur le coin d’un bureau.

Toutes ces informations mises bout à bout constituent comme un énorme patchwork : guerres, insurrections, émeutes, massacres, atrocités, catastrophes, sexe plus ou moins débridé, faits divers atroces ou réjouissants, films, romans, chansons, musique, mode, événements culturels, politiques, exploits et excentricités divers, …, représentant l’histoire de notre monde dans la deuxième moitié du XX° siècle. C’est mon histoire qui surgit bribe par bribe, image par image, générant une nostalgie jamais triste même si ces images évoquent des faits souvent bien cruels ou une réelle médiocrité culturelle. C’était le temps où Daniel moi étions jeune, il était lucide, j’étais plus insouciant, il savait beaucoup de choses que j’ignorais encore. En le lisant aujourd’hui, je mesure toute l’étendue de mon ignorance d’alors. « Ecrire un livre, n’est-ce pas faire l’inventaire de nos erreurs et de nos réussites ? » Je ne sais mais le lire c’est à coup sûr mesurer ses lacunes. Et les miennes s’avèrent bien grandes quand je lis tes ouvrages.

Toi qui a pendant de longues années commenté tout ce qui nourrit la culture populaire à travers le monde, tu t’es interrogé sur le rôle du lecteur : « Tu en as marre de ces théories sur le génie du lecteur qui surpasserait celui de l’écrivain ». J’espère que du haut du ciel des écrivains où tu sièges désormais en meilleure place que dans le monde où nous t’avons connu, tu m’accorderas ton indulgence pour la lecture que je fais et ferai encore, de tes œuvres qui m’enchantent toujours. Notamment cette tétralogie qui comporte aussi :

-          L’année de la dernière chance

-          Sur les ruines de l’Europe

-          La vie est un cheval mort

Les Carnets du Dessert de Lune

© Denis Billamboz in mes impressions de lecture blog

Pour en savoir plus sur la Tétralogie c'est LA

samedi, 20 juin 2020

Elle et il parlent de L'A.À.F.L.A

Deux réactions de lecteurs à propos de l'A.À.F.L.A que j'ai quelque plaisir à vous transmettre

 De Martine Laval:

"Je lis.

"Râper sa journée."

ou

"Si tu crains l'avenir mieux vaut retourner dans le futur."

— Vous écrivez ?

— Non ! Je gomme."

Allez, ça suffit pour aujourd'hui, le reste est à lire dans :

L'A.À.F.L.A. L'Appareil À Fabriquer Les Aphorismes, Mode d'emploi de Jean-Louis Massot aux éditions Cactus Inébranlable

De Paul Guiot :

"vous présente, une fois, un livre difficile à lire. Et pour cause : les larmes de rire me brouillent la vue. Dès qu'on l'ouvre, des éclats d'aphorismes et des frites sautent du livre, jonchent le sol de la chambre, se collent aux murs. Quel chantier ! Et je ne vous parle pas du montage de mon AAFLA (Appareil À Fabriquer Les Aphorismes), le désastre ! Les pièces détachées se disloquent avant même que je les effleure. Non mais quelle camelote ! Je me disais bien que pour ce prix, il devait y avoir une arnaque.

Patience... bientôt quelques extraits choisis."

Couverture-AÀFLA-SITE-567x1024.jpgSi ça vous donne envie, à moins que ce ne soit déjà fait, c'est chez l'éditeur

ou à commander en librairie.

Bon week-end.

mercredi, 17 juin 2020

Le violon pisse derechef sur son powète

Le violon pisse sur son powète.jpgUne note de lecture pour "Le violon pisse derechef sur son powète"

Pour en savoir plus sur ce livre, cliquez ICI.

Le titre explicite une distance prise avec le sérieux dans lequel se présente trop souvent la poésie. Le livre présente un ensemble de brefs paragraphes : pataphysiques un peu, humoristiques beaucoup, absurdes jamais, nonsensiques souvent. Le recueil est tombé de la tour d’ivoire et de la boue des sons ; le gravier des lettres a bâti des mots architecturant des aphorismes. Un aphorisme est une phrase orpheline, mais rassemblez-les dans un recueil et ils invitent le lecteur à trouver, entre les paragraphes plutôt qu’entre les lignes, la poésie.

C’est que réunis, les aphorismes voient leur binarité constitutive s’émousser. Leur autonomie, celle-là même qui constitue la puissance de l’aphorisme se dilue quelque peu, surtout qu’ici, ils se suivent comme des strophes d’un long poème de discontinuités. Si le fil directeur d’un raisonnement jamais ne se forme, l’épaisseur d’une tonalité se mue en attitude d’engagement dans le monde. Le danger pour le poète est de briser les limites de l’instant, or l’aphorisme fait mouche dans l’instant. Mais la suite d’aphorismes ne convoque-t-elle pas une durée ? Les contradictions autour desquelles sont structurés les aphorismes s’interpellent, se font échos, parfois se perdent dans le nonsensique. Une conséquence de cette primauté de la durée, de la suite et de l’à suivre, c’est que Le violon pisse derechef sur son powète n’agit pas sur le référent, sur le monde mais interpelle l’univers même de la poésie, les représentations verbales, le langage comme univers. N’est-ce pas une altération du genre, dans le sens où altérer c’est faire autre ?

