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samedi, 10 avril 2021

2 notes de lecture pour L'écart qui existe

​Sur le site Le Nouveau Recueil de Jean-Michel Maulpoix, je vous invite à lire une note de lecture signée Jean-Marc Sourdillon à propos du nouveau recueil d’Olivier Vossot « L’écart qui existe » paru récemment aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune et qui clôture 25 années d’éditions avant que celles-ci aillent trouver, dans quelques jours, une nouvelle vie en Normandie à La factorie-Maison Poésie Normandie.
Cette note de lecture est à lire sur http://lenouveaurecueil.fr/Vossot.pdf
 
Egalement cette autre note de lecture signée Christophe Mahy et qui paraitra dans les Amis des Ardennes.
L’écart qui existe. Olivier Vossot. Illustration de couverture de Pascaline Boura. Préface d’Albane Gellé
Il est difficile d’évoquer ce recueil sans se reporter au précédent d’Olivier Vossot, et dont il est la prolongation quasi naturelle, en quelque sorte et en toute logique. J’avais d’ailleurs eu l’occasion de dire ailleurs tout le bien que j’en pensais et la certitude d’assister à l’affirmation d’une vraie voix. S’il existe une filiation entre L’écart qui existe et Personne ne s’éloigne, elle est certes à trouver dans la thématique, à savoir une correspondance mentale, intime, avec un disparu qui est toujours là, toujours plus près parce qu’en deçà du quotidien. Dans les brèches, les interstices, le blanc de la page, le noir de l’écriture. Les mots d’Olivier Vossot ne doivent rien au hasard. Ils sont pesés avec patience, triés sur le volet, non par souci d’esthétique, recherche d’effet ou de singularité sémantique mais parce qu’ils sont les seuls qui font surgir la réalité de l’absence en même temps que son irrémédiable pouvoir de résilience. Certes, l’absence est lisse, sourde mais elle prend corps au quotidien, tout simplement parce que quoi qu’on écrive ou pas, il est toujours question d’une lumière et que c’est en ce mystère que réside tout le sens de la vie humaine. S’adresser au mort pour parler aux vivants et se parler à soi-même. Laisser surgir, être à l’écoute. Des mots viennent dont on ne sort pas. C’est peut-être ainsi que la poésie s’accomplit, avec le silence des souvenirs comme une pierre chaude, / à l’intérieur. Olivier Vossot ne se dérobe pas à la quête initiatique qu’il s’est imposée de longue date, et le lecteur ne s’y trompe pas. Il reconnaît de page en page la recherche de l’équilibre, le fardeau d’un passé sans naissance qui est sans doute le sien, à lui aussi. Il ressent la morsure de jours noirs comme ce qui seul peut solidifier le temps et densifier l’espace. Une belle réussite pour l’auteur, qui confirme que sa voix est à l’unisson des poètes de l’intime et de la profondeur et qu’il puise en toute connaissance de cause aux sources de l’essentiel.
© Christophe Mahy

jeudi, 18 mars 2021

3 nouvelles notes de lecture

3 nouvelles notes de lecture pour "L’écart qui existe" Recueil que vous pouvez commander sur le site des éditions Les Carnets du Dessert de Lune https://www.dessertdelune.be/store/c405/Nouveaut%C3%A9s.h..., ou en contactant la nouvelle équipe des éditions à carnetsdelune@gmail.com ou bien en librairie.

L'écart qui existe. Olivier Vossot. Illustration de couverture Pascaline Boura. Préface Albane Gellé. Les Carnets du Dessert de Lune, collection Pleine Lune. ISBN : 9782390550020. 90 pages.14,00 €

Antoine Emaz aura eu une grande influence sur la poésie contemporaine. Les jeunes poètes qui l’ont lu n’écrivent désormais plus pareil. 0n retrouve chez Olivier Vossot cette façon de sentir les choses au plus serré, au plus fin, et le dire au plus sobre, au plus laconique. L’heure passe comme de l’air. Ecrire l’insaisissable ; ce qui n’a pas d’épaisseur. Là se situe un premier centre névralgique du recueil. Mais se superpose à cette donnée un autre moment, autre que le présent intemporel, puisqu’il est souvent question de souvenir. Des plaques de passé chauffées à blanc. Et attachée à cette période, l’image du grand-père, personnage à la fois fascinant Il me reste tes poèmes  et inquiétant A huit ans j’ai su que j’avais peur de lui, de son mal être… Tout le rapport entre un enfant et un parent malheureux qui l’a profondément marqué insuffle à cette poésie qui aurait pu rester une généralisation vague et infini un fort taux sentimental et humain. A présent ce qui dure/nous sépare  Il y a donc ce dialogue par-dessus les ans et la lecture diaphane des jours qui ensemble donnent toute la qualité à ce livre, qui clôt les éditions de Jean-Louis Massot et ce n’est pas rien d’achever cette aventure. ©  Jacmo in Décharge 189

Le premier livre d'Olivier Vossot, Personne ne s'éloigne (L'Echappée belle), avait été salué ici pour son écriture exigeante et sensible. Le deuxième volume, L'écart qui existe (Les Carnets du Dessert de Lune) confirme notre appréciation sans réserve. L'évocation qu'Olivier Vossot fait de son grand-père est souvent poignante, dans un discret lyrisme qui rappelle une musique voilée, le frémissement d'une voix ancienne, celle de la "chanson grise"." [Il cite ensuite un poème entier : On ne sait ce qui part / [...] / le regard embué pris dans le verre."] © Gérard Bocholier in Arpa

 Second recueil après Personne ne s’éloigne (l’Echappée belle, prix du premier recueil de poésie fondation Labbé), voici L’écart qui existe d’Olivier Vossot aux éditions Les carnets du dessert de lune, avec une illustration de couverture de Pascaline Boura. Les deux titres sont des proposition « relatives » dans leur propos.

