lundi, 01 février 2010
Quatre Couleur femme.
On ouvre un oeil, l'autre, on se lève, on écarte les volets et paf, c'est déjà février. Rappelez-vous, avant l'été 2009 je vous proposais des voix féminines dont on parle aujourd'hui dans la revue qu'anime Paul Badin et dont on parlera sans doute au prochain *printemps des poètes.
Ces titres peuvent être commandés par mail à dessertdelune@skynet.be ou chez votre libraire ou via les librairies en ligne. A vous de choisir.
Marcella, trente cette mère avant. Cliquer sur le titre pour commander en ligne.
C’est peut-être vite lu, mais qu’est-ce que ça fait du bien, cette attente d’une mère avant l’enfant !
Tour à tour, elle se doit d’assumer son âge, se laisse aller à rêver jeux d’enfants et maisonnette, s’inquiète de l’avenir du monde, repense à ses parents, prend soin d’elle, réaffirme ses choix de vue, perd un peu patience, imagine la vie du petit être qu’elle mettra au monde, rayonne du bonheur qui lui est confié : cette mère sème des paillettes / sur ses chemins (p. 35) ; cette mère y va (38). Phrases brèves et extrême simplicité pour une parole forte qui nous invite dans l’intimité d’une attente et hausse l’enfantement à la cime de la vie.
Cécile Guivarch, Te visite le monde. Cliquer sur le titre pour commander en ligne.
... ou le dialogue premier avec le nouveau-né. Tout geste de sa part est recherche de sens, acte sur le monde, chaque objet (substantif) est action (verbe) : tu girouettes indiques le vent (12). Enfant, mère, tous deux sont pris dans la toupie des fascinants progrès de l’éveil : tu progresses c’est fou faut voir comme / c’est le fil ta mère arrive à perdre ou / au même rythme tes pas (13).
L’échange-babil s’amplifie, toute ouverture à la vie étant d’abord conquête du langage. Viser d’emblée les sens justes et, avec le temps, affiner la syntaxe : faut croire difficile partir te laisser aller (15). Car tout va si vite : ta main s’ouvre se ferme s’agite /.../ début de parole à dix doigts (16). Et surtout, il n’y a pas de temps à perdre, pour l’enfant : même le jour commence à peine (20).
Laissons-les donc à leurs petits désordres : tu détresses ta mère ne sait comment / les fils détordre [...] et faisons leur confiance : te capte le monde s’émerveille (25).
Anne-Lise Blanchard, Anonyme euphorbe. Cliquer sur le titre pour commander en ligne.
Qu’est-ce, au juste, qu’être à la vie ? Quelles exigences intimes ? Quelles limites à franchir (affranchir) ou non : parabole / de la fission / faille // jusqu’à défaillir (13) ? L’auteure, avec douceur, se met en quête des réponses qui lui sont propres : reprendre avec méthode / l’ensemble / des sens (14), redécouvrir, se recréer la matière de l’intérieur, et, à nouveau forger les mots : une langue / se forme se déforme / se reforme (17). La création poétique est outil de connaissance intime du monde et des multiples rencontres possibles avant que tout se replie au cœur / du silence (17).
La langue d’Anne-Lise Blanchard se situe A l’orée / des peaux (24) : j’écris j’efface / ce qui exaspère (25). Très dense, elle ne cesse d’inventori(er) : nous-mêmes, corps et âme, et l’autre, généreusement multiplié au fil des pages.
Christine Van Acker, La dernière pierre. Cliquer sur le titre pour commander en ligne.
La trace du fini sur l’infini, de l’entêtement humain sur la matère indifférente en son silence perpétuel...
Ce prisonnier enfermé dans une tour à Sintra (Portugal) ou sur son globe : il tourne, il marche, il court, il appuie ses pas, il les glisse, il les frotte. / Et la pierre copmmence à s’émouvoir. Elle s’use, elle cède, se laisse prendre par cet homme qui oublie de dormir, qui a tant de chemin à accomplir... (14) Le martèlement communicatif de ce nouveau Sisyphe anime le lecteur, transforme la page blanche en lieu théâtral, en prison. Où l’on nous rappelle que seul le premier pas (16), longtemps esquissé et répété, coûte et compte. Puis, plus l’homme se délite, plus sa force intérieure se durcit, Ne cède en rien à (la) pierre ! (18), Laisse passer l’homme ! (22). Rien d’autre à faire, sinon laisser une trace, une histoire (28) en attendant l’avènement de l’homme / qui n’a plus de pierre à casser (32).
© Paul Badin in N°17 revue N4728
*Couleur femme, thème du 12° Printemps des Poètes (8-21 mars 2010).
16:52 Publié dans Presses lit-on | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marcella, cécile guivarch, anne-lise blanchard, christine van acker, n4728, printemps des poètes
vendredi, 22 janvier 2010
Poésie et Chocolat
Je vous invite à une visite sur le site de La Lune par-dessus le toit : http://www.rougepapille.com/poesie.html
Vous y découvrirez dans la collection Etui : Poésie & Chocolat une sélection d'auteurs d'aujourd'hui parmi lesquels Fanny Chiarello avec un extrait de "La fin du chocolat".
Une boite garnie de poèmes et de carrés de chocolat 100% plaisir.
A lire pour un moment de partage. A croquer pour fondre de plaisir.
15:50 Publié dans Dégustations de lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fanny chiarello, poésie, chocolat