© Philippe Geneste in Lisezjeunesse

lundi, 15 juin 2020

Vies patinées lu par Philippe Geneste

Une note de lecture sur le blog de Lisezjeunesse.

Martin Jean-Claude, Vies patinées, illustrations de Claudine Goux, préface de Hervé Bougel, Bruxelles, Les Carnets du Dessert de Lune, 2019, 91 p. 14€

 

Constats d’espace

Vivre, c’est interroger le réel que nous impose notre compréhension du territoire de notre vie. L’humain n’est peut-être pas le suzerain d’un lieu de vie qu’il croit sien. C’est plutôt un errant, un passager, celui qui passe ; c’est surtout un être de rencontre qui prend de l’autre et des autres le témoin qu’il porte pour tracer sa propre course.

Tous les portraits de personnes ou d’animaux dessinés par Claudine Goux comportent des chemins de traits, des circulations de motifs, des imbrications de contraires, des mosaïques de parcours,

Vies patinées, est donc le recueil des vies réelles brusquées ou non par l’existence, et manipulées par elle sans ménagement, parfois jusqu’au désespoir qui façonne le paysage intérieur :

« Pousser les jours devant soi, comme détritus au caniveau ».

Et c’est aussi l’illusion des vies lisses, isolées les unes des autres condamnées alors à ne jamais rien arborer que l’étendard des standards des moralisateurs du réussir sa vie. C’est que dans une société de la tyrannie des apparences, la vie est vitrine, alors que le poète plonge dans les ressorts du vivre, pour suivre une autre spatialisation, une autre représentation des choses et des êtres.

Contacts temporels

Si la vie est espace, elle est aussi du temps, mais point tant celui qui élargit ses frontières au fil augmenté de l’âge, que le temps de l’instant. L’être humain porte son futur et son passé dans l’instant. Le poète en appelle aux mots, aux discours, bref au langage -celui intérieur où nous jouons nos représentations et celui extérieur qui investit le dialogue-, comme ce par quoi l’humain donne vie à sa vie « à tout instant et en un instant » 1  : « Le sensible du sentir ne saurait aboutir au sens qu’à la faveur d’un monde de signes, qui ouvre chaque individu (…) au champ d’altérité »2 .

C’est donc à travers l’espace de sa langue que l’humain habite le monde. Le dessin de Claudine Goux page 22 explicite le signe comme port et transport de la personne. C’est dans la langue, sur « la plage de temps » 3 que chacun s’initie au temps, que se façonne l’Histoire et que chacun tisse la sienne. La poésie permet d’entrer dans cette suspension qui peut engendrer le suspens de la vie. Mais il y faut haute patience. Il y faut œuvrer à contre-courant de l’ère de la vitesse qui fracasse le rapport humain au temps. Car l’homme contemporain vit tout urgemment, courant après le temps, luttant, évidemment déceptivement, contre lui.

Du coup, l’espace de l’instant se refusant à lui, l’humain se trouve emporté par le temps qui vient, n’ayant plus que l’accumulation des souvenirs et conséquemment, l’affaiblissement de l’espoir. La hantise des morts signale la brisure de l’instant et le débordement du trop-plein des souvenirs.

S’en référer à une promesse commune

Le verbe en liberté de Jean-Claude Martin s’affranchit des sujets et se nourrit de la vie personnelle et de la société où le poète se meut. Le cheminement alors prévaut sur la destination ou plutôt, il la pré-figure en écartant la prévision qui fige et réifie. La vie est dans ce qui se passe, se patine en saisissant ce qui se dit dans ce qui passe. Elle est pour le sujet une promesse participative, elle est une recherche de convenance entre le réel et le subjectif, elle est l’approfondissement têtu de l’intimité garante de l’extension amplifiée de l’espace extérieur offert à la personne : se trouver au monde, c’est se trouver soi-même :

« en refermant l’armoire, tu te prends à penser que toi aussi on ne t’a peut-être jamais ouvert »

et

« ces livres auxquels tu n’as pas donné vie, est-ce toi-même que tu n’as pas lu ? »

Accepter de quérir la suspension s’est s’opposer à la course mortifère au temps dans laquelle se délecte notre contemporanéité, c’est se réapproprier les saisons, les événements naturels, les surprises, les instants … ce qui n’est pas sans rappeler le Rimbaud des Derniers vers qui écrivait en mai 1872 :

« Elle est retrouvée.