Rien de stable en effet, rien d’une vérité unique, mais une poésie impressionniste, par touches pour autant précises, exactes. Quelque chose est énoncé fermement mais sur un terrain si friable. Et cette relativité repose sur quelque chose d’encore plus friable, l’interrogation qui est partout présente : « de nous deux qui regarde », « est-ce que quelque chose se tient encore replié dans la pièce ? », « quel corps est le tien maintenant », « que nous sommes-nous dit ? », « dehors a-t-il existé ? Dedans ? », « que capte l’oreille de ce qu’on peut dire dire, de ce qu’on a pu ? », « que savons-nous du tumulte que chacun porte ? », « A quoi ressemblent nos visages ? »

Toujours dans ce second volume a lieu cette observation des choses les plus ténues, les plus simples, dans le regard d’un enfant de huit ans, face à ce grand père particulier, qui se tait, qui se noie dans l’alcool, qui n’en finit pas de mourir, bien avant sa mort...

Ce sentiment d’enfant que la mort guette, épie, comme lui-même regarde entre les fentes du bois, tout à fait conscient de ce qui se passe en lui, dans la pièce en face, et au dehors…

L’attente est sans doute au cœur de ce livre, l’écoulement lent du temps avec ce sentiment d’engluement qu’il peut également engendrer.

Albane Gellé qui préface le livre parle avec justesse d’ « une belle sobriété » et d’un recueil que tous, « enfants laboureurs, grands lecteurs, curieux tout neufs » peuvent lire.

Car si trop souvent nous ne prenons garde à rien, Olivier Vossot lui, s’attarde, attend, regarde, fait l’expérience de toutes les sensations d’une campagne, d’un rapport humain, de l’intérieur d’une maison comme de son intériorité à lui...

Oui, comme Albane Gellé le dit, parfois on pense à Antoine Emaz dans cette simplicité, pourtant en effet Olivier Vossot a trouvé sa propre « voix de fin silence » pour parler comme Roger Laporte à propos de Blanchot, avec cette question qui lui est également propre « Se souvient-on de soi ? »

Le grand père est malade, peut-être mourant :

« Tu viens de nuit, parfois,/tu vas mieux./je ne sais plus/depuis ta mort le nombre d’années,/quel terme a resserré leurs fascines d’un coup sec/autour de rien. »

L’enfant de huit ans se souvient de l’atmosphère qui passe constamment de l’intérieur des pièces avec leur confinement de bois, d’odeurs, de sons étouffés, à l’extérieur avec la neige, les arbres, la pluie, l’herbe, la mousse, les marronniers et l’enfant oscille : « c’était un autre silence,/un autre temps, l’écart qui existe entre durer et tenir. » Le grand-père tente de durer, l’enfant de tenir.

En attendant, ce qu’il fait tout au long du livre, il observe ce corps de grand-père, ce visage de grand-père, la curiosité des enfants pour les mourants est sans fin : « est ce que quelque chose encore se tient replié/dans la pièce ? Deux peurs/s’observent sans se voir. »

Colère, rancune, non-dits mais aussi rare tendresse et quotidienneté des gestes, « quelque chose brille sur le peu de mur ».

C’est un recueil à la fois fragile et fort, quelque chose insiste dans ce regard d’enfant, il n’est pas que témoin, il engrange les choses petites comme s’il savait qu’elles pourraient un jour lui « servir ». Qu’est-ce d’autre, parfois, l’écriture, que de se tenir à ce qui s’enfuit ? Il en reste une indéniable difficulté à vivre, quelque chose de funambule et tout autant un pas ancré dans la mémoire, sans faiblesse. L’enfant grandi relit les poèmes de son grand-père, c’est aussi ce qui les lie en silence, « nous sommes la même silhouette qui passe. »

Légère brume qui les recouvre, passants incertains se tenant la main, « le temps passe un peu plus vite que nos vies ».

Olivier Vossot a trouvé comment remonter le temps, son livre est silencieux comme le silence d’une pièce où quelqu’un joue en silence, rêve ou regarde par la fenêtre. Pourtant après l’avoir lu, il reste en nous comme l’indéniable chant de l’enfance. © Isabelle Baladine Howald in Poezibao

 

mardi, 16 février 2021

Ce mercredi 17 février à 18h00 en vidéoconférence

Au prochain arrêt je descends.jpgPremière soirée des lettres de L'AEB, le 17 février 2021 à 18h.
En vidéo conférence via l'application zoom.
 
Daniel Simon, Prix EMMA-MARTIN 2020 pour son recueil "Au prochain arrêt je descends" édité aux Carnets du Dessert de Lune, sera présenté par Carino Bucciarelli.
Il suffit de cliquer, à l’heure dite, sur le lien suivant pour assister à cette rencontre.
Association des Écrivains Belges de langue française(AEB)
150 chaussée de Wavre, 1050 Bruxelles
02.512.36.57

dimanche, 07 février 2021

Ça, qui me poursuit

Je vous invite à lire sur le site des éditions Les Carnets du Dessert de Lune, une note de lecture à propos du nouveau recueil de Sylvie Durbec "Ça, qui me poursuit".

https://www.dessertdelune.be/agrave-la-lune/ca-qui-me-pou...

Bonne lecture
J-L Massot, ex éditeur des Carnets du Dessert de Lune.

dimanche, 17 janvier 2021

L'écart qui existe d'Olivier Vossot

L'écart qui existe 600.jpegCette note de lecture dans Terre à ciel.

L’écart qui existe, Olivier Vossot, Editions Les Carnets du Dessert de Lune

Deuxième livre pour Olivier Vossot après « Personne ne s’éloigne »paru à L’Échappée Belle. Dernier pour Jean-Louis Massot en tant qu’éditeur avant de passer la main à la Maison de la Poésie de Normandie et La Factorie. J’ai lu « L’écart qui existe » avec beaucoup d’émotion car la poésie d’Olivier Vossot est vraie, sincère, sensible et humble. La langue d’Olivier Vossot est pure. Je salue en passant le travail d’édition de Jean-Louis Massot, éditeur fort de propositions, à l’écoute et doué pour la communication.

Olivier Vossot dédie « L’écart qui existe » à son grand-père décédé mais aussi à son père. Se détache une affection pour l’aïeul, qui vient visiter le poète de nuit et avec lequel s’engage un dialogue de presque tous les jours : « tu vas mieux ». Le lien n’est pas coupé dans le deuil. Albane Gellé écrit dans la préface que lorsqu’on lit Olivier Vossot on pense à Antoine Emaz mais surtout on lit Olivier Vossot. Je n’en pense pas moins. Si l’auteur est influencé par ses pères, son écriture a sa singularité. Un thème, la transmission familiale déjà explorée dans Personne ne s’éloigne. Le pronom « on » ou encore le « tu » pour parler de soi ou de l’autre, sujets universels. La faculté de mêler le présent et le passé, d’utiliser le temps de la nuit où la rencontre est possible. Temps de l’écriture où redonner vie à ceux qui sont partis devient possible.

Traversé par le paysage, par les jours qui passent, le temps qu’il fait, neige ou pas : exprimer de cette manière un état d’esprit. Des images fortes et sensibles parcourent L’écart qui existe. Parfois en filigrane s’intercale un « se souvient-on de soi ? » Incontestablement, la disparition d’un être cher interroge le soi chez Olivier Vossot. Mais pas seulement le deuil car il est question également de souvenirs d’enfance douloureux et marqués par l’alcoolisme du père. C’est à cet égard que s’opère l’art de la composition du recueil car entre les pages dédiées au grand-père s’introduit la figure paternelle.

Cette poésie est ancrée dans les sensations du passé alternées avec celles du présent. Entre le « tu » et le « on », la frontière est mince, comme par exemple suite à la disparition du grand-père : « l’herbe a poussé depuis, sous tes pas ». Le passé infuse la mémoire par de petits gestes, de petites touches comme avec le souvenir de « son bras un soir / contre lequel je m’étais blotti ». Le temps passe, comme les saisons défilent, « des années vieillissent ». La lumière est aussi bien celle du dehors qu’une autre intérieure : « Au plus sombre du jour on se presse / comme à une lisière ». La pluie, la neige, la lumière extérieure sont prétextes à l’écriture. Tout comme les odeurs, les bruits, le silence, les paroles, la chaleur des bras, ce que l’œil voit, le jour comme il est.

Le sujet de l’alcoolisme, « fardeau d’un passé sans naissance », capable de changer un regard, une personne. « À huit ans j’ai su que j’avais peur de lui, de son mal être ». Et une autre révélation « la solitude qu’il a bue est la mienne ». Mais la clarté est toujours présente dans la poésie d’Olivier Vossot : « la lumière goutte avec le soir ». Tout s’entremêle : les souvenirs à la nature, le jour à la nuit, le père au grand-père, le soi et le vous. Le « silence de n’être plus que soi » fait surface à un moment de l’écriture, de la conscience. Ecrire libère du poids de ceux qui nous ont précédés, de la douleur d’un deuil, qui parfois empêchent d’être. Ce poids dure comme un silence et se tait longtemps. Comme une angoisse ancienne accrochée en soi comme les feuilles dans un arbre. A un moment elles finissent par tomber. Cela laisse place à la sérénité, à une certaine tendresse que certains décideront de retenir de ce livre, celle pour ce grand-père qui écrivait des poèmes. A cette caractéristique indéniable de l’humain :

« Nous portons notre ombre / en terre, n’habitons / que clarté sans voir la clarté », Olivier Vossot finalement répond que « la lumière éclate sous l’arbre ». Je le reçois comme une invitation à s’ouvrir à la vie.

 

L’ombre se décolle peu à peu

le soir, l’herbe claire pour les pas.

On n’entend plus les aiguilles

la terre est molle,

ni le cri à l’intérieur,

qu’on ne peut nommer.

Quelque chose se pose sous les embruns,

le vent sur nous colle.

On marche à travers ce qui arrive

comme si cela nous était dit.

© Cécile Guivarch in Terreaciel janvier 2021

(Ce livre peut être commandé dans n'importe quelle librairie ou, à partir du 25 janvier, à La Factorie - Maison de Poésie - Normandie où les Dessert de Lune continuent leur route.) Mail : carnets delune@gmail.com

vendredi, 08 janvier 2021

Un dernier pour la route

Au prochain arrêt je descends.jpgUn dernier pour la route.
 