Quoi ? L’éternité

C’est la mer allée

Avec le soleil »

Parce que l’instant est passage ; parce que l’intériorité y rencontre l’extériorité, parce que le symbole appelle le symbolisé : « Quelle vitre nous protège du ciel ? ». L’enjeu serait donc de se réapproprier l’instant. Or la vie contemporaine le fétichise, le prive de sa dynamique propre, de ce mouvement qui le constitue, le traverse, où ce qui vient et ce qui fuit se nouent pour réaliser ce qui est. Dans l’instant réifié, tout est donné à voir ; or, nous dit le recueil Vies patinées, c’est là une « Illusion de survie ». En effet,

« Le jour s’en va, la nuit s’en vient » ;

cet énoncé prouve que ce qu’on croit voir est ce qui est donné à concevoir. Comment opérer cette réappropriation de l’instant ? La poésie est une voie qui offre à prendre un univers verbal immédiat. La poésie est faite de mots disait Mallarmé avec Valéry, donc de la sensation qui émane de leur lecture, de leurs agencements sur la page, entre les pages, de ce qui se soulève aussi d’entre les mots.

En brisant le fétichisme individualiste de l’instant, en permettant au mouvement qui le constitue de s’accomplir, l’humain se trouve traversé par le cosmos qui le constitue, d’où il vient, dont il s’extrait en tant que personne :

« Bientôt la tempête fut si forte que je crus devenir le vent, le sable, l’océan. Tout. Rien du tout… »

Alors, la personne cesse d’occuper son temps, cesse de passer du temps, elle l’accueille. Elle ne cherche pas à remplir son temps. Elle ne cherche donc pas l’air du temps, mais elle laisse le temps venir à elle, elle le fait sien, le configure, pour mieux elle-même se conjuguer avec les autres. Et c’est pourquoi ce qu’on a voulu faire ne s’atteint jamais, mais s’approche, ce pourquoi le poète est dans l’approche

« De quoi est-il mort ? D’un rêve généralisé ».

© Philippe Geneste, juin 2020

 

[1] Jacob, André, « Du Cogito à l’instant du loquor », Degrés, n°143-144, automne-hiver 2010, o-1/o-19, p.o-8

2 Jacob, André, « Du Cogito à l’instant du loquor », Degrés, n°143-144, automne-hiver 2010, o-1/o-19, p.o-6

3 p- 21

mardi, 09 juin 2020

Diacritik pour Vers Valparaiso de Perrine Le Querrec

Vers Valparaiso.jpgDans le magazine Diacritik, voici une note de lecture signée Kathy Jurado à propos de Vers Valparaiso de Perrine Le Querrec, édité en février 2020 aux Carnets du Dessert de Lune.

Pour lire l'article complet qui parle aussi de deux autres livres édités à La Contre-Allées et aux Inaperçus rendez-vous sur Diacritik 

Prendre l’autre à bras le corps, prendre la langue à bras le corps, c’est aussi le programme du magnifique Vers Valparaiso, paru aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune. On y trouve tous les aspects d’une quête : celle de la seule langue possible et désirable, la langue de vérité de la poésie. Celle dont le lecteur ne peut se détourner, qui lui fait parfois monter une houle de larmes ou de nausée, ou bien lui fait éclater le cœur d’une joie sans pareille. Mais loin d’être un simple art poétique, Vers Valparaiso est une défense et illustration, en acte, de la puissance de cette poésie-chair. Entrer dans ce livre, c’est entrer dans un corps, une langue organique saisissante qui s’impose comme un espace de sidération pour le lecteur.

D’abord parce que Perrine Le Querrec situe l’écriture dans le corps, origine le texte dans le corps comme son habitation première, et vit l’acte d’écrire comme geste qui engage ce corps tout entier – comme Jeannot gravant son plancher, comme Bacon, peignant et recherchant une parole qui s’adresse aux nerfs, procure des sensations physiques, délivre la seule vérité : la nudité de l’être, « la vérité d’abattoir » (Bacon le cannibale).

Elle autopsie son sujet, et la langue poétique qu’elle forge constitue l’instrument de vivisection le plus efficace. Le recueil explore aussi ce qu’est l’expérience d’écrire dans sa totalité et sa matérialité — le rapport à l’espace de la page, à la typographie, aux images qui surgissent, aux outils et au corps, aux « mots si chair », à la dislocation et la recomposition de la syntaxe et du lexique. C’est une bataille que raconte Perrine Le Querrec : faire contre et avec le doute, faire contre et avec la langue banale, contre et avec le réel quotidien qui requiert sans cesse, contre et avec les assauts de la sauvagerie d’écrire, qui absente parfois l’autrice, la déconnecte du réel et peut la rendre incapable de vivre avec les autres. Un « langage agité, jamais au repos » : comme dans le court métrage de Joris Ivens sur Valparaiso qui a inspiré le livre, on suit les circulations de l’autrice dans la langue, ses ascensions et ses descentes comme en un escalier infini. Pas d’histoire à raconter autre que celle de l’écriture comme seul espace, seule temporalité : « Les jours en désordre ton écriture sans défense déplie son plan ». Le titre l’annonçait : on est toujours en chemin, dans la poésie, on est vers elle, on rêve la rive comme les marins espéraient Valparaiso après une traversée tumultueuse.