Le conseil d’administration de l’A.E.B est heureux de vous annoncer que Le prix Emma Martin 2020 a été décerné à Daniel Simon pour son recueil de poèmes « Au prochain arrêt je descends » paru en 2019 aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune, dans la collection Pleine avec une illustration en couverture signée Pierre Duys et un quatrième de couverture rédigé par Daniel Fano.
Pour en savoir plus sur ce titre, l’acquérir ou le demander en librairie, surfez sur :
https://www.dessertdelune.be/store/p878/Au_prochain_arr%C...

jeudi, 17 décembre 2020

Note de lecture avant 2021

L'écart qui existe. Olivier Vossot. Illustration de couverture Pascaline Boura. Préface Albane Gellé. Les Carnets du Dessert de Lune, collection Pleine Lune. ISBN : 9782390550020. 90 pages.14,00 € 


Albane Gellé, rappelle dans sa jolie préface que « Ce deuxième livre prolonge le premier, il est de nouveau adressé au grand-père... ». Comme je n’ai pas eu le plaisir de lire ce premier opus, je me suis réfugié dans les vers, tout de légèreté, de ce second recueil où j’ai trouvé : la douceur des sons, des mots, des sentiments, du rythme qui emmène le lecteur sur les traces du grand-père disparu, la tendresse du petit-fils pour son aïeul, la nostalgie du temps passé avec lui, la tristesse de l’avoir perdu et l’attente toujours présente, l’attente dans le passé de le retrouver et l’attente, peut-être, aussi aujourd’hui d’un impossible retour.
En picorant dans les vers d’Olivier, j’ai essayé de retrouver ce grand-père craint et adulé.
« ... / A huit ans j’ai su que j’avais peur de lui, de son mal être. / Chaque verre l’arrachait au même noyau de silence / ... »
Ce grand-père tendre et aimant qui n’avait qu’un défaut : une inclinaison pour l’alcool
« Tout l’alcool dilué / le changeait / ne changeait rien. / ... »
« ... / Ce que nous attendions, elle et moi / n’était pas que l’alcool lui passe, ... »
Ce grand-père disparu dont il ne reste que le souvenir, la tendresse, des images, des bribes de vie, des objets posés là, des odeurs.
« ... / une attente, la vague odeur de médicaments / enfant, au milieu de regards dilués. / Lui n’est plus là, ne vient pas. / ... »
« ... / Souvent tu me tiens dans tes bras, / je ne pèse pas lourd de vie. »
Et il reste aussi, et surtout, les poèmes écrits dans sa jeunesse à lui, ses mots, son regard sur le monde qu’il habitait.
« Il me reste tes poèmes, / le pincement des lettres, les contours flous du temps. / J’ai traversé l’âge que tu avais / quand tu écrivais les premières fois. / ... »
« ... / Je ne sais plus / depuis ta mort le nombre d’années / ... »
C’est comme un vide qui bée depuis que le grand-père est parti avec ses excès, ses vers, sa tendresse peut-être un peu rude, un monde qui se réduit autour des mots récurrents dans les poèmes de l’auteur : présence, absence, silence, attente, vent, temps qui passe ... tout ce qui construit un monde qui n’est plus mais qui vit toujours dans sa mémoire. « A présent ce qui dure / nous sépare. / ... ». Et des images bien ancrées dans ses souvenirs. « Il restait seul à la table / le poing contre la joue. / L’attente, ... », des images chargées des odeurs de la vieillesse : « Dans la pièce, l’air, l’odeur / font une peau aux souvenirs. / ... ».
C’est un portrait d’une rare finesse, plein de tendresse et de sensibilité, qu’Olivier dresse de son grand-père avec lequel il semble, par-dessus les ans, partagé un amour et une passion pour la poésie, et peut-être, qu’à la fin des temps ils pourront joindre leurs mots en un même poème...
« Nous n’avons plus l’un et l’autre / qu’à attendre sans nous voir/ que le silence qui couvre tout / sorte de nos bouches / ... ».
Peut-être que « L’écart qui existe entre durer et tenir » n’est que cet espace de temps qui sépare les deux poètes qui se sont déjà réunis par les sentiments et les émotions que leurs mots transportent. Olivier a su à merveille alléger ses vers, les réduire à de simples traces d’émotion, de sensibilité, d’amour filial, tout en les laissant lourds des sentiment qu’il adresse à l’ancêtre adulé. Des poèmes qu’on a envie de relire juste après avoir refermé le recueil, tant ils sont beaux ! 
© Denis Billamboz in http://mesimpressionsdelecture.unblog.fr/2020/12/15/lecart- qui-existe-olivier-vossot/ 

Note de lecture avant 2021

L'écart qui existe. Olivier Vossot. Illustration de couverture Pascaline Boura. Préface Albane Gellé. Les Carnets du Dessert de Lune, collection Pleine Lune. ISBN : 9782390550020. 90 pages.14,00 € 


Albane Gellé, rappelle dans sa jolie préface que « Ce deuxième livre prolonge le premier, il est de nouveau adressé au grand-père... ». Comme je n’ai pas eu le plaisir de lire ce premier opus, je me suis réfugié dans les vers, tout de légèreté, de ce second recueil où j’ai trouvé : la douceur des sons, des mots, des sentiments, du rythme qui emmène le lecteur sur les traces du grand-père disparu, la tendresse du petit-fils pour son aïeul, la nostalgie du temps passé avec lui, la tristesse de l’avoir perdu et l’attente toujours présente, l’attente dans le passé de le retrouver et l’attente, peut-être, aussi aujourd’hui d’un impossible retour.
En picorant dans les vers d’Olivier, j’ai essayé de retrouver ce grand-père craint et adulé.
« ... / A huit ans j’ai su que j’avais peur de lui, de son mal être. / Chaque verre l’arrachait au même noyau de silence / ... »
Ce grand-père tendre et aimant qui n’avait qu’un défaut : une inclinaison pour l’alcool
« Tout l’alcool dilué / le changeait / ne changeait rien. / ... »
« ... / Ce que nous attendions, elle et moi / n’était pas que l’alcool lui passe, ... »
Ce grand-père disparu dont il ne reste que le souvenir, la tendresse, des images, des bribes de vie, des objets posés là, des odeurs.
« ... / une attente, la vague odeur de médicaments / enfant, au milieu de regards dilués. / Lui n’est plus là, ne vient pas. / ... »
« ... / Souvent tu me tiens dans tes bras, / je ne pèse pas lourd de vie. »
Et il reste aussi, et surtout, les poèmes écrits dans sa jeunesse à lui, ses mots, son regard sur le monde qu’il habitait.
« Il me reste tes poèmes, / le pincement des lettres, les contours flous du temps. / J’ai traversé l’âge que tu avais / quand tu écrivais les premières fois. / ... »
« ... / Je ne sais plus / depuis ta mort le nombre d’années / ... »
C’est comme un vide qui bée depuis que le grand-père est parti avec ses excès, ses vers, sa tendresse peut-être un peu rude, un monde qui se réduit autour des mots récurrents dans les poèmes de l’auteur : présence, absence, silence, attente, vent, temps qui passe ... tout ce qui construit un monde qui n’est plus mais qui vit toujours dans sa mémoire. « A présent ce qui dure / nous sépare. / ... ». Et des images bien ancrées dans ses souvenirs. « Il restait seul à la table / le poing contre la joue. / L’attente, ... », des images chargées des odeurs de la vieillesse : « Dans la pièce, l’air, l’odeur / font une peau aux souvenirs. / ... ».
C’est un portrait d’une rare finesse, plein de tendresse et de sensibilité, qu’Olivier dresse de son grand-père avec lequel il semble, par-dessus les ans, partagé un amour et une passion pour la poésie, et peut-être, qu’à la fin des temps ils pourront joindre leurs mots en un même poème...
« Nous n’avons plus l’un et l’autre / qu’à attendre sans nous voir/ que le silence qui couvre tout / sorte de nos bouches / ... ».
Peut-être que « L’écart qui existe entre durer et tenir » n’est que cet espace de temps qui sépare les deux poètes qui se sont déjà réunis par les sentiments et les émotions que leurs mots transportent. Olivier a su à merveille alléger ses vers, les réduire à de simples traces d’émotion, de sensibilité, d’amour filial, tout en les laissant lourds des sentiment qu’il adresse à l’ancêtre adulé. Des poèmes qu’on a envie de relire juste après avoir refermé le recueil, tant ils sont beaux ! 
© Denis Billamboz in http://mesimpressionsdelecture.unblog.fr/2020/12/15/lecart- qui-existe-olivier-vossot/ 

jeudi, 10 décembre 2020

L'écart qui existe. Note de lecture

Si vous souhaitez lire une nouvelle note de lecture à propos du recueil L'écart qui existe d'Oliver Vossot, je vous invite à vous rendre sur le site des éditions à cette adresse.

https://www.dessertdelune.be/agrave-la-lune/une-nouvelle-note-de-lecture-pour-lecart-qui-existe

Bonne visite.

Jean-Louis.

vendredi, 04 décembre 2020

3 notes de lecture + une pour les 3 dernières nouveautés

Trois notes de lecture + une pour les 3 derniers titres en 2020 des Carnets du Dessert de Lune. Titres que vous pouvez acquérir sur le site des éditions en surfant sur NOUVEAUTES ou bien en les réservant chez votre libraire.

* Celle-ci est pour : "Ça, qui me poursuit". Sylvie Durbec. Couverture François Ridard. Préface Cécile Guivarch. Pour le psychanalyste, le « ça » est l’inconscient, le refoulé. Pour le linguiste, c’est ce qui n’a pas de mots pour le dire : « ça va ? ». En combinant les deux, ce recueil s’ouvre sur l’innommable, l’inconcevable, à commencer bien sûr, par la mort, celle de l’oiseau dont « on ne sait pas » le nom, du grand-père dont on ne comprend pas les derniers mots écrits. L’auteure constate : « parfois je peux inventer / tout un monde / parfois je ne peux pas / pas même / un / tout petit » Et pourtant, « ça » me poursuit. C’est. Alors ? Alors commence l’aventure, l’épreuve, du poète : dire coûte que coûte. Par le seul pouvoir des mots, susciter la mer « qui n’existe pas » dans une bassine en plastique. Par le pouvoir d’un mot, « donc », envisager, regarder en face la mère et ses fils devenus assassins, « ça » qui est issu de moi. Et l’exemple choisi, ce fils au nom de Djokhar qu’on entend joker, comme la carte, vaut pour tous les fils, et pour toutes les mères. « On reste sans voix ». La phrase crachote comme une vieille bagnole qui refuse de démarrer, des points intempestifs en soulignent l’échec. Des fils, il y en a des milliers aussi au fond de l’océan et leurs mères sont « sans nom à murmurer, sans corps à bercer ». Et quand un mot apparaît, « riblon », il paraît inutile, déchet de fer : « Que peut faire la poésie avec ça ? » On ne choisit pas son monde, ses mots, il faut faire avec, avec la polysémie de la « grève », les glissements l’épaule / les pôles, ou ce « patrimoine » qui devient « patrimoelle » et s’apercevoir que tout fait sens, que la poésie est peut-être justement dans le non-sens de la vie, dans ce qui ne peut se dire, qui devient formule mathématique, preuve par neuf (toujours le « donc » initial). Le salut viendra peut-être d’ailleurs, des mots d’ailleurs, anglais, portugais par lesquels « la chaise cassée / donne la légèreté qui manquait / à la femme qui écrit ». Par le détour de l’autre « ça qui sauvage devant […] tout ça loin puis proche à nous toucher » peut peut-être s’apprivoiser, être ingéré, et même si la poésie « souvent se tait quand tous crient », si les filles sont « désarçonnées », il se peut aussi, tout à la fin du livre, que la barrière (de la langue ?) sourie à l’enfant car « ça, qui nous poursuit nous tient encore en vie ». Il n’est d’autre choix que d’écrire le monde.  © Alain Kewes (Décharge 188)

* Celle-ci est pour : "ultima prova d'orchestra". Michaël Glück. Couverture de Pascaline Boura. "Ce poète à l'humour rosse et noir écrit en temps de « pandémie » des textes qui tiennent de la pensée profonde, de l'aphorisme ciselé, de la notice de dictionnaire, du rappel historique, entre ferveur musicale, désir lexicologique et humeur sautillante.