Écriture du désastre, du carnage, de « l’horrible silence du réel », de la terreur viscérale qui remonte des profondeurs de l’enfance, écriture de l’inconscient, de la destruction et de la construction, les textes de Vers Valparaiso ne cherchent pas la pose esthétique mais une langue qui libère la pensée et engage totalement : un « langagement ». Perrine Le Querrec refonde une langue animale, organique, brailleuse, où les mots se mettent à grouiller, à galoper comme des « chevaux de neige ». Elle n’élude pas le chaos, le « langage monstrueux viande à découper » :elle mange sa propre langue et la redécouvre dans l’espace du poème : « Je flirte avec le charabia ». Elle sait qu’elle est bien loin de la légèreté d’une poésie facile qui correspond davantage au goût des lecteurs consommateurs, ces poèmes « tupperware » dont « tu ne risques pas de te blesser en soulevant le couvercle ». Elle s’attaque, elle, « aux rainures du monde », à ce qui demeure hors « des routes, des routines ». Elle fait crépiter le langage, comme une salve.

Dans ce travail, le corps entier est emporté, fébrile, en tension, se creusant comme une caisse de résonance au souffle qui s’impose sans esquive possible, à « cette cohue de mots à la lisière de ma peau ». C’est sans doute le motif de la peau qui est l’insigne de Vers Valparaiso, la peau comme lieu de rencontre entre le monde, le moi et la langue : « si j’écrivais ce livre sur de la peau, ils verraient les mots ». Les figures dont elle s’empare coagulent ainsi dans l’écriture, passent de « la chair au papier », dans un acte de connaissance intime des êtres : « Je taxidermise les vies ».

Cette quête du poème est servie par un complet brouillage énonciatif : Perrine Le Querrec écrit indifféremment je, elle, tu, nous. Quant à l’autrice, elle demeure protégée par l’écriture, elle survit à l’abri et en équilibre grâce à l’écriture ; le vrai je reste inaccessible à la violence du monde, derrière la muraille protectrice des mots, dans le travestissement des tu, des elles, des nous, des moi multiples, différents selon les jours : il fallait ne pas choisir, les laisser tous s’exprimer dans ce recueil choral répondant à la question « Qui ? écrit mais quel geste mais quelle main mais quel cri quelle femme ? » En réalité, Perrine Le Querrec s’écrit aussi, comme on se scarifie : les mots dans la chair, toujours. Au final, on ne sort pas indemne de cette écriture palpitante comme un cœur à vif. Violente et lumineuse, incroyablement libre, cette voix de femme dévoile la poésie telle qu’on la cherche : dangereuse et nécessaire.

© Cathy Jurado, juin 2020

 

  

 

lundi, 08 juin 2020

A propos du premier volume de la Tétralogie de Daniel Fano

Bonjour,

En surfant sur le lien ci-dessous

https://www.dessertdelune.be/agrave-la-lune/a-propos-du-p...

vous pouvez lire une note de lecture à propos de L'année de la dernière chance, premier volume de la Tétralogie de Daniel Fano.

Bonne semaine à toutes et tous.

Jean-Louis

vendredi, 05 juin 2020

Notes de lecture pour "Vers Valparaiso

Bonjour,

Avant le confinement ont paru aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune deux nouveautés.

"Vers Valparaiso" de Perrine Le Querrec. A consulter en cliquant sur le titre

"Et toutes ces mouettes qu'ont-elles à rire" de Saïd Mohamed et Coline Bruges-Renard. A consulter en cliquant sur le titre.

Je vous propose de lire un interview de Perrine Le Querrec paru en deux parties sur le blog des Imposteurs

1er partie     2eme partie 

Et deux notes de lecture en cliquant sur ces liens.

Note de lecture Blog Charybde     Note de lecture L'or des livres

Egalement une note de lecture pour "Et toutes ces mouettes qu'ont-elles à rire" en cliquant sur Note de Lecture.

Ces deux nouveautés (ainsi que d'autres titres) peuvent être commandés à La Générale du Livre ou, si vous n'êtes pas en compte chez eux, à la Maison de la poésie d'Amay qui distribuera les éditions à partir du 1er juin 2020.