Lisons :

Je connais les paroles mais j'ai oublié la musique.

Trop de glissandi dans la musique russe ! Il y a tant de skis.

La joueuse de castagnettes n'aime pas la crème de marrons.

Oui, la musique entraîne nombre de propositions qui tranchent, sèment sur la page des rencontres insolites comme si le dictionnaire avait commencé à s'effriter et à mêler ses pages. En deux ou phrases ou vers, le poète s'interroge, s'étonne, croise, définit, appose, oppose, décline ses ferveurs, ses doutes : Quand le chef lève la baguette, il faut ranger ton casse-croûte. « Jusqu'au dernier soupir pointé », Gluck aura servi la musique et autant la poésie loufoque, harmonique et déréglée que lève la créativité inassouvie." © Philippe Leuckx

* Celle-ci est pour :  "L'écart qui existe". Olivier Vossot. Couverture Pascaline Boura. Préface Albane Gellé. Un livre de deuil, remarquablement écrit. D'une densité admirable dans l'expression du chagrin éprouvé par le poète pour le proche disparu, regretté. Dans une langue sobre qui confère au texte son émotion vraie, le poète consigne passé et présent, présence de l'être cher, des lieux de vie, les silences, les moments forts. De belles images composent l'hommage intime :

En moi le noyau pleure patiemment

Le mur tout près s'imprégnait de soir,

de reflets crus.

La solitude qu'il a bue est la mienne,

C'était un autre silence,

un autre temps, l'écart qui existe entre durer et tenir.

Ce poète de quarante ans, dont c'est le deuxième livre, réussit à égrener en textes fins, économes, tout le travail de deuil qu'il lui a fallu. Rien de gratuit, ici. Pas un mot de trop. Pas un vers de trop. La langue assigne à l'émotion juste sa juste place Oui, « on ne peut que se souvenir » ; il ne reste que cela, et quand la mémoire prend ces allures de « tombeau » magistral, on se dit que la littérature fait son office.

Dans la pièce, l'air, l'odeur

font une peau aux souvenirs. Ce poète hypersensible et doué ira loin. © Philippe Leuckx

* Celle-ci est pour : "ultima prova d'orchestra". Michaël Glück. Couverture de Pascaline Boura. Avec ce troisième opus, l’auteur semble avoir bouclé son opéra. Rien que des réflexions sur la musique essentiellement classique mais pas que. On y trouve de très bons jeux de mots sur un sujet peu évident. Ceux et celles qui ne jurent que par le rapipop et la K-pop n’y comprendront pas grand-chose mais comme ils ne lisent pas… © Eric Dejaeger 

 

samedi, 28 novembre 2020

Le dernier livre

Ce dernier livre, qui n'était pas prévu au programme éditorial de 2020, est une belle aventure éditoriale. Cesser ainsi, quoi de plus réconfortant pour un éditeur.

Quand l'auteur reçoit son livre et qu'il t'écrit être ému par ton travail d'éditeur, tu ne peux que l'être toi aussi.

avis de parution. L'écart qui existe .pdf

 

mardi, 24 novembre 2020

La dernière nouveauté de 2020 aux Dessert de Lune

Elle vient de paraître la toute dernière publication des Editions Les Carnets du Dessert de Lune.
L'écart qui existe. Olivier Vossot
Illustration de couverture. Pascaline Boura.
Préface. Albane Gellé.
Elle sera disponible dans quelques jours en librairies, le temps qu'elle contourne les zones de confinement.
Mais vous pouvez déjà passer commande sur le site des éditions et la recevoir avant la St-Nicolas dans votre boite aux lettres en vous rendant à cette adresse: https://www.dessertdelune.be/.../L%27%C3%A9cart_qui...
ou bien celle-ci:
 
Ce sera donc le dernier titre édité par mes soins. Ne passez pas à côté, si vous le pouvez dans cette période bien peu agréable.
 
Si vous désirez lire quelques extraits, téléchargez les pages ICI 
 
Amicalement à toutes et tous
 
Jean-Louis
 
L'écart qui existe 300 copie.jpeg

dimanche, 22 novembre 2020

Note de lecture pour "ultima prova d'orchestra"

Sous le clavier de Denis Billamboz, cette note de lecture à propos de "ultima prova d'orchestra" dernier volet du triptyque de Michaël Glück pour les aphorismes et Pascaline Boura pour l'illustration des couvertures,

http://mesimpressionsdelecture.unblog.fr/2020/11/16/ultim...

Si vous ne connaissez pas et que vous souhaitez acquérir ce triptyque et en savoir un peu plus sur l'auteur et l'illustratrice, c'est là :

https://www.dessertdelune.be/michaeumll-gluumlck.html

ou là :

https://www.dessertdelune.be/pascaline-boura.html

ultima prova d'orchestra.jpgnuova prova d'orchestra.jpg

 

Prova d'orchestra.JPG

mardi, 17 novembre 2020

Ce seront mes deux dernières publications avant de passer la main

Il fallait bien qu'elle cesse ici un jour, mais qu'elle continue en 2021 sous d'autres cieux cette "aventure d'une utopie, cette utopie d'une aventure éditoriale" commencée en 1995 avec la publication de "Carnet d'un cinéphile assis sur l'horizon" d'Antonello Palumbo.

25 ans plus tard quoi de plus naturel que d'y accueillir un nouvel auteur rencontré en février lors du marché de la Poésie jeunesse de Tinqueux grâce à Albane Gellé

Aujourd'hui je vous propose de découvrir son second recueil "L'écart qui existe". L'artiste Pascaline Boura en a illustré la couverture d'une de ses créations. Albane Gellé en a écrit la préface.

Ce titre qui paraîtra dans quelques jours dans la collection Pleine Lune sera accompagné du 50e et ultime titre de la collection Dessert, concocté par le fidèle Pascal Blondiau.  "Le sonneur de Policka".  Il vous sera offert à l'achat de "L'écart qui existe".

Avant parution, ils peuvent être consultés sur le site des éditions et précommandés. Nouveautés "L'écart qui existe" pourra être acquis en librairie à partir du 23 novembre.

Vous avez, d'une façon ou d'une autre, soutenu les éditions toutes ces années et ce soutien fut le seul qui permit années après années de partager avec vous mes choix d'éditeur. Il me plairait que cette fois-ci encore ce choix se partage et que vous fassiez honneur à ces toutes dernières publications.

En 2021, j'espère que vous serez encore attentifs aux prochaines parutions des Dessert de Lune que vous proposera la maison de la poésie de Normandie.

Très cordialement à toutes et tous.

Jean-Louis Massot

Editeur 1995-2020

mercredi, 11 novembre 2020

"Ça, qui me poursuit". Note de lecture

Bonjour,
 
Ça, qui me poursuit.jpg1er article de presse pour le recueil "Ça, qui me poursuit".
 
Livre disponible sur la boutique du site des éditions Les Carnets du Dessert de Lune Ça, qui me poursuit et/ou en librairies.
Soyons curieux.
Bonne journée.
J-L

mardi, 03 novembre 2020

Vers Valparaiso, note de lecture

C'est sur le blog de Terre à Ciel.

Bonne lecture.

 

Vers Valparaiso, de Perrine Le Querrec, Les Carnets du Dessert de Lune, 102 p., 16 €, 2020

Si c’était à refaire je renaîtrais carte postale d’un val paradisiaque entre mer et monts, me frotterais d’une anaphore frontale à l’amer de ces monts, d’un aval où l’âme erre je créerais mon amont. Je renaîtrais volontiers Perrine Le Querrec dont le « monde grouille de pluriels abandonnés ». Il est quelque part entre mer et montagne un pur mon mien, comme on est deux parfois où l’on tue toi & moi, un son sienne terre, terre, dit Colomb.

Valparaiso est à portée de langue ce vallon édénique en bord de père & mère qu’Agnès Rouzier nomme le nul part et Jarry la Pologne. Comme il y eut une Critique de la raison pure, ici en ses avatars selon l’influx prose ou vers est le poème de la pure écriture, l’intime soi vécu comme un concentré excentré d’exotisme heureux. Il n’est pas La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres, cette Brise marine amarrée prise pour bateau ivre, plutôt une invitation au voyage, explosante fixe, celui de l’écriture seule dévalant des pentes linguales : « La balle qui dévale vers la mer. La pluie qui rigole dans ton dédale » – rigoler pas une licence poétique pour qui lit sens, celui de l’âme arche.

« Elle travaille sur plusieurs pages à la fois / Elle atteint le sommet du bonheur. // Tous les jours à ma table avec les larmes aux yeux. » Nuits d’insomnie à écrire « les narines pleines d’urine » ; « le souffle contenu puis répandu » : à mots positionnés large, une générosité gonflant la phrase comme une voile.

Des « humeur[s] » qui nous sont familières : « On ne vous dérange pas si on s‘assied auprès de vous ? […] / totalement vous me dérangez jusqu’aux entrailles vous vos voix vos commentaires bruits m’empêchent vous m’empêchez de respirer de penser d’écrire. »

L’exclusivité scripturale laisse jour toutefois à quelques images, photographies ou montages démontages photographiques, questions insolubles abruptes résolues d’à pic, métaphores resserrant encore la métaphore : celle de couverture répondant au poème en quatrième (« Tes secousses les engloutissements les effondrements » d’un éden aux vagues stylisées) ; un œil perçant sa fenêtre dans un rectangle noir, en fond de l’œil une grande maison bascule comme un regard ; une colonne ligneuse de cônes épointés tête-bêche se découpant en premier plan d’une haute roche comme on plante une aiguille.

« Courbée sous mes ratages / Dans le vide, laisser croître le beau / Dans le beau, laisser croître le vide »

Je reviens à cette quatrième de couverture déployant, convulsant tout le livre, et dont le poème s’élève comme son moment cardinal, son final en boucle : l’épistrophe anaphore « sinueuse et secrète », tenace comme un Je vous salue Marie d’athée, du « on dit » ou « on murmure » initial jusqu’au « porter ton nom » martelée comme une prière ou un Christ. Happé d’entrée par sa musique, j’en extrais encore « On dit que tes flancs à découvert montrent la pauvreté comme la beauté je voudrais porter ton nom », hommage à une baudelairienne mendiante rousse.

Retourné dans l’ouvrage, se frotter à ses butées de « matière noire ». S’ouvrir à « l’éclosion des roses noires l’érosion des roches noires l’évasion des cloches noires ». Retrouver dans « Des gestes mis en boucle dans des mots mis en boucle dans ma bouche mise en bouche » d’œnologue du verbe le martèlement de paronomases en trépidation de Ghérasim Luca. Qu’un seul vers, « La nuit tombe par les trous de tes yeux », aussi bref que bulle ou rescrit, balaye le branlebas d’ismes des « philosophes ». De sommations en défis une poésie de cartels ronge son armure en sabbat singulier.

Rarement en poésie contemporaine l’invention formelle n’émane autant sans détours à mille tours d’une blessure ouverte. Investie surinvestie la langue, de ses pics et crevasses déchargé le lest sur le ballast. En quelques dimensions inconnues à nos sens l’insomnie appelant une syntaxe du rêve.

Poésie du vécu, lequel piaffe derrière les mots, voire devant – introspectif aussi.

À bras, à branle-bas le corps.

La poésie dans son cornet (où le corps naît, ou né se meurt, revit) qui les secoue plutôt que d’uniment narrer la vie – inscrit dévoie sur le roman un avantage majeur : ses dés pipés, de grand hasard peuvent au matin clairet tirer une quinte flush.

© Christophe Stolowicki in Terre à ciel, novembre 2020

samedi, 24 octobre 2020

Ils-Elles devaient y être en dédicace

Bonjour,
 
Ils (elles) auraient dû être physiquement au Marché de la poésie ce samedi 24 octobre pour vous y dédicacer leur dernier livre.
à 14h00 Sylvie Durbec pour "Ça, qui me poursuit"
à 15h00 Jean Marc Flahaut pour "Bad Writer"
à 16h00 Perrine Le Querrec pour "Vers Valparaiso"
à 17h00 Michaël Glück et Pascaline Boura pour "ultima prova d'orchestra"
Toute la journée, Saïd Mohamed pour "Et toutes ces mouettes qu'ont-elles à rire"
mais la (le?) Covid en a décidé autrement.
Alors pourquoi pas - si vous aviez eu l'intention de les rencontrer sous les marronniers de la place St-Sulpice - venir au marché de la poésie virtuel des Carnets du Dessert de Lune y découvrir ou redécouvrir leurs livres et, même sans dédicace, repartir avec dans votre panier.
Virtuellement c'est ouvert et la boutique en ligne aussi.
 
 
Et si cette visite virtuelle n'est pas dans vos projets de balade, vous pourrez aller trouver ou demander ces livres en librairie. Les Dessert de Lune s'y trouvent parfois dans les rayons.
Belles rencontres à vous.
 
Jean-Louis Massot
Ça, qui me poursuit.jpg
Bad Writer.jpg
Vers Valparaiso.jpg
9782390550013.jpg Et toutes ces mouettes.jpg

jeudi, 22 octobre 2020

De la prose aux Carnets du Dessert de Lune

Bonjour,

Au marché de la poésie virtuel des Carnets du Dessert de Lune qui s'ouvre peu avant l'apéro, (vous connaissez maintenant l'adresse de ce marché), il n'y a pas que des poètes. On peut aussi y trouver, y rencontrer - virtuellement s'entend - des prosateurs et pas des moindres.

En ce jeudi 22 octobre, sous la grisaille, je vous propose de découvrir les deux recueils d'un des maîtres du genre : Jean-Claude Martin qui a publié dans la collection Sur La Lune "Carnet de têtes d'épingles" en 2002, réédité en 2011 et plus récemment "Vi(e)s patinées" en 2019. Tous deux illustrés par Claudine Goux et préfacé par Jean-Pierre Georges pour l'un et Hervé Bougel pour l'autre.

https://www.dessertdelune.be/jean-claude-martin.html

Acquérez-les tous les deux ou séparément, si vous en possédez déjà un. (Vous pourrez offrir l'autre.)

Cette offre n'est pas virtuelle mais elle est valable jusqu'au 31 octobre 2020.

Pour ce faire il vous suffira d'utiliser le code promo MOINS3 pour l'un et l'autre au moment de finaliser votre commande et ainsi profiter de 3 ou de 6 € de réduction.

A vos souris et bonne visite.

Carnet de têtes d'épingles.jpgVies patinées.jpg

lundi, 12 octobre 2020

Marché de la poésie virtuel du Dessert de Lune

Les livres que nous allons vous proposer auraient dû être exposés du 21 au 25 octobre sur le stand des Carnets du Dessert de Lune. Nous nous serions limités à cette liste (les tables n'étant pas extensibles à l'infini), mais pour ce marché virtuel, il vous est bien sûr loisible de faire preuve de curiosité ...voire de laisser votre souris partir à la découverte, à l'instinct vers d'autres titres.

Le ou les livres commandés vous seront envoyés par la poste franco de port.

Si vous êtes membres des Ami-e-s du Dessert de Lune, n'oubliez pas d'utiliser votre code promo afin de profiter de 20% de remise.

Maintenant c'est à vous et c'est là :

Marché de la poésie virtuel du Dessert de Lune

Bonne visite et n'hésitez pas à partager, la distanciation sociale n'étant pas de mise virtuellement. 

vendredi, 02 octobre 2020

Georges Rubel expose et marché de la poésie de St-Sulpice

Journées de l'Estampe (1).jpgGeorges Rubel expose les 5 et 6 octobre, place St-Sulpice à Paris dans le cadre de La Journée de l'estampe contemporaine 2020 et ce de 11h à 22h00. Entrée libre.
Pour rappel Georges Rubel a illustré "Chroniques des faits" de Pierre Autin-Grenier :
et la couverture de la réédition des "Radis Bleus" de Pierre Autin-Grenier.
 
Livres que vous pouvez commander sur le site ou en librairie et que vous pourrez acquérir au prochain marché de la Poésie, sur la même Place St-Sulpice du 21 au 25 octobre sur le stand des éditions Les Carnets du Dessert de Lune, si le Covid ne vient pas jouer les trouble-fêtes.
 
Vous y trouverez sur ce stand une quarantaine de titres et notamment les parutions d'octobre 2019 et celles de 2020 dont les nouveautés d'octobre et de février.
Sans doute y croiserez-vous Pascaline Boura, Sylvie Durbec, Marie Evkine, Jean-Marc Flahaut, François Garnier, Michaël Glück,  Perrine Le Querrec, Jean-Claude Martin, François Ridard, Georges Rubel et bien sûr Saïd Mohamed qui sera à la manoeuvre et représentera les éditions